OMBRES ET FUMÉES
J'aime les ombres, les fumées, Ces fugacités et ces riens.
Ces formes vaguement formées, Ces tremblements aériens.
Je t'aime, toi qui ne te poses Jamais, Fumée, ô sœur du Vent, Et je vous aime, Ombre des choses.
Plus que les choses bien souvent !
Je vous aime, parce que, vaines.
Vous me convenez, à moi, vain.
Et parce que, les incertaines.
Vous me charmez, moi, l'incertain!
aSo LES MUSARDISES.
Oui, j'aime toutes les fumées, Celles qui traînent sur les champs, Celles qui sortent des ramées.
Celles aux panaches penchants,
Les larges dont les hanches rondes Se roulent dans l'azur profond.
Celles q\n sont des boucles blondes Qui de plus en plus se défont.
Ou des vrilles que l'air allonge.
Fins copeaux roulants et fuyards De quelque menuisier de songe Qui raboterait des brouillards;
J'aime celles qui sont, il semble, — Leurs flocons ensemble étant pris Et montant ainsi pris ensemble, — Des grappes de gros raisins gris ;
Celles dont le duvet tressaille Sur les chaumes, piquant au bout De ces obscurs chapeaux de paille Des aigrettes de marabout;