DU DÉPARTEMENT DE PUY-DE-DOME
Citoyens,
Le Comité électoral de Clermonta l'honneur de vous faire connaître le résultat des décisions prises par les délégués des cantons du département, réunis en assemblée générale, en l'Hôtcl-de-Ville. Vous voudrez bien, Citoyens, nous prêter tout votre concours, et appuyer les candidats dont les noms suivent :
ALTAROCHE, commissaire du département ;
ASTAÏX, négociant, et adjoint à ta Mairie de Clermont;
BRAVARD- VERRIÈRES, professeur à l'Ecole de droit à Paris;
BRAVARD (Toussaint), commissaire du Gouvernement au Puy;
CHARRAS, lieutenant-colonel ;
EYRAUD, géomètre;
GAZARD, ex-rédacteur en chef du Progressif;
GOUTAY, avocat;
JOUVET, avocat et maire à Clermont;
LASTEYRAS (Gervais), ex-pharmacien;
LAVIGNE. ex notaire;
MARADEIX, cultivateur, et maire de Benumont;
TACHET, ouvrier mécanicien, adjoint de Clermont;
TRELAT père, docteur en-médecine ;
VIMAL, membre de la Commission républicaine.
C'est un acte de patriotisme que nous réclamons devons, et notre appel, nous en sommes sûrs, sera entendu par vous tous.
Salut et Fraternilé,
Pour le Comilé électoral, les quatre délégués,
David, Labissière, Cabassus, Fontmarcel (Claude).
Cltroiont, imp . de Thibaud-Landriol frères.
CITOYENS
Je me présente à vous comme candidat au grade de capitaine-adjudant-major, à titre d'ancien militaire et dans l'espérance d'obtenir vos suffrages ; je vous exposerai donc les motifs qui me font ambitionner ce grade.
J ai , il y a quelques jours, soumis ma candidature au Club de la rue du Bac , mais n'ayant presque aucune connaissance dans ce quartier, je l'ai retirée peu après. ^
Ce n'est donc que par l'avis de plusieurs p ersonnes de la compagnie dont je fais partie, que je tente de vous instruire sur ma conduite passée et sur celle à yenir.
Engagé comme volontaire le 29 mars 1816, j'ai fait un congé dans le 9° régiment d'infanterie de ligne. Caporal en 1817, sergent en 1819 et instructeur dans chacun de ces deux grades, pendant six ans. Je passai dans le 5' régiment de la garde en 1823 ; j'y obtins bientôt le grade de caporal en qualité duquel je fis la campagne d'Espagne ; au retour, je fus nommé sergent, et je pris mon congé en 1829, ne pouvant supporter les exigences des chefs dévoués à une cause qui n'était pas la mienne.
Je nnî retirai à Orléans, où, en 1830, je fus instructeur de la garde nationale, qui ne tarda pas à se lasser de son nouveau gouvernement. De retour à Paris, ne pouvant , non plus que par le passé, me prêter au soutien d'un gouvernement oppressif, je refusai de me faire inscrire aux contrôles de la garde nationale parisienne , de laquelle je réclame aujourd'hui l'honneur des suffrages pour m'appeler à un grade dans lequel, je l'espère, par mes connaissances militaires, rendre les services que mon dévouement à la cause de la République réclame de mon patriotisme. Voilà, citoyens, pour ma vie politique et militaire.
Ma vie civile est peu à expliquer. Je me suis fait ouvrier en 1831, et je n'ai rien autre chose que mon travail pour mener la vie honorable que je me suis acquise jusqu'alors par ma bonne conduite.
Salut et Fraternité,
BORGET,
Cambreur, rue Dauphine, 44, 8« compagnie, 4" bataillon, 10° légion.
Lilh. (le Jules FromcQt, 12, rue des Fossés-St- Victor."
