‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 7 sur 236 · CIRCULAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE

aux Electeurs de Paris.

CITOYENS ÉLECTEURS

Enfant du deuxièmo arrondissement de la ville de Paris, j'ose me mettre sur les rangs pour obtenir l'honneur d'être élu représentant du peuple à l'Assemblée nalionalo.

Mon père, M. Billerocq, exerçant au milieu de vous pendant quarante-quatre ans la profession d'avocat, m'a transmis comme héritage l'ambition d'être choisi

par vous, comme il l'avait été par vos pères dans des circonstances analogues, dès l'année 1791 1

Là ne se borne pas, toutefois, j'ose le dire, l'héritage que j'ai tenu de lui. Comme lui, je vous oflfre un désintéressement parfait, un amour ardent de la patrie, une admiration sans bornes pour ces vertus populaires dont il est enfin temps, après soixante années d'essais, de faire l'unique base d'un gouvernement libre, glorieux et durable !

Un nombre considérable de candidats, je le sais, Citoyens électeurs , se présentent aujourd'hui sur celte grande terre du travail, pour s'y disputer la gloire de représenter ce peuple d'Ouvriers qui, lui à son tour, le 24 février, est venu, a vu, et a vaincu !

Depuis près de trente années, ouvrier politique moi-même, travaillant toujours sur des terrains difficiles, variés, lointains, inconnus... j'ai compris que la grandeur des représentants de la France chez les Peuples étrangers était , avant tout, dans la Majesté de nos souvenirs et de nos droits, et non dans le roi ou le ministre qui y régnaient !...

Aussi, détourné un jour du travail le plus honnête par le gouvernement de juillet, je n'ai pas balancé à refaire son éducation nationale en lui montrant comment, investi du mandat populaire de 1830, le Pavillon Tricolore, en présence d'un mauvais vouloir quelconque à l'Etranger, devait comprendre et appliquer, sur l'heure, le rôle qui lui est, là, départi !...

J'ai bientôt reconnu que la dynastie d'Orléans ne pardonnait pas de pareilles leçons !

Je m'en suis facilement consolé. Citoyens électeurs, en retrempant mes convictions, mon courage, au souvenir de mes actes, qui avaient toujours été patriotiques et purs... Mais vous le pressentez déjà dans vos cœurs !... Ouvriers du grand œuvre de février!... Je ne m'en suis pas tenu là.... Ayant entre les mains, comme pièce de conviction contre eux, un drapeau de la France qu'ils avaient souillé !... je l'ai levé, en maintes rencontres, pour leur eu briser la tète... Ah ! pourquoi combattais-je tout seul, alors?... Et que ma main fut impuissante auprès de la vôtre!... Aussi est-ce avec une foi vive, mêlée d'admiration et de reconnaissance pour vos grandeurs instinctives, que je viens, moi, mire conciloycn, moi ayant appris à nos écoles à me faire honorer et aimer personnellement chez tous les Peuples étrangers; moi, descendu avec vous aux barricades, sous le feu le plus meurtrier, pour en finir avec la royauté de juillet; moi!... si glorieux d'être revenu de la mêlée citoyen d'une République!... vous prier de me nommer l'un de vos représentants à l'Assemblée nationale !

Que n'ai-je ici, pour les mêler à nos rangs, ces ouvriers honnêtes de toute industrie, de tout métier tlont j'ai toujours défendu les droits, encouragé les travaux, consolé l'exil!... Ils vous diraient si, sur la terre de l'expatriation, ils avaient un meilleur ami que ce diplomate de la France /... L'assemblée de la République doit en avoir au moins un dans son sein qui mette à son service, dans les questions de la politique extérieure, l'expérience des usages, des langues, des mœurs, des idées des pays étrangers!...

Ma vie de trente années chez tous les peuples de l'Europe ayant eu pour premier, pour inévitable effet, de centupler mon amour pour vous, Citoyens nés

»n même berceau, c'est îà le gage que je mets entre vos mains pour vous répondre des sentiments qui me guideront dans toutes les questions touehant à notre souveraineté populaire, à nos libertés, à la propriété de chacun... à la dignité de tous... en lui mot, à l'ordre intérieur républicain !...

Très porté, par mes principes arrêtés, Citoyens d'une République qui deviendra Ijientôt la mère de tant d'aotres, à prendre, au besoin, l'initiative dans les afïaircs du dehors, je m'honorerai toujours, dans les questions qui nous agitent au dedans, de prendre pour guides ces Oracles d'élite, dont la popularité même sert et inspire ïe génie!,..

Vieux représentant des ro-is de France, renié par le dernier d'entre Eux, pour avoir toujours, en enfant du peuple, combattu pour les lois contre sa volonté, je n'aurais plus aucune récompense à envier si, du néant où il m'allail bientôt réduire, un regard de vous tous, Hommes d'intelligence et de courage. Ouvriers des régénérations à volonté, un regard de vos sympathies... de votre justice... contribuait à faire naître demain un jeune Représentant du Peuple!

Salut et fraternité.

Adolphe BILLECOCQ,

Rue du Havre, 5.

Paris. — Imp. Schneider, d, rue d'Erfurth.

Profession de foi du Citoyen DE LACHAPELLE.

CITOYENS

Un gouvernement , méconnaissant son origine , viciant les principes qui l'avaient j>orté à la léte de l'État, vient de tomber; c'est à nous. Citoyens, qu'il appartient , en adhérant avec franchise et sincérité aux institutions républicaines, de reconstituer, par le choix de nos représentants, l'édifice social sur des bases solides et durables, où l'honnêteté pofitique ne soit point regardée comme une duperie et le désintéressement comme un anachronisme.

Enfant du pays , fils d'un homme élu souvent par vous, et dont les vertus ne servirent qu'à attirer sur lui les persécutions du pouvoir; tant que la représentation nationale était un moyen d'arriver à la richesse et aux honneurs, je ne l'ai point briguée.

Une nouvelle ère se prépare ; hommes de la veille, si les luttes contre les perni( HMises tendances qui viennent de s'évanouir, si un sacrifice de quinze ans lail a ma tran(juillilé it à mes goiits vous paraissent une garantie suffisante, j accepterai avec reconnaissance le mandat de coopérer à la grande œuvre qui »*arcomp)if.

Heureux hi mes efforts peuvent contribuer à concilier l'ordre et la liberté; telle est ma de\ise, telle doit être celle de tout bon citoyen.

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