‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 82 sur 103 · CHAPITRE XLVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVI

Pratiques de pénitence.

C'est etacore en ces temps de liberté qu'il âtut rapporter Teffet sensible que faisaient sur le public les jeûnes solen* nels de TËglise, partieulièrement le carême. Personne n'était dispensé du jeûne ; ni la condition^ ni Tàge^ ne passaient point pour des eicuses légitimes. Toutes les affaires cessaient ;< on voyait les villes les plus peuplées tranquilles comme des solitudes ; les fidèles passaient la plus grande partie du jour dans les églises à prier^ à écouter les lectures et les eihortations, d'ot vient que Tofflce de ces jours-là est toujours plus long; On n'y eéiébrait point de noces ; on ne devait pas passer ces jours à chasser, même en observant le jeûne. La* coutume durait encore, dans le ix* siècle^ de ne point juger de procès pendant le carême et de point porteries armes, ni môme voyager sans grande nécessité.

Toutes ces pratiques étaient des suites de la pénitence à lacfiieUe les jours de jeûne étaient consacrés ; et c'est pourquoi Ton réservait au carême la préparation de ceux qui devaient être baptisés^et la reconciliation de ceux qui étaient tombés depuis le baptême. Après la joie des fêtes de Noël et de rBpipbanie^ on commençait h prier pour la rémission des péchés^ ^t à exciter les pécheurs & la pénitence, comme UBya faisons encore depuis la Septuagésime^ car c'est manifestement le dessein de l'office de ce temps-là. Les lectures de la Genèse représentent la puissance du Créateur, sa jus>tioe et sa sévérité. On y voit Adam chassé du paradis terrestre, le monde criminel détruit par le déluge, les quatre villes infâmes consumées par le feu du cieL Ceux qui étaient tovehéa de ces exemples et de ces puissantes exhortation^ des prélats faisaient pénitence selon les règles que j'ai marquées, et qui peu^êtrè s'observèrent plus exactement àejpoîs la liberté de l'Eglise; mais on fut plus facile à accoiv dei iacommonion aux mourants après que le péril des per^ sécutions eut oessé. Personne n'était exempt de la péni-^ tenee, quelque grand qu'il fût dans le monde; les princes y étaient sujets eomtne les particuliers. L'empereur Phi-* lippe s'y soumit dès le milieu du m'' siècle ; et on n'oubliera jamais 4«as l'Eglise Texempledu grand Théodose.

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