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XXIII. — LE DOME DE SAINT- PIERRE

L'œuvre de Michel -Ange à Rome n'es! pas seul cm oui de peinture et de sculpture, elle est • l'un architecte prêl à tous les plans, à toutes les constructions, à toutes les ornementations. Il a, en 1546, fourni le tracé si rigoureux, si mesuré, si élégant, de la place et des patois du Capitole, apiè> avoir, en 1538, installé sur un socle établi par lui, la statue équestre de Marc-Aurèle le Philosophe, sauvée de la barbarie des premiers âges chrétiens parce qu'on la crul la statue de Constantin le Pieux. Il ;i élevé l'église Santa Maria degli Angeli dans les ruines <\c> Thermes de Dioclétien, et il y ;i ajouté cet admirable cloître lumineux <»ù sont aujourd'hui des statues el des bustes antiques. Il a ouvert dans la muraille de Rome la porte Pia. Enfin, gloire suprême pour son génie el son

Le Dcme de Saint I / m

^ un"*-

caractère, il ;i sauvé les plans

que son ennemi Bramante avait

établis pour Saint-Pierre. On

s;ut les vicissitudes de la grande

église du christianisme et du

catholicisme : vaste basilique

primitive établie par l'empereur

Constantin au-dessus de l'endroit où la légende place le

tombeau de saint Pierre; décor

du couronnement de Charle-

magne ; sans cesse agrandie,

enrichie, puis ruinée ; recommencée en 1452, sur les phi us

du Florentin Bernardo Rossel-

lino, en forme de croix latine ;

promise à la reconstruction complète par Jules II, qui voulait y placer son tombeau ; mise au concours avec choix du plan du Lombard Bramante, en forme de croix grecque et le dôme au centre. Puis, la mort de Bramante en 1514, son plan abandonné ; une succession d'architectes, Giacondo da Yerona, Giuliano da Sangallo, Raphaël, et après la mort de ceux-ci (de 1515 à 1520), Antonio da Sangallo le Jeune (en 1518), Balthazar Peruzzi, en 1520 ; encore de nouveau l'abandon : enfin, en 1547, l'entrée en scène de Michel-Ange, vieillard de ~i'.\ ;m>.<|iii vient d'achever le Jugement dernier et qui reprend Lridée deBramante, et aussi l'idée de BruneNeschi. Il admirait le dôme «le Florence, disait qu'il voudrait être enterré à un endroit <r<>ù il le verrail éternellement. Il disait encore : Je te prendrai, el je h' I dans les airs». Il le fit, c'est l'antique dôme romain qui reparaît, celui du Panthéon d'Agrippa, mais non plus posé sur !<• sol,

Michel-Ange. Modèle m buis iln Dôme '/<■ SI Pierre

projeté, en effet, dans les airs, porté par ses quatre piliers de 71 mètres de tour. On peut étudier son modèle, en bois, façonné par Michel-Ange, dans une des petites chambres des piliers. 11 faut dire aussi que ce gigantesque dôme de Saint-Pierre a 19*2 mètres de circonférence, qu'il s'élève de 94 mètres au-dessus du toit de l'église. De l'intérieur de Saint-Pierre, on le voit splendide, immense sphère lumineuse. C'est le contraire du mystère gothique : ici la clarté du ciel italien se déverse, envahit tout. Du dehors, on le voit mal, on a trahi au xvne siècle le plan de Michel-Ange, et caché par une façade la base de la coupole. Mais de loin, il reparaît, il est l'aérien couvercle de Rome.

Il faut s'arrêter, laisser ce génie universel, peintre, sculpteur, architecte, poète. 11 est un homme, un grand homme humain. On le quitte à regret, avec le respect et l'émotion d'une admiration familière.

Portrait de Michel Ange. Galerie du <:<ipit<ilr.

Chapelle Sixline.

Ornement de la balustrade

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