RÉVOLUTION SOCIALE
CITOYENS
Parler et surtout agir dans le sens de la révolution est le devoir de tout citoyen. Notre voix, notre plume, notre \ie même sont à la République ; c'est pour Ja servir par tous les moyens en notre pouvoir que nous ouvrons le Club de la Révolution ; tout est peuple en France ; tout doit s'y faire par le peuple et pour le peuple.
Nous prenons pour base de nos principes la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen; noire devise est celle de la République : Liberté, Éïauté, Fraternité.
Hommes de bonne volonté et de cœur, francs républicains , venez réunir vos efforts aux nôtres pour le triomplie de la sainKi cause de la République! Travailleurs de l'intelligence, et vous, travailleurs de l'industrie agricole et manufacturière, venez nous prêter le concours de vos idées généreuses et de votre bon sens qui est la voix de Dieu. Communiquons les inspirations de notre patriotisme, et travaillons à faire passer dans les lois nouvelles le mouvement régénérateur qui doit les animer.
Lorsque la France est heureusement sortie de la corruption du gouvernement que nous venons de renverser, nous ne souffrirons jamais qu'un alliage monarchique, quel qu'il soit, se mêle à l'or pur de la République.
Citoyens, soyez convaincus intimement et pour toujours, que par notre grande Révolution, et par nos lumières , nous sommes placés à la tète de la civilisation du monde, et que l'honneur nous fait un devoir de garder à jamais le poste glorieux que nous occupons, aujourd'hui, notre vraie gloire, la gloire utile aux peuples, est dans notre dévouement sans bornes à la liberté et à l'humanité.
COMITÉ ÉLECTORAL
Nous avons formé un Comité électoral qui est chargé de correspondre à Paris et dans les déparlements , avec les Clubs et Comités électoraux professant les principes démocratiques, et qui veulent la régénération sociale.
Les citoyens qui voudraient adhérer à nos principes et faire partie du Club pourront se faire inscrire place de la Bourse, 12, où le Club est établi provisoirement.
Les membres du bureau.
FioT, ancien député, président; GÉROME, ancien notaire, vice-président ; Mallen , ancien notaire, vice-président ; Scipion Dumoulin-D'Invillb, secrétaire ; Eugène FioT, secrétaire ; Janne-Lafosse , bibliothécaire.
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DU
Département de la Manche.
CITOYENS
Accepteriez-vous, m'a-t-on dit, le mandat du Peuple? Sans hésiter, j'ai répondu : Oui. Selon moi, tout patriote doit vouloir servir le Peuple.
On me demande aujourd'hui une profession de foi. Je ne les aime point. Ce qu'un jour entend sortir de la bouche d'un homme, le lendemain peut lui donner un autre sens. Ce qu'on trace sur le papier un jour, le jour suivant peu l'effacer.
Les actes seids doivent être une profession de foi. Un Républicain ne doit pas en présenter d'autre.
Le passé du Républicain doit être son seul gage pour l'avenir.
Voici mon passé :
11 est simple et droit comme le chemin de l'homme du peuple qui ne connaît ni intrigue, ni ambition, ni sentiers détournés; j -. Soldat à 20 ans, le sac au dos je servais le patrie;
f^Sous-officier à Cherbourg, je fus Républicain. Comme tel, on me menaça des bataillons de discipline d'Afrique. On me fit ojDter entre l'abandon de mes principes, suivi d'un prompt avancement, ou une punition sévère. On sait quel
fut mon choix. Je quittai l'armée qu'un roi perfide voulait transformer en maclu'ne, mais où toutes les nobles consciences déjà commençaient à se révolter ;
.Fe fus rédacteur au Journal de Cherbourg, Le bonheur du peuple, le bonheui de Jous était mon but.
Puis, rédacteur à la Réforme, ce journal qui osait, il y a deux ans déjà, en réponse aux Débals, s'écrier fièrement : Oui, nous sommes ta jeune République !
Pans ces jleux journaux, toujours soldat, soldat de l'intelligence au service du droit, je contribuai pourmon humble part au renversement de la monarchie, à rétablissement de la véritable Souveraineté du Peuple;
Le H^ et le 24 février, garde national et Républicain, je fondis des balles, je sonnai le tocsin contre la royauté, j'élevai des barricades avec mes frères, et je me battis encore on soldat;
Depuis, Sous-Comniissaire du Gouvernement, vous m'avez encore reconnu soldat de la République, à mes actes. Par eux, vous avez vu clair au fond de mon âme que je ne crains pas du reste d'étaler par les mots suivants, qui sont des mots principes :
Ri:ruBLiQLE, faisceau de tous les citoyens, force nationale, lien d'unité, impli-
ffiiant la solidarité de tous les ititérêts, expression légale de la Souveraineté du Peuple ;
Liberté, Egalité, Fraternité, comme devise et source de la nouvelle Gonslitu lion;
Ordre dans la Liberté;
Famille, élément de la société ;
Propriété, base de la société;
Agriculture, mère nourricière de la France;
Organisation du travail, établie en code par le concours de tous, maîtres et ouvriers ;
Diminution des impôts qui pèsent sur le peuple;
Conscience politique, impénétrable;
Liberté, égalité dCs cultes;
Education gratuite des enfants dû peuple, et ennôblls^etticnt du caractère de leurs instituteurs;
Election des fonctionnaires publics; ils doivent 'être les serviteurs et tlon pas les maîtres du Peuple ;
Paix avec les Peuples.
