‹ Les musées d'AllemagneChapitre 9 sur 62 · CHASSE DE SAINT HERIBERT · texte numérisé non relu

CHASSE DE SAINT HERIBERT

(Trésor de l'église de Deutz, près de Cologne.) — Dessin de E. Rivoalen.

collection de vitraux léguée par M. Boisserée ; une autre de verres de Venise, parmi lesquels on remarque une coupe ornée de fines peintures dans la manière de Mantegna ; enfin d'autres verres provenant de fabriques colonaises dont les produits sont souvent confondus avec ceux de Murano.

io LES MUSEES D'ALLEMAGNE

Mais, quels que soient le mérite ou la rareté de ces divers objets, le principal intérêt du musée consiste surtout dans la collection des peintures de l'ancienne école de Cologne. L'histoire de cet art primitif est malheureusement encore bien peu éclaircie et les recherches faites successivement par les frères Boisserée, par le professeur Wallraf et surtout par M. J. Merlo, n'ont abouti jusqu'ici qu'à un petit nombre de renseignements positifs sur cette école. Les classifications assez arbitraires qu'on a essayé d'y établir ne reposent que sur des analogies plus ou moins formelles entre des œuvres dont le plus souvent les auteurs sont demeurés inconnus. Parfois même, nous le verrons, ces analogies, toutes plausibles qu'elles paraissent, peuvent facilement induire en erreur. A vouloir, en effet, estimer la date d'une peinture uniquement d'après son caractère plus ou moins archaïque, on courrait grand risque de se tromper, ce caractère ayant, dans bien des cas, persisté fort au delà des limites qui d'ordinaire lui sont assignées et reparaissant même longtemps après que des artistes d'un talent supérieur sont déjà parvenus à s'en affranchir. Dans ces conditions, on conçoit quelles difficultés devait rencontrer la rédaction d'un catalogue. Nous n'osons affirmer que le livret et surtout le Guide publié par M. Niessen, le conservateur actuel, soient de nature à satisfaire l'attente du public '. M. Niessen n'est pas seulement peintre et musicien, c'est aussi un poète dont l'enthousiasme a besoin, presque à chaque page, de s'exhaler en de nombreux sonnets dans lesquels il célèbre en vers passionnés les merveilles de sa chère galerie. Nous aurions mauvaise grâce à insister sur la critique de ce léger travers chez un homme en qui nous avons rencontré une si parfaite obligeance, et il en coûte à notre sincérité d'avouer qu'à la place de ces dithyrambes esthétiques, on aimerait trouver, dans un travail de cette nature, des dates, des renseignements précis, des indications bibliographiques, et, s'il était possible, des fac-similés de monogrammes et de signatures. Cela dit, nous sommes heureux de pouvoir louer sans réserve le soin que M. Niessen prend de son musée et la bonne tenue de cette collection. A tout

i. Fùhrer in den geistigen Inhalt der Gemcelde-Sammlung des Muséums Wallraf-Richart^ , von J. Niessen. Kœln, 1877.

prendre, du reste, cet amour un peu exubérant dans sa forme a quelque chose de touchant et nous semble de beaucoup préférable

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