‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 37 sur 103 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Vie de Jésus-Christ.

Gomme la religion chrétienne n'est pas une invention à^ hommes, mais un ouvrage de Dieu, elle a eu d'abord sa

f)erfection, aussi bien que Tunivers. Il faudrait avoir perdu a raison, dit Tertullien, pour s'imaginer que les apôtres aient ignoré quelque vérité utile au salut, et que dans la suite des siècles on ait trouvé quelque chose touchant les mœurs et la conduite de la vie de plus sage, de plus subUme que ce que Jésus-Christ leur a enseigné. Hais cette

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Loctme si excellente a frodoit dijSlarents effets, sobaiit la ILCTérente disposition des hommes qui Tont reçue, et les difé rentes mesures de grftces dont Dieu Ta accompagnée. Les rais Israélites, déjà instruits par la tradition de leurs lères, par la lecture des Ecritures maintes, élevés dès le i>erceau dans la connaissance du vrai Dieu et TefaservAtion ^Ve sa loi, se trouvèrent disposés k la pratiquer dans sa >erfeciion, sitôt que cette perfection leur eut été découverte, et qu^ils eurent compris quel salut le Messie leur devait procurer^ quel devait être son rx>yaume. Il était bien pi us difficile d'amener à la perfection les gentils, qui avaient vécu jusque4à sans Dieu et sans loi, accoutumés lise laisser mener comme des bêtes devant des idoles insensibles, et k se plonger dans toutes sortes de crimes. C'est doac cbes les chrétiens de la première Eglise de Jérusalem qu'il faut ^ cliereher Texemple de la vie la plus parfaite, et, par con- I séquent, la plus heureuse qui puisse être sur la terre. I II faudrait commencer par la vie de Jésus-Christ même : r U est le modèle comme la source de toute perfection. Il , nous a donné l'exemple, afin que nous fissions comme il ! a fait; et c'est un des plus grands biens de riocarnation, , que le Verbe s'est rendu sensible pour être non-seulement I objet de notre admiration, mais la règle sur laq^ielle il faut redresser nos mœurs. Je sais bien que cette vie si Hlivine n'a pu être écrite dignement que par ceux qui avaient vu de leurs yeux le Verbe de vie, qui l'avaient ou! de leurs oreilles et touché de leurs mains, et qui étaient aai* mes de son esprit ; mais du moins chacun peut-il remar* quer, selon sa portée, ce qu'il lui semble plus propre à être imité par les hommes, laissant aux autres à y en découvrir infiniment davantage, selon qu'ils sont plus avancés dans l'oraison et la pratique des vertus chrétiennes.

D'abord nous voyons en Jésus-Ghrist les vertus de l'enfance. Il était docile et soumis à ses parents, il se rendait aimable à tout le monde; car il est dit qu'à mesure qu'il croissait en àge^ il croissait aussi en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes. De tout le reste de sa jeunesse jusqu'à rftge de trente ans, nous n'en savons autre chose, sinon qu'il demeura dans la petite ville de Nazareth, passant pour le fils d'un charpentier, et charpentier luimême. Ce silence de l'histoire exprime mieux qu'aucun dish cours l'état de retraite et l'obscurité où Jésus-Ghrist a voulu passer la plus grande partie de sa vie, lui qui n'était venu que pour être la lumière du monde. 11 a donné trente

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ans à laTie privée, et seulement trois à qaatre ans à la pi dication et aa miDistère public, pour montrer que le deri général de tous les hommes est de travailler en silence, qu*il n'y en a qu*un petit nombre qui doivent se donner al fonctions publiques, seulement pour autant de temps j Tordre de Dieu et la charité du prochain les y obligent

Le métier qu*il choisit est digne de réflexion. Vivre | travail de ses mains est un état plus pauvre que d'ar. des terres à cultiver, ou des bestiaui h nourrir. Soitq; travaillât pour les bâtiments, soit qu'il fît des charrue} ' d*autres instruments de labourage, comme porte unes: cienne tradition^ toujours est-il constant que son met était rude et pénible, mais utile et même nécessaire à la ^ ciété, et par conséquent plus honnête que ceux qui serve: pour le luxe et pour le plaisir. Il passa ainsi toute saf nesse attaché h sa famille et au lieu où il avait été éle^ menant une vie libre et honnête, mais sérieuse et occ\ïj^ portant la peine imposée à tous les hommes en la person^ d*Adam, et donnant continuellement des exemples des deû vertus qu'il a le plus recommandées, la douceur et VbumB

Avant de commencer Touvrage de sa mission, il s'ypr^ pare par le baptême, la prière et le jeûne ; il n'avajt;^| besoin de ces préparations: c*était,comme il le dit lui-mêniti pour accomplir toute justice et nous en donner Texempl^ Son jeûne de quarante jours et quarante nuits sans oiaoger est ordinairement regardé comme un miracle, aus^ bien que ceux de Hoîse et d*Ëlie ; mais je ne sais si connaissons bien les forces de la nature. Saint Augustin avoir appris de personnes dignes de foi que quelqu'un étail arrivé à quarante jours sans prendre aucune nourriture. et Théodoret témoigne que saint Siraéon Slylite avait déji passé vingt-huit carêmes de la sorte, après être arrivé?^ degrés à cette prodigieuse abstinence. On voit encore aujourd'hui des Indiens idolâtres être des vingt jours et plu^ sans prendre de nourriture.

Pendant ce jeûne^ et dans cette affreuse solitude, à q\^} s'occupatit Jésus-Christ, sinon à prier? Mais qui osersif parler de son oraison ? Méditons humblement ce que l'Ecriture nous en rapporte, entre autres celte admirable prière que nous voyons dans saint Jean (chapitre 17), et ne perdons rien de tout ce qui nous est dit de sa manière de prier. Il priait la nuit, et quelquefois des nuits entières; il priait à découvert, dans un jardin, sur les montagnes, dans les déserts, seul à l'écart; il levait les yeux et les

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