‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 61 sur 103 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Ascètes. — Vierges.

Il y avait des Chrétiens qui, sans y être obligés, pratiquaient volontairement tous les exercices de la pénitence, pour imiter les prophètes et saint Jean-Baptiste, pour s'exercer à la piété, comme dit saint Paul, en châtiant leur corps et le réduisant en servitude. On les appelait Ascètes, c'està-dire exercitants. Us s'enfermaient d'ordinaire dans des maisons, où ils vivaient en grande retraite, gardant la continence, et ajoutant à la frugalité chrétienne des abstinences et des jeûnes extraordinaires. Ils pratiquaient la xéropbagie ou nourriture sèche, et les jeûnes renforcés de deux ou trois jours de suite, ou plus longs encore. Ils s'exerçaient à porter le cilice, à marcher nu-pieds, à dormifr sur la terre, à veiller une grande partie de la nuit, à lire assidûment TEcriture sainte, et à prier le plus continuellement qu'il était possible. Plusieurs de ces ascètes ont été de grands évêqueset des docteursfameux.Origène a mené la même vie, et l'a marquée comme un état distingué entre les Chrétiens.

Il y avait un grand nombre de filles qui consacraient à Dieu leur virginité, soit par le conseil de leurs pe^rents, soit de leur propre mouvement. Elles menaient la vie ascétique, et on comptait pour rien la virginité si elle n'était soutenue par une grande mortification, par le silence, la retraite, la pauvreté, le travail, les jeûnes, les veilles, les oraisons continuelles. On ne tenait pas pour de véritables vierges celles qui voulaient encore prendre part aux divertissements du siècle même les plus innocents, faire de grandes conversations, parler agréablement et montrer un bel esprit ; encore moins celles qui voulaient faire les élégantes, se parer, se parfumer, traîner de longs habits et marcher d'un air affecté. Saint Cyprien ne recommande presque autre chose aux vierges chrétiennes que de renoncer aux vains

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ornements et à tout ce qui appartient à la beauté. Il connaissait combien les filles sont attacbées à ces bagatelles , et il en savait les pernicieuses conséquences. Dans les premiers temps, les vierges consacrées à Dieu demeuraient la plupart chez leurs parents, ou vivaient en leur particulier, deux ou trois ensemble, ne sortant que pour aller à Téglise, où elles avaient leurs places séparées du reste des femmes. Si quelqu'une violait sa sainte résolution pour se marier, on la mettait en pénitence.

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