LA SAINTE FAMILLE
Raphaël.
Dalthazar de Castiglione.
au diadème bleu, sont des images délicates de maternité tranquille et saine. La Sainte Famille, dite de François Ier, rassemble Joseph accoudé et regardant, Anne joignant les mains de Jean-Baptiste,
Jésus s'élançant vers sa mère, l'ange qui répand une gerbe de fleurs des champs sur lespersonnages, et c'est la magnificence d'une harmonie de formes et de mouvements. Le Saint Jean dans le déserl a toute la force concentrée du modelé de Vinci, avec la vigueur musclée de Raphaël. Le portrait de Jeune Homme en noir, où l'on a voulu voir longtemps le portrait du peintre, et le portrait deCastiglione,gris et noir, montrent le grand portraitiste, maître de l'expression et du caractère. Une toile qui lui est seulement attribuée. Apollon et Marsyas, est un chef-d'œuvre de grâce antique et de drame humain. En conclusion, si Raphaël s'est assimilé tous les éléments de l'art de son temps, il a su aussi les faire servir à une œuvre nouvelle, où se marque inflexiblement son approche de la nature. Il ne s'est laissé emprisonner dans aucune formule, il a sans ce«se agrandi sa
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Raphaël.
Photo Giraudon.
Portrait de Jeanne d'Araijon.
découverte et voulu la vérité.
Après lui. au contraire, on ignorera la nature, on voudra imiter des formules.
Mais un peintre de Florence, contemporain de Raphaël, vaut d'être mis à part, Andréa del Sarto (1486-1531), esprit rêveur, talent souple et robuste, comme il le prouve dans le groupement de la Sainte Famille où sont réunis sainte Anne, la Vierge, Jésus, Jean-Baptiste et deux anges. Toutefois, sa Charité du Louvre, malgré sa physionomie vigilante et les enfants bien groupés, est d'une facture molle, et la force de l'artiste ne s'y affirme pas suffisante. Agnolo di Cosimo, connu surtout sous le nom du Bronzino (1502-1572), est inscrit aussi à l'Ecole florentine, avec une parenté vénitienne. Il excelle à représenter les personnages en pourpoint noir, au visage pâle, tel ce jeune sculpteur à la physionomie enfantine et sérieuse à la fois qui
Andréa del Sarto.
Plmi» Giraudon.
Sainte Famille.
tient une nudité de marbre de ses mains fines et blanches. De la même école, ;Bastiano Mainardi, qui vivait vers 1500, et qui a découpé et modelé à ravir, sur un fond d'architecture ajourée, la Vierge et V Enfant, une madone pâle et blonde, entourée d'anges porteurs de lys, semblables à d'espiègles" enfants de chœur, un Jésus joufflu, demi-conscient de son rôle.
La vierge abaisse de doux regards timides vers un petit saint Jean-Baptiste trop en chair. C'est une des manières des artistes italiens, depuis l'Angelico jusqu'à Raphaël, de représenter Marie, mère du Christ, comme une très jeune mère soucieuse, un peu embarrassée, et même effrayée de son rôle. Celle-ci, d'ailleurs, est délicieuse en ses magnifiques atours, exquisement coiffée sous son auréole. Le Louvre possède aussi de Mainardi le portrait d'un jeune homme aux cheveux bruns, coiffé d'une calotte, et un portrait de jeune femme, de physionomie calme,
Bronzino.
Ph0to*Gîraudon.
Portrait d'un sculpteur.