— «or — PROFESSION DE FOI
DU CITOYEN
BOISSIN-BOUYONNET
CITOYENS
Cédant aux sollicitations de mes frères travailleurs, je viens aujourd'hui me présenter à vous pour obtenir vos suffrages : — La classe laborieuse a besoin d'être représentée à l'Assemblée nationale.
C'est au nom des travailleurs, et pour prendre la défense de leurs droits, que j*ose me prononcer.
Issu du peuple , vivre et mourir pour lui, voilà ma devise.
Comme travailleur, je connais toutes les charges qui pèsent sur nous. Je voterai pour l'abolition des droits sur les boissons , de l'impôt sur le sel ; pour la diminution des hauts traitements, la réduction des patentes et de toutes les charges qui pèsent sur le prolétaire.
Je demanderai que l'instruction gratuite soit propagée et que ses bienfaits nous assurent le bien-être et l'avenir de nos enfants.
Comme Républicain, je veux une République grande et large, sage et glorieuse, qui nous assure la Liberté, l'Égalité, la Fraternité entre tous.
J'ai commencé mon éducation républicaine en 1832, à Paris; j'avais alori seize ans. En 1833, je faisais partie de la Société des Droits de l'homme. Les 13 et 14 avril 183/t, j'ai pris les armes contre le gouvernement despote. Le 28 juillet 1834, j'ai protesté contre les fortifications de Paris : j'étais à cette époque de la seetion Lamyette ; Raspail était chef de notre comité d'action. — Vihgt-sept de nos frères furent condamnés par l'ex-cour des Pairs.
J'ai fait partie des Sociétés secrètes , notamment de celle du Temple^ de celle des Amis dé l'honneur français, qui a été si cruellement persécutée sous le gouvernement déchu.
Je n'ai jamais abandonné mon poste, j'ai toujours été fidèle à mes devoirs : je jure de toujours l'être et de défendre avec dévouement nos droits si chèrement acquis.
Et je répéterai toujours avec force ; Issu du peuple, vivre et mourir pour lui , voilà ma devise.
Salut et Fraternité
BOISSIN-BOUYONNBT.
Eloî François DERMIGMY
Propriétaire, cuHivaleur à Grisolles, canton de Guescard (Oise) A SES CONCITOYENS.
La R(3publiqiie est proclamée comme devant être le gouvernement de la France, notre chère patrie. Cette ère nouvelle nous appelle à construire les bases de ce bel édifice avec des matériaux de première qualité. Que chacun de nous apporte une pierre de salut pour l'élévation de cet édifice, aOn de le rendre à toujours dural)le. Ces pierres de roche, nous les trouverons dans les cœurs honnêtes et purs de nos candidats; examinons leur jDassé, voyons si leurs antécédents sont honorables, généreux, progressifs: nommons-les partout où nous les trouverons, s'ils savent faire du bien aux travailleurs, s'ils ont toujours été, dans l'opinion publique, exempts de la critique qui dit souvent : C'est îin homme d'ar-
gentl Non, chers concitoyens, nommons de ces hommes à idées larges, qui
comprennent le bien du pays, qui savent ce qu'il y a à faire pour produire plus, et à meilleur marché; nommons des cultivateurs intelligents, qui développeront les moyens d'alimenter cette grande artère de l'humanité, l'agricullure! seule base pour donner la félicité à tous! — Nommons des industriels, des économistes, de bons comjDtables, un avocat sur dix, c'est bien assez, attendu que le nouveau système qui va s'organiser empêchera le journaliste de remplir les colonnes de son journal de leurs longs discours. Nous savons tous que quelques mots dits avec conviction, et qui portent bien, seront mieux compris. C'est ce qui fait dire ce mot vulgaire, passé à l'usage : Qu'il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron.
Nous disons : Prenons les hommes où nous les trouverons avec les qualités que nous avons signalées; mais, sans vouloir les exclure, nous devons pourtant nous prémunir contre les hommes qui ont pris l'engagement sacré de prier Dieu pour la France, et qui, aujourd'hui, se posent en défenseurs de nos libertés.