‹ Les musardises, 1887-1893Chapitre 34 sur 67 · CHANSON DANS LE SOIR · texte numérisé non relu

CHANSON DANS LE SOIR

11 fit balte, ébloui, humant Celte soirée et son haleine, Au sommet dé l'escarpement D'où l'on découvre infiniment La plaine.

Un doux crépuscule du mois Des doux crépuscules — septembre Bleuissait vaguement les bois, Sous un ciel de rose, à la fois.

Et d'ambre

La lune, basse, et n'ayant point Son teint coutumier de béguine, Montrait un rougeâtre embonpoint, Telle une orange mûre à point, Sanguine ;

Et, sous cet astre de Japon, Le val fuyait en molles lignes, Avec le canal clair, le pont, L'étang ridé comme un crépon, Les vignes.

Il admirait, lorsque, soudain, Un chant monta de ce théâtre.

De ce cirque, de ce jardin.

Exhalé du dernier gradin Bleuâtre.

Et cet air où le soir mêla Son murmure de vaste conque.

Cet air divinement vola...

C'était, d'ailleurs, un Ion Ion la Quelconque.

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