‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 65 sur 236 · GARDE NATIONALE DU CANTON DE MOISSELLES · texte numérisé non relu

GARDE NATIONALE DU CANTON DE MOISSELLES

Citoyens !

Le gouvernement qui avait renié son origine populaire vient d'être renversé par l'héroïjme du Peuple,

De toutes les formes de gouvernement, la R 'publique d'ailleurs, est celle qui se prête le mieux à toutes les réformes et à tous les besoins de la civilisation moderne et au gouvernement du peuple par le peuple ; c'est donc encore, à ce point de vue, le Gouvernement qui doit nous mettre le plus à l'abri des convulsions politiques.

Mais pour que le gouvernement républicain ^'éalise l'espqir que nous mettons en lui, il faut qu'il soit fort et respecté ; c'est à nous de le rendre puissant par notre adhésion , afin qu'il soit modéré; voilà pourquoi, sincèrement dévoué à la République.', je viens solliciter l'honneur de vous représenter à l'Assemblée nationale, afin d'y soutenir les droits sacrés qui sont la base essentielle de toute société , le respect de la propriété, l'amour de la famille , la dignité de l'homme et l'indépendance de la Patrie.

Déjà le Gouvernement a posé les principes de la conduite qu'il veut tenir; tout le monde , en France , a applaudi à l'abolition de la peine de mort en matière politique; il est animé du désir de donner du travail à tous ; il ne faut plus que le soi^tenir dans cette voie. Où siégeaient les privilégiés du Luxembourg , sont assis aujourd'hui les délégués des Ouvriers chargés de réglementer l'organisation du travail. Ce premier progrès nous en promet d'autres.

Les ouvriers des villes ne sont pas ceux qui souffrent le plus. N'est-il pas urgent d'améliorer le sort des travailleurs des campagnes ? Les hommes jeunes et vigoureux, ne trouvant pas une rémunération suffisante à cultiver la terre, vont dans les villes , où le bien-être est mieux assuré et le salaire plus élevé Le premier soin de l'Assemblée nationale devra donc être d'améliorer le sort des habitants des campagnes ; car c'est dans leur sein que résident la force et l'avenir de la France , et que se sont recrutées nos armées qui ont vaincu le monde. 11 faut, dans l'intérêt de l'ordre et de la liberté, erppêcher l'émigration des campagnes au profit des villes, rendre à l'agriculture les bras et l'intelligence qui lui manquent, et qui surabondent dans les villes.

11 faut se préparer pacifiquement à l'organisation sociale de toute la France, Les communes doivent être émancipées, et devenir un jour comme le foyer d'une grande famille , où chaque enfant devra trouver du travail et des secours

uni h. la Garde nationale de Taris ! La victoire n'a été souillée par aucune réaction contre les personnes ou les propriétés. Que tous les (Citoyens imitent ce noljle exemple ! Saluons tous avec enthousiasme l'ère républicaine qui luit sur la iMauce. Prêtons- lui notre concours moral, accueillons dans nos rangs tous 1«8 Citoyens qui veulent y entrer, mettons à la disposition de la libcité et de la sécurité publique toutes les forces dont nous disposons, et crions d'une voix unanime : VIVE LA REPUBLIQUE !

Le commaridaBt du bataillon de la Garde nationale des Communes d'Atlainville , de Baillet , de BoufTémont, de Domont, de Maffliers, de Moisselles, de Monsoult, de Vilaine et de Villers-le- Sec.

J. GIRAUDEAU DE St-GERVAIS, à Bouffémont.

REVUE. — Les 2 et 3 mars, M. Giraudcau passa une revue des Gardes Nationaux de chaque commune, et un procès-verbal si^né jtar tous les Capitaines a été adressé au Commissaire délégué du Gouvernemem provisoire à Versailles cl un duplicata au Ministre de l'Intérieur.

en cas de maladies, tandis que maintenant les mairies des campagnes ne sont que des bureaux d'enregistrement de l'état civil.

Voilà, Messieurs et chers Concitoyens, une partie des bienfaits que nous avons le droit d'attendre du Gouvernement républicain. Veiller au maintien de l'ordre pour s'assurer du crédit public, travailler à augmenter le bien-être du peuple, faire respecter la propriété et tous les droits acquis, assurer l'indépendance de la France au-dehors , et sa liberté ?:u-dedans, voilà les engagements que je prends en sollicitant l'hotlheur de Vous représenter ; voilà , je crois , ce que vous devez exigez de vos représentants.

J. GIRAUDEAU DE St-GERVAIS,

Docteur en médecine, Commandant du bataillon cantonnai de Moisseltes [Seine-Oise) ,

Rue Richer, N« 6,à Paris.

COMITÉ ÉLECTORAL

Il doit se former dans chaque commune un Comité pour faire inscrire tous les Citoyens appelés à voter et pour éclairer les Electeurs sur le mérite des candidats qui se présentent; tous les efibrts doivent tendre à choisir coux qui peuvent présenter le plus de garanties à la République pour l'ordre et la liberté.

