‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 71 sur 236 · PUBLICATIONS · texte numérisé non relu

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Du Comité central Républicain

Des Bouches-du-RhOue.

REPUBLIQUE FRANÇAISE

LIBERTÉ, ÉGÀLITJÊ, FRATERNITÉ»

Le Comité central Républicain du département des Bouches-da-Rliône à ses

Concitoyens,

Nous avons à élire dix Représentons du peuple à l'Assemblée nationale ; ce qu'il faut bien qu'on comprenne et qu'on n'oublie pas, c'est qu'en fait d'élections, toutes les distinctions de communes, cantons, arrondissements et chefs-lieux sont virtuellement abrogées.

L'unité Républicaine, c'est la France toute entière; le monde de divisiun, c'est l'ensemble de chaque département formant un tout indivisible comme la République ellemême. Qu'on ne vienne donc pas en fait détruire ce que la constitution Républicaine a établi en principe; qu'on ne vienne pas chercher à faire la part proportionnelle de tel canton ou de tel arrondissement ; ce serait au moins une erreur, peut-être une tactique perfide d'ennemis cachés de la République.

Répétons-le donc : le principe électoral actuel, c'est que l'ensemble des citoyens de tout le département doit désigner les dix Représenians du peuple qu'il jugera les plus dignes et les plus capables, en faisant abstraction de toutes les influences, abnégation complète de toute sympathie et de tout i«térêt personnel.

Profondément pénétré de Cette pen'sée qui est l'essence de la constitution républicaine, le Comité Central Républicain des Bouches-

du^Rhône fait ap()€l a tous les autres comités électoraux du département pour arriver à une union franche, à une résolution unitaire sur la liste des dix candidats à élire.

Son nom de Comité Contrai Républicain n'est point un vain mot, car il a fait, il fait encore appel à tous les Républicains sincères dont la f jI ne saurait être douteuse, dont les principes ne datent pas d'hier seulement, Les élémens qui le composent sont tous puisés aux véritables sources d'un patriotisme éprouvé.

Il n'a ■|>ris dans son sein que la partie Républicaine avouée et connue de la municipalité provisoire de Marseille; — il s est adjoint les membres de ce Comité démocratique qui a été la première organisation contre les anciennes autorités de la vill« ; — il a ouvert ses rangs à tous les délégués des Sociétés Républicaines que la révoliilioo de février a spontanément enfantés.

Il a appelé à lui et ils sont venus avec un patriotique empressement, tous les représenlanis Républicains des ateliers et des corps d'état de la ville ; — il veut donner place à tous les dévouements sincères, mais il veut mériler son nom de Comité Central Républicain et n'admettra ni tiédeurs ni dévouements douteux.

Fort de cette origine qui n'exclut personne de ceux qui ont le droit de se dire Républicains parce qu'il y a longtemps qu'ils le répètent et qu'on le sait, le Comité C-^ntral Républicain apportera l'attenlion la plus scrupuleuse à i'txamcn des candidats qui voudront solliciter les soffragi^s du peuple. N'oubliant jamais le dernier terme de la trilogie P.épublicaine, il n'oubliera pas non plus, que si le devoir de la fraternité nous impose à tous une foi complète , jusqu'à preuve contraire, dans les conversions qui ne datent que d'hier, !a défiance et l'examen sont un devoir plus rigoureux encore quand il s'ayit de confier à des citoyens le plus saint de tous les mandats, celui de défendre les întéiêts du peuple.

La République nouvelle a fait faire un pas immense vers l'égalité : mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que si la République est aujourd'hui un fait accompli, la Révolution commence seulement-, la Révolution, c'est-à-dire la destruction des obstacles à l'égalité ; et c'est celte loi de transition, tout à la fois mesuiée mais rapide, sage mais énergique, qui doit êtie notre pierre de touche pour les candidats à la représentation nationale.

Au temps de la lutte, notre devise républicaine n'était qu'une théorie bafouée par les aristocrates; au temps de la victoire, il faut que l'application sérieuse arrive promptement pour satisfaire la légitime impatience de nos amis, et pour fermer la bouche aux récrim.inations exaltées de nos adver.saires,

La Liberté, c'est le droit absolu de faire tout ce qui ne peut nuire à autrui.

L'Égaliié. c'est la négation complète de tous les obstacles maiéiielsde disposition, d'éducaiion, de naissances, qui peut empêcher un homme de développer librement ses facultés,

La Kraternité, c'est le libre dévouement de chacun pour tous, c'est le lien commun, le lien indissoluble des di ux premiers termes de la devise rcpulilicaine.

La [ihilosopliie pratique du Gouvernement Républicain se réduit à trois mots :

Que les récompenses soient aux plus dignes ;

' Le pouvoir aux plus dévoués ;

Le bonheur à tous!

Et maintenant que tous les citoyens qui aspirent au sublime honneur de représenter le peuple dans l'Assemblée Naiionale, viennent dire hautement leur légitime et honorable ambition, leurs pensées sur la réforme révolutionnaire qui commence, leurs droits acquis aux suffrages du peuple par leurs antécédents en dévouement et en patriotisme; le peuple est juste et il ne se trompera pas, car c'est de lui que le Christ a dit : « Quand vous serez tous assemblés en mon nom, la vérité sera avec vous. >

Embrassons fraternellement et sans arrièrepensée les Républicains d'hier, mais restons convaincus que celui qui oublie trop tôt, n'est pas assez bien converti !

Le Comité Central Rô|iublicain desBouches-du-Rhône, profondcmcnl pénétré de l'importance de !a lutte électorale qui va s'ouvrir, convaincu de la nécessité d'arborer hautement et sans concessions aucunes, le Drapeau Républicain dans les élections, invite tous les patriotes du département à s'unir à lui pour l'ormer, le plus promplcMnent possible, la liste des dix Candidats Républicains, que tous nous devrons défendre cl faire triompher. Mieux vaudrait la défaite, si elle était possible, qu'un fatal système de concessions à des alliances étrangères.

Pour arriver à celte union, à cette entente fraternelle qui seule fera notre force, le Comité Central Républicain décl.ire, avec t(»us \ les vrais amis de la Réfiublique, que les ci-» toyens qui se metlnmi sur les rangs avec des droits sérieux, et qui pourtaiU devront faire à l'unité de la liste républicaine le sacrifice de leur légitime ambition, auront bien mérité de la p;ilrie ! ! !

Le Comité Central Républicain adjure tous les patriotes de venir former autour de lui un indissoluble faisceau, ■ Rallions-nous tous à cette pensée : une liste unique de dix candidats Républicains ponr le département des Bouches -du - Rhône.

VIVE LA JlÉPlBLlQVEin

Abadie, horloger.

Agenon, journaliste.

Astoin, délégué du club Castellane.

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