EPINGLE, BAGUE ET PENDELOQUES
(Musée National Bavarois.) — Dessins de M"" Herwegen.
logique de Dresde, avait été chaudement accueillie et adoptée par toute l'Allemagne. Le succès croissant du Musée Germanique et le désir de fonder dans la capitale de la Bavière un établissement analogue, afin •d'y élever le niveau de la production industrielle, amenèrent bientôt la •création du Musée National. C'est en i855 que M. le baron d'Arétin la proposait au roi Maximilien, qui mettait immédiatement à sa disposition une grande partie des objets d'art disséminés dans les palais royaux et un local provisoire où ils pourraient être recueillis. L'abondance des richesses ainsi amassées fut telle que l'insuffisance de ce local primitif ayant été reconnue presque aussitôt après, on commença, dès i858, l'érection du Musée actuel qui fut terminé en 1867. C'est un immense palais, d'assez laide apparence, construit dans ce style bâtard désigné sous le nom de néo-miinichois, composé étrange d'éléments empruntés à la fois au Moyen-Age et à la Renaissance, et mélangés sans grand souci de l'harmonie des proportions. Une statue en zinc de la Bavière, accompagnée de son lion symbolique, couronne cette façade plate et monotone. Rien à l'extérieur n'indique la destination •de l'édifice, pas même l'inscription d'une emphase énigmatique : « A mon peuple, honneur et exemple! » Les dispositions intérieures ne témoignent pas non plus d'une appropriation bien intelligente, et à chaque étage se développe une longue suite de salles toutes pareilles dans leur structure et leur aménagement. Nous ne parlerons pas des •cent quarante-quatre fresques qui décorent (est-ce bien le mot ?) le premier étage. Ces peintures, inspirées par l'histoire de la Bavière, accusent les imprudences et la hâte de l'improvisation dans un genre de travail qui, plus qu'aucun autre, exige préparation et recueillement. Sauf de très rares exceptions, ces pitoyables images pourraient être recouvertes d'un ton neutre sans que l'art y perdît beaucoup. Quant à l'aspect général, il y gagnerait assurément si, au bariolage intempérant de ces fresques, on substituait un fond uni simplement destiné à faire ressortir les objets exposés.
Aucune idée d'ensemble ne paraît avoir présidé au classement de ce Musée. Tandis que l'ordre chronologique a été suivi au rez-dechaussée pour les antiquités primitives et pour l'art du Moyen-Age,
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c'est le groupement par genre de travail qui a prévalu au premier étage; mais on y a renoncé dans les salles du haut, pour revenir à l'ordre chronologique. Le but qu'on s'est proposé en créant le Musée n'est pas non plus très évident, et l'art, l'archéologie locale ou même la simple curiosité, semblent avoir eu une part égale dans sa formation. Sans essayer de marquer un plan ni d'établir un lien entre toutes ces richesses accumulées pêle-mêle, on a pris de toutes mains, sans choix, et, à côté d'œuvres d'un mérite incontestable, on a admis des objets insignifiants à tous les points de vue, ou des répétitions multipliées qui fatiguent inutilement l'attention. Dans de semblables conditions, il est permis de se demander quel profit on peut attendre d'une étude qui semble avoir été compliquée à plaisir. Comment des industriels ou des travailleurs, abandonnés à eux-mêmes et perdus au milieu de cette confusion, parviendraient-ils à y faire les distinctions nécessaires ? Nous avons pu voir nous-même, clans les salles du Musée, des dessinateurs appliqués à copier, avec la plus scrupuleuse exactitude, des objets d'un goût détestable, destinés apparemment à servir de modèles à l'industrie contemporaine.
Dès 1870, dans son excellente enquête sur l'enseignement des arts industriels dans l'Allemagne du Sud ', M. Eugène Mùntz signalait les inconvénients de cette confusion qui résulte de la hâte irréfléchie avec laquelle on a tenu à remplir, quand même et dès leur ouverture, les vastes salles du Musée National. Il appartient à la direction actuelle de rendre plus fructueuse la fréquentation des collections confiées à sa garde, en procédant à la fois à un mode de classement plus méthodique et surtout à de nombreuses éliminations. 11 n'est pas de soin qui s'impose d'une manière plus urgente à sa sollicitude. La publication des catalogues, dont on commence à s'occuper2, fournira d'ailleurs l'occasion naturelle de cette épuration devenue tout à fait nécessaire. Du reste, la dotation du Musée National est largement assurée et une somme d'environ 40,000 francs lui est allouée annuellement pour ses