Paris. — Imprimerie centrale de Chemins de Fer, de NAPOLEON CHAIX et Gie, rue Bergère, 8, près le boulevart Montmartre.

AVIS

AtX MENriSIERS m BATIMENTS.

Les ouvriers menuisiers sont invités à se rendre Cour du Louvre. Dimanche prochain 12 mars, à 0 heures du matin, à l'ellet de recevoir communication des travaux de leurs délégués , et protester contre les nommés Legros, Grimoult , et LasallCy comme usurpant leur nomination.

Les Délégués desA2 arrondssscmcuts, JouRDAN, Arnotjlt, Ménestrier, Mazerot, Lallemem, Bernard, Derrey, Benoit, Aubrf:e, Godin, Biajioinm, Coullié.

imp. de Cosse et J. Dumaine, rue Christine, 2.

AUX ELECTEURS

DD

Département de la Charente.

Citoyens,

Comme le législateur d'une République des temps anciens, je pense que tout citoyen doit prendre part aux débats publics pendant les crises politiques ; je viens donc me présenter à la lutte et vous offrir d'aller défendre vos intérêts à la grande assemblée nationale, à la composition de laquelle vous allez concourir.

Pour vous mettre à même d'apprécier ce que vous pourrez espérer de mon dévouement, je ne crois pouvoir mieux faire que de remettre sous vos yeux ce que j'imprimais, il y a 16 ans, pour repousser une odieuse calomnie dont j'avais élé l'objet.

Vous y verrez que mes sentiments républicains sont anciens et profonds.

Lisez , et remarquez que pas une voix ne s'est élevée pour contredire une seule de mes assertions.

« Aux habitants de la TlUe et de rarrondlMMenient de Rnffee.

« Mes chers Concitoyens ,

. Je suis né à Ruffec- que je quittai à 18 ans ; depuis cette époque , j'y ai « fait de fréquents et longs séjours. Que celui qui a à se plaindre de moi , « ou à qui je n'ai pas rendu service quand il me la demandé et que je l'ai pu, y se lève pour le dire.

« Lors de le fondation de l'Empire, j'étais à l'Ecole polytechnique, d'où j'aimai « mieux sortir que de signer l'asservissement de la France. Je devins profes- « seur de nialhématiques transcendantes et de physique générale au collège t df SoW/c. Mais un décret fameux voulut soumettre tout le corps enseignant « i\ jurer l'obscrvalion des règlements qui interviendraient pendant une période « de 10 années. On avait le choix entre le serment et la retraite : je choisis t ce dernier jiarli.

« Cette persévérance à résister à l'arbitraire m'a valu de votre part le surnom

a honorable, trop honorable sans doute, de Carnot; j'avais suivi la voix de ma « conscience, et voilà tout (1).

« Rentré dans la vie privée, je me livrai à l'agriculture, c Au 20 mars, lorsqu'une nouvelle ère de liberté vint luire sur la patrie, « je lui offris mes services, et fus placé à la tête du cadastre de ce déparle- « ment. Le désastre de Waterloo fut le signal de ma retraite et des persé- « cutions qui m'y accompagnèrent; je fus surveillé, comme on disait alors (2). « En 1821, je fis l'entreprise générale des travaux de construction de la ma- « nufacture d'armes de Châtellerault. Des hommes puissants voulaient em- « pécher la création de ce bel établissement. Le directeur, qui leur était dé- « voué, voulait à tout prix m'empêcher de mener à bien mon entreprise. — « J'eus de rudes combats à soutenir; mais j'avais pour moi le bon droit; je « je ne perdis pas courage : je triomphai.

« Après la fin de ces débats, je repris mes essais d'améliorations agricoles. « Je sollicitai en vain auprès du pouvoir des moyens d'instruction et de mora- « lisation pour la classe ouvrière ; je donnai gratuitement, à l'école de Ruffec, « des leçons de mathématiques que le rigoureux hiver de 1829 n'interrom- « pit pas. »

Je borne ici ma citation , il y aurait peu de générosité à soulever des cendres. Je dirai seulement qu'une fausse démission avait été adressée au ministre; que cette pièce m'avait été faussement attribuée, et que mon mémoire avait pour but de repousser énergiquement cette imputation.

Un exemplaire de cet écrit, adressé au ministre de l'intérieur, provoqua l'envoi de la pièce fausse au procureur du roi de Ruffec pour en rechercher et poursuivre l'auteur.

On sait bien à Ruffec la découverte qui fut faite , et comment les ordres du ministre furent exécutés. Je ne le raconterai point ici : on pourrait me soupçonner d'aimer la vengeance. Je dirai seulement que s'il en résulta pour moi une justification éclatante, je n'en fus pas moins l'objet de la haine, évidemment bien injuste, de tous ceux que la publicité de cette affaire avait blessés ou contrariés. Ils étaient nombreux et influents : ils m'ont fait beaucoup de mal.