Mes actes et mes principes, les voilà.
Jugez-les.
Et si vous me croyez Républicain, nommez-moi.
VIVE LA RÉPUBLIQUE
AvAisiT fcomme Après f
Henkt AUGU.
Soii^-Commissaife du Gouvernement, à Cherboï&g.
Cherboug. typ. de Beâufort et Lecauf.
Quelques jours encore et nous Serons arrivés a cette époque où nous devons nommer des représentants à rAsscmblée nationale.
Nous devons tous, riches, cultivateurs, chefs-ouvriers, ouvriers, nous réunir dans cette fameuse journée du 9 avril poUr faire sortir de l'urne des citoyens qui puissent défendre nos intérêts et qui soient habitués au travail et libres de toute influence de famille.
Citoyens, il ne suffit pas que cplui que vous honorerez de tos suffrages soit fortuné, il faut encore qu'il soit accoutumé aux affaires. Le travail doit être la passion dominante de celui que vous devez choisir. Nul de vous n'ignore quelles lourdes charges aura à supporter cehii qui se dévouera aux intérêts de la république et de quelles riohibrcùses questions difTîciies il aura à s'occuper s'il veut
approuver ou rejeter avec conscience toutes les lois qui lui seront soumises. Après l'amour du travail le citoyen sur lequel se portera vos suffrages, doit avoir un es prit ferme, un esprit d'ordre sans lequel il n'y a point de liberté possible. Un tel caractère citoyens, croyez-le bien, n'étouffe point les idées de progrès qui circulent autour de lui, au contraire plus il sera pénétré des devoirs que lui imposera son mandat, plus vous le verrez énergique dans les moments critiques. Citoyens, je m'offre à vous pour solliciter vos suffrages, je me présente dépouillé de ma position sociale. Je suis ingénieur des ponts-et-chaussées de la République, position que je dois uniquement à mon travail et à mon esprit d'ordre. Nouvellement poussé par ces grandes circonstances sur l'horizon politique, j'y apparais pour vous avec ce seul titre, dans le but de vous offrir mon travail et mes veilles.
Je suis républicain, je l'ai toujours été, depuis longtemps je gémissais en silence de l'affreuse position où nous avait placés la dynastie déchue dont je respecte la grande infortune, maintenant que mes idées ont triomphé, je me présente pour les soutenir et les faire fructifier sur le sol de notre chère patrie.
Beaucoup de citoyens refuseront de m'honorer de leurs suffrages parce que je suis fonctionnaire de la République; citoyens, que cette position ne vous alarm-» point, je ne suis point un intrigant, je me présente à vous pour me dévouer corps et âme à la République. 11 est du devoir de tout bon citoyen et c'est un tribut qu'il doit à la patrie, de présenter au service du pays les lumières qu'il a puisées dans les brillantes écoles de la capitale, et pour lesquelles la République fait tant de sacrifices. Jamais si je suis honoré de vos suffrages vous ne me verrez m'étayer sur le titre de représentant du peuple pour avancer en grade ou arriver à des positions plus élevées. Je n'ai point une fortune considérable mais elle suffira toujours à mes besoins et à mon genre de vie, quel que soit l'avenir qui m'est réservé.
Citoyens, dans une position aussi difficile que celle où se trouve la République, je sens qu'il est indispensable que vous connaissiez parfaitement ma foi politique, en pareille circonstance vous ne sauriez trop être éclairés. Aussi je vous exposerai sans arrière-pensée et avec une ferme résolution de soutenir en toute circonstance ce à quoi je vais m'engager envers vous. L'une dos questions les plus importantes sur lesquelles aura à délibérer l'Assemblée nationale, c'est la liberté religieuse. Dans mes principes la Républiquedoit donner la liberté pour tous; aussi souliendrai-je dans mes écrits et par mes voles la liberté religieuse. La seconde question importante est la liberté d'enseignement. Cette libertéje la soutiendrai comme la première. La monarchie a disparu du sol français, tous les citoyensseront donc élevés quels qu'en soient les guides dans des idées républicaines, il y auraà suivre des routes didérentes pour arriver au bien-être de la société, ce seront ces routes qui feront 1 objet d'enseignements variés. LaRépubHque, règne de la liberté ne saurait les empêcher de se tracer sur le sol de la patrie. Citoyens, la tranquillité intérieure, le développement de l'industrie, de l'agriculture, nous défendent toute invasion à 1 étranger, point Je propagandes incendiaires, l'ère de la liberté viendra avec le temj)s aux i)eupl('s soumis au régime monarchique ou absolu ; je soutiendrai de toutes mes lorccs toute mesure qui nîontrera de la svmpathie à ces peuples généreux qui palpitent sous le despotisme et qui n'attendent plus que l'écorce monarcluque qui les comprime soit usée pour se déchirer et leur donner une libre
et sublime expansion. Point de guerre avec les peuples voisins, mais soyons en état de leur montrer que si la République est bienveillante à l'égard de leurs rois, elle saura maintenir les droits de se donner telle constitution qu'elle jugera convenable.
