CHAPITRE XXVII
Veuves. — Diaconesses.
Les veuves qui renonçaient aux secondes noces vivaient à peu près comme les vierges , dans les jeûnes , dans les oraisons et les autres exercices de la vie ascétique; mais elles n'étaient pas si renfermées, parce qu'elles s'appli* quaient aux œuvres extérieures, comme à visiter et li soulager les malades et les prisonniers , principalement les martyrs et les confesseurs ; à nourrir les pauvres, à retirer et servir les étrangers, à enterrer les morts, et généralement à toutes les œuvres de charité. Toutes les femmes chrétiennes veuves ou mariées s'y employaient fort , et ne sortaient guère que pour ces bonnes œuvres, ou pour aller à l'église. Les veuves étant plus libres, s'y adonnaient entièrement : si elles étaient riches, elles faisaient de grandes aumônes; si elles étaient pauvres, l'Eglise les nourrissait. On choisissait pour diaconesses les veuves les plus ftgées, c'est-à-dire de soixante ans. Cet âge fut réduit à quarante ans, mais c'était toujours les veuves les plus sages et les plus éprouvées par toutes sortes d'exercices de charité. On donnait aussi quelquefois cette charge à des vierges , et alors on leur donnait aussi le nom de veuves. Les diaconesses recevaient l'imposition des mains, et étaient comptées entre le clergé, parce qu'elles exerçaient à l'égard des femmes une partie des fonctions des diacres.
Leur charge était de visiter toutes les personnes de leur sexe que la pauvreté, la maladie ou quelque autre misère rendaient dignes du soin de l'Eglise. Elles instruisaient celles qui étaient catéchumènes , ou plutôt leur répétaient les instructions du catéchisme. Elles les présentaient au baptême, et prêtaient leur concours pour l'administration de ce sacrement. Elles conduisaient ensuite les nouvelles baptisées pendant quelque temps, pour les dresser à la v'
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chrétienne. Dans Féglise, elles gardaient lès portes du côté deé femmes, et avaient §oih cfue chacune fAt placée en son raiig, et observât lè silence et la modestie. Les diaconesses rendaient dompté de toutes léiirs fonctions h Téiréque, et par son ordre aux prêtres et àuî diacres. Biles servaient priiieipàlement à les avertir des besoins des autres femmes, et à faire sous leur direction ce qu'ils ne pouvaient faire' eux-mêmes avec autant de bienséance.
Les prélats usaient d'une grande patience et d*unè grande discrétion pour gouverner toutes ces femmes, pour maintenir les diaconesses dans là sobHété et Tactivité nécessaires à leurs fonctions^ mais difficiles à leur âge; pour empêcher qu'elles ne devinssent trop faciles ou trop crédules, ou qu'elles ne fussent itiquiètés, curieuses, tnàlicieusës^ coiéi*es et feéVèrës avec excès. Il fallait prendre garde que, sou^ le préteite de catéchisnie, elles ne fissent les savantes et les spirituelles.; qu'elles ne parlassent indiscrèteméht dés mystères, et ne semassent de^ erreurs et desfëbles; qu'elles no fussent psirleUSes et dissipées. Il fallait encore bien de la charité pour gUêrir ou suppof ter les défauts des autres veuVes et des autres femmes, conime la tristesse, la jalousie, l'envie, les médisances, les murmures contre les pasteurs mêmes, enfin tous les maux q(ii suivent ordinairement la faiblesse du sexe et de l'âge, surtout quand elle est jointe à la pauvreté, à là maladie, ou à quelques dUttes iticommôdités.