Les embarras, les tracasseries qu'ils m'ont suscités, les pertes qu'ils m'ont causées, n'ont point abattu mon courage, ni diminué l'activité de mon zèle pour les intérêts du pays. Je n'ai pas interrompu un instant mes études d'agriculture et d'économie politique.

Républicain de cœur et de mœurs, j'ai voulu que mes enfants eussent aussi des UKeiirs républicaines et des habitudes d'égalité et de fraternité. Je les ai envoyés à l'école primaire, avec les enfants du peuple , à une lieue de mon domicile ; comme eux marchant l'hiver à la pluie et dans la boue , et s'occupant les jours de congé aux travaux agricoles.

(1) Carnot, officier du génie et savant distingué, prit pendant la Convention la direction des opérations militaires. 11 créa 14 armées qu'il dirigea seul, et on dit de lui qu'il organisa la victoire. Il parla le dernier en faveur de la République.

(2) En 1816, j'étais en surveillance à Cognac en même temps que le général Sorbier , anciea inspecteur-général de lartillerie de la Garde impériale.

S'ils ont été distingués entre leurs camarades , soit au collège , soit à l'Ecole polytechnique, c'est par une heureuse réunion de l'intelligence, de la bonne conduite et du travail.

Ils conserveront toujours, j'en suis convaincu, leurs sentiments d'égalité, de fraternité, et ils ne cesseront jamais de traiter leurs subordonnés comme des frères.

J'ai eu sous mes ordres beaucoup de travailleurs de toutes professions : demandez à Châtellerault , à Ruffec , à Gourcôme, à Lizant , comment je me suis conduit avec eux ; je ne sollicite point leurs suffrages^ ils me sont assurés.

Si vous m'honorez de votre choix, Citoyens, je travaillerai à réprimer les abus ;| 60U8 quelque forme qu'ils se présentent, et quelle que soit la puissance de ceux qui voudraient les favoriser.

Je ferai mes efforts pour diminuer les dépenses publiques et par conséquent les impôts.

Je combattrai avec toute l'énergie dont je suis capable contre toute atteinte que l'on voudrait porter au respect dû à la propriété et à la famille.

Je travaillerai à rendre meilleur le sort des instituteurs primaires. Il faut protéger, respecter les instituteurs et les pasteurs, qui instruisent et dirigent la jeunesse à son début dans la vie. Ils ont une haute mission à remplir; car qu'est l'homme sans instruction, sans moralité et sans la religion qui purifie, encourage et console ?

Fidèle à mon passé, j'appellerai la protection du gouvernement en faveur du travail et particulièrement de l'agriculture. L'agriculture, Citoyens, doit fixer les regards de tous les hommes pénétrés des grands intérêts du peuple; car la t population s'augmente en France, et le sol qui nourrit ses habitants ne s'élargit pas. 11 faut donc augmenter la fertilité de ce sol, et pour cela il faut organiser , l'enseignement agricole sur des bases solides et avec des moyens qui assurent j l'abondance et le travail pour tous.

J'ai déjà travaillé pour cet enseignement et mes publications et mes démarches avaient forcé le ministre déchu à promettre publiquement la création de fermes-écoles que je demandais depuis dix ans. Mais comme il ne voulait en réalité rien faire pour le peuple, il avait mutilé mon projet de telle sorte qu'il en aurait rendu l'application inefficace.

J'avais déjà protesté, et écrit des choses sévères au ministre et à un haut fonctionnaire de la Charente. (Voyez VEcho de la Charente du 26 septembre iSlil et le Constitutionnel des 20 et 27 octobre suivant).

Je ne cesserai point de pousser à l'enseignement agricole. C'est le seul moyen d(^ rendre honorée et féconde la première des industries.

Avec ces sentiments d'un républicain sincère qui m'ont toujours animé, je nTn avais pas moins désiré bien vivement que nous puissions jouir de la li- i berté sous un gouvernement constitutionnel qui méritât véritablement ce titre, \ et qui nous aurait préservés de ces crises violentes, de ces paralysies du crédit, jj de ces suspensions de travail, de ces accroissements brusques d'impôts considérables ; je vous avouerai même avec franchise que je l'avais espéré ; j'avais à cet «gard partagé l'illusion du généreux et brave Lafayètle et de ses amis... Nous avons éprouvé de cruelles déceptions... La République, ma première, ma plus

chère affection, la République, Citoyens, peut seule nous garantir les biens précieux de la liberté, de l'abondance, de la gloire...

Vive la République , avec son caractère propre de moralité, de vertu , de force. . .

■f- ^jVive la République où l'ordre est dans la liberté, parce que la liberté réside dans le respect et l'obéissance à la loi,^ qui est faite par tous et pour tous, où chacun est placé en raison de son mérite et récompensé suivant les services qu'il a rendus.

Page 1