Ami de l'ordre et de la tranquillité dans mon pays, je voterai pour la répression immédiate des violences faites contre les personnes ou les propriétés. Je soutiendrai les projets de lois financières qui auront pour but de dégrever la classe ouvrière et d'établir des impôts sur les objets de luxe tels que, voitures, chevaux de luxe, livrées, etc. Je soutiendrai de tout mon pouvoir l'abolition de l'impôt du sel, persuadé que c'est le moyen le plus fécond d'améliorer la position du cultivateur. L'amélioration du sort des ouvriers, soit qu'ils se trouvent dans les manufactures ou disséminés dans les campagnes je l'étudierai avec un soin tout particulier toutes les fois que le gouvernement ou l'Assemblée nationale proposeront des projets de loi. Enfin, citoyens, l'agriculture dans tout le territoire de la République et principalement dans notre Rretagne a besoin d'encouragements, de réformes nombreuses dans ses procédés, elle a fait des progrès dans ces dernières années, mais elle est loin de produire tout ce qu'est en droit d'exiger un cultivateur éclairé. Nul doute que des projets de loi ne soient présentés à l'Assemblée nationale, déjà le gouvernement provisoire a demandé des renseignements dans les départements pour rendre à la culture ces vastes landes qui couvrent presqu'en majeure partie la Bretagne. Citoyens, si vous m'honorez de votre mandat j'étudierai avec la plus scrupuleuse attention toutes les questions qui seront présentées. Dans cette grave question qui nous intéresse tous à un si haut degré, je m'engage à vous faire connaître par des écrits publics mes idées et les propositions que je pourrai puiser près de vous et de nos praticiens les plus estimés les renseignements précis qui pourront m'éclairer. Je soutiendrai la prise en considération du projet de loi sur l'organisation du travail et je ferai tous mes efiorts pour que la loi qui pourra surgir de la discussion mette la classe ouvrière dans une position heureuse. Je me suis toujours dévoué au bien-être des ouvriers, aussi je serais heureux si je pouvais leur être utile en cette circonstance. Ouoique fonctionnaire public, vous me verrez toujours adopter des mesures, qui tout en garantissant la prompte expédition des affaires, la gestion parfaite des ressources de la patrie diminueront jees nombreux rouages dans l'administration qui imposent une si lourde charge aux contribuables. Je suis ennemi de toute aristocratie de place, je veux que quiconque s'occupe des affaires politiques de son pays soit rétribué, plus de place dont la gestion dépend du bon ou mauvais vouloir d'un citoyen. Je veux que les administrés sachent qu'ils ne sont pas à la merci, lorsqu'ils ont donné leur vote, des citoyens qui ont brigué l'honneur de veiller à leurs affaires soit pour la commune, pour l'arrondissement ou le département. Un mot sur les travaux publics. Dans ces dernières années quiconque désirerait le bien de son pays, voyait avec peine cette masse d'énormes travaux entrepris sur le sol de la France, sans ensemble, souvent même sans urgence et tout cela pour satisfaire telle ou telle localité, tel ou tel riche et puissant personnage. Certes les années passées ont beaucoup produit sur ce sujet, mais le résultat eût été tout autre si avec nos immenses ressources ces travaux eussent été entrepris dans des idées plus larges et plus en vue du bien pubUc. Je veux avant tout
rachèvément des travaux entrepris afin que le public puisse jouir du capital qu'il y a placé. Je veux l'achèvement de nos grands ports militaires, où d'immenses travaux sont commencés, et malheureusement la plupart dans des idées du présent sans tenir compte des nécessités qu'imposera l'avenir. C'est dans cet exposé bien sommaire il est vrai de mes idées, dans cette position indépendante de toute considération de famille, de position sociale, que j'ai l'honneur de solliciter vos suffrages. Je vous le répète, citoyens, je me dévoue entièremient aux iutérêls de mon pavs. Fier de vos suffrages, si je succombe dans la lutte vous me verrez toujours dévoué sincèrement aux institutions républicaines.
Recevez l'assurance de mon entier dévoûment à la République,
Isidore ANGERS de la Loriais, Membre du Comité républicain de Pontivy.