II
rs 'est-il pas naturel que, voyant ma verdure, Ces arbres aient trouvé, pour cacher que je dvuc, De se laisser sur moi pleuvoir?
«Ah! quand ils souffrent trop, les tilleuls et les chênes, De ne laisser tomber sur les mousses prochaines
Que tous ces tristes haillons bruns.
Que ces maigres chiffons dont l'horreur tourne et vole, Ils peuvent bien, mon Dieul si cela les console,
M'en attribuer quelques-uns!
(( Le vent n'aura besoin que d'une chiquenaude Pour faire s'écrouler tout ce qui s'échafaude
Fallacieusement sur moi.
Je serai nettoyé par quelques brises fraîches. Car ces feuilles ne sont que de pauvres, de sèches...
Que dis-tu.^ Calme ton émoi!
« Voilà bien les grands mots des hommes : calomnies? Feuilles mortes, tout simplement! feuilles jaunies !
En suis-je moins vert là-dessous ?
L'indulgence est facile aux arbres qui demeurent, Et nous pouvons laisser à des arbres qui meurent
Le plaisir de mourir sur nous! » ^
XÏI