HÔTEL DE VILLE DE COLOGNE
Dessin de J. Habert-Dys.
organise, reconnaît cette hospitalité par des dons d'œuvres modernes achetées sur ses propres revenus.
Cette collection d'œuvres modernes n'est pas d'un choix toujours heureux. Successivement accrue par des achats ou par des legs particuliers, elle gagnerait à être débarrassée de bon nombre de toiles plus que médiocres. Sans nous y arrêter bien longtemps, nous nous contenterons d'y signaler : le Galilée, de Piloty, composition assez vulgaire, qui nous montre l'illustre prisonnier posé d'une manière théâtrale dans son cachot et surveillé de près par des moines embusqués à la façon de traîtres de mélodrame; le Repas des funérailles, de Benj. Vautier, peinture un peu mince, un peu trop bourrée d'intentions, mais dans laquelle cet habile artiste a finement rendu le contraste que présente la désolation d'une famille en deuil avec l'indifférence des convives, les uns absorbés par leur caquetage, les autres avalant gloutonnement les bons morceaux qui leur sont servis, tous fort oublieux du parent et de l'ami qu'ils viennent d'enterrer; une Vue de Castel Gandolfo, pleine de lumière et de mouvement, par Oswald Achenbach, et une marine de son frère André : le Départ du remorqueur . Enfin, tout récemment, une grande toile de Richter : la Reine Louise, a été acquise pour ce musée de peintures modernes. Très populaire en Allemagne où on rencontre partout sa photographie, cette toile, si nous en croyons la chronique, aurait été beaucoup moins goûtée d'un auguste personnage qui, scandalisé de cette représentation, se serait vivement élevé contre la toilette un peu sommaire de la reine et contre la désinvolture assez risquée de sa démarche.
Si l'apparence extérieure du musée laisse fort à désirer, son appropriation du moins est convenable, sans cependant présenter les excellentes dispositions qui ont été réalisées depuis pour d'autres musées de construction plus récente, tels que ceux de Cassel et de Francfort. L'édifice, isolé de toutes parts, est divisé en salles suffisamment spacieuses et auxquelles de larges fenêtres dispensent amplement la lumière. Au rez-de-chaussée, les galeries qui s'étendent le long d'une cour intérieure sont réservées aux antiquités romaines : statues, bustes, autels votifs, mosaïques, etc. A côté, se trouvent d'autres objets appartenant
à l'époque chrétienne : des poteries, des fonts baptismaux d'un style mérovingien assez barbare avec des dragons et des têtes en saillie ; puis des meubles, des ivoires, des bronzes et des grès anciens ; une