MILON DE CROTONE
Girardon, on peut voir quelques-uns de ceux qu'il employa à Versailles, artistes de haute valeur qui comprirent à merveille l'esprit de l'œuvre à laquelle ils étaient associés: Pierre Legros, avec les Termes des Quatre Saisons qui proviennent de Saint Cloud ; Van Clève, et son Pôlyphème, morceau de réception à l'Académie; Martin Desjardins, ses basreliefs de la statue de Louis XIV, place des Victoires, et ses bustes très-beaux de Mignard, Hurtrelle, Lepaultre, Edouard Colbert, marquis de Villacerf, à l'air engorgé, important, i m i t é de Louis XIV.
Nous trouvons J.-B.
Tuby et Le Hongre associés avec Coysevox pour le Tombeau de
COYZEVOX.
Le Duchesse de Bourgogne en Diane.
Mazarin. Celui-ci, Antoine Coysevox (1640—1720) est tout à fait
un grand artiste. Le sentiment de la Renaissance française est resté en lui, très noble, très fin, avec le M a z ar i n.
Les figures de la Prudence, de la Paix, de la F i d é 1 i t é, réunies autour du rusé Italien, sont plus m i è v r e s, plus convenues. Et le sentiment de la Renaissance a p p a-
pnrrrT Persêe délivrant Andromède.
■ • rait encore
âpre et fier, par le buste du Grand Condé que Ton peut placer auprès des portraits de Jean Goujon et de Germain Pilon: toute
la destinée du vainqueur de Rocroy est écrite sur le visage bilieux et sauvage, au profil coupant d'oiseau . de proie. Quelle fièvre marquée au dessin de cette bouche épaisse, de ces narines largement ouvertes, de ces yeux démesurés! Le sculpteur d'un tel buste est un voyant. Et ne l'est-il pas encore lorsqu'il fait de Charles Le Brun le buste magnifiquement décoratif par les plis du manteau, l'arrangement de la perruque. Ce qui n'exclut pas le ferme dessin des traits, leur prudence et leur finesse.
Et n'est-il pas le voyant de lui-même avec son propre portrait, qui explique si. bien ses œuvres: grosse tête pleine d'intelligence et de bonté, grosse face où luit et frémit l'œil perspicace?
Le Coysevox de Versailles est aussi visible au Louvre par la Nymphe à la coquille, par la Vénus accroupie, par le Berger et le petit satyre, par Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bour-