‹ Les musardises, 1887-1893Chapitre 44 sur 67 · NOS RIRES · texte numérisé non relu

NOS RIRES

Malgré l'amour, la vie et l'heure et les périls,

Nous rions quelquefois des rires puérils,

Des rires dont le son doit étonner nos âmes:

Pour rien, pour un détail dont nous nous avisâmes,

Des rires fous qui sont des fous rires vraiment.

Et nous pour qui l'amour est un déchirement,

La vie un songe en pleurs, l'heure une fuite paie.

Et pour qui les périls ouvrent un long dédale,

Malgré l'amour, la vie, et l'heure et les périls.

Nos rires sont parfois de si brusques avrils.

Nos rires font sous bois des musiques si franches.

Si fraîches, qu'entendus de loin, entre les branches,

Par le passant qui rêve et ralentit le pas,

Ils doivent lui donner — hélas ! il ne sait pas 1 —

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