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LE BANQUIER ET SA FEMME

Jan Matsys.

Photo Giraudon.

David et Bethsabée.

à saint Sébastien, à saint Jean-Baptiste, à sainte Catherine d'Alexandrie, une œuvre importante: La Vierge et l'Enfant Jésus adoré par des donateurs. La Vierge au front bombé, aux gi«bs yeux, au nez long et fin, à la petite bouche, est assise sous un vestibule ouvert ; au dehors, on aperçoit, à gauche, un château ; à droite, une chaumière. \u premier plan, deux groupes : le donateur accompagné de sept bourgeois et de saint Jacques en son costume de pèlerin, et la donatrice, avec douze femmes et fillettes, et saint Dominique en abbé. Jésus regarde le donateur, la Vierge regarde la donatrice.

L'ensemble est d'une construction savante, de masses bien réparties, et d'une riche et grave coloration par la Vierge rouge entre les deux groupes noirs. De Memling aussi, un portrait de Femme âgée, coiffée du haut bonnet, un bandeau sur le front, une guimpe jusqu'au menton, et dans ces blancheurs, un visage au long nez, à la grande bouche mince, aux gros yeux, qui a l'expression d'une passion concentrée.

Autour de ces œuvres pourvues de leur état civil, se groupent d'autres œuvres, parfois anonymes, qui aident à nous faire concevoir la physionomie de l'école flamande au xve siècle. C'est une Salutation angélique, à l'intérieur d'artisan aisé ou de bourgeois, avec le lit rouge, la banquette garnie de coussins, la fenêtre emplie de lumière. C'est le beau portrait d'Homme âgé, et ce sont les portraits significatifs de Philippe le Beau et de Charles-Quint.

C'est un Enfer où se révèle l'imagination enfantine et cocasse qui donnera naissance à tant de Sabbats et de Tentations de Saint Antoine. C'est, surtout, le beau tablean des Noces de Cana, de Gérard David (1460-1523), si curieux de mise en scène, saisissant par le contraste du festin de viandes et de vins avec les visages mornes, attentifs ou sévères. Les temps intermédiaires sont représentés par Jan Gossaert, dit Jan van Mabuse (1478-1536), qui se donna à l'art italien, mais qui est encore au Louvre avec une œuvre flamande, l'expressif Portrait de Jean Carondelet ; Quentin Matsys (1466- 1530), qui reste flamand, soumis à certaines formes de ses prédécesseurs, et en même temps créateur de mouvements, d'expressions, de scènes, qui annoncent une période nouvelle. Le Banquier et sa femme, voilà une œuvre caractéristique par son observation et son arrangement : les deux personnages accoudés à la table, l'homme pesant des pièces d'or, après avoir trié les bagues, les pierres, les perles fines, la femme feuilletant un livre d'heures. C'est un trait

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Inconnu.

Homme âgé.

charmant qui est alors marqué par cette femme laissant en suspens, au bout de ses doigts, la feuille où est peinte une miniature de la Vierge, pour s'intéresser au travail utile de son mari. Tous deux ont les traits pointus, la bouche serrée, le visage sérieux des avares.

De Jan Matsys (1510-1575), David et Bethsabée sont mis en scène d'une façon originale, sans aucun souci de la vérité des personnages : une grande et jolie femme, presque nue, un seigneur bellâtre, deux suivantes qui rient, deux chiens qui jappent, un

fond de ville où les monuments sont vus entre des palmiers et des ifs.

On arrive à Pierre Brueghel le Vieux sans pouvoir suivre au Louvre l'ordre chronologique de la peinture flamande. Brueghel le Vieux (1525-1569) est un maître qui représente la peinture de mœurs, la vie des paysans, des malheureux, des infirmes, et qui la représente supérieurement, avec une ampleur du comique douloureux, et même un goût d'évocation mystérieuse, dont il ne sera pas retrouvé d'exemple. Deux tableaux, les Mendiants et les Aveugles, témoignent de sa verve et de sa précieuse exécution, en même temps qu'ils révèlent le peintre à l'exécution large et facile et l'étrange évocateur d'humanité. Les Mendiants, culs-de-jatte, béquillards, se trament au long d'un mur en briques, cyniques, ricaneurs et satisfaits. Les Aveugles, au premier plan d'un magnifique paysage rustique, s'en vont l'un derrière l'autre, se tenant par la main, s'agrippant à leurs vêtements, se touchant du bâton, et tombent à la rivière du même mou-

vement éperdu et incliné. Leurs faces levées, les orbites emplis de chairs ou vitrés d'une taie, ne signifient pas l'angoisse, mais plutôt la sécurité et la satisfaction. Ils vont béatement où leur destin les attire. C'est une image irrécusable de la fatalité.

RUBENS

La Fuite de Loth.

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