‹ Les musées d'ItalieChapitre 27 sur 28 · TURIN. . XV · texte numérisé non relu

TURIN. . XV

celle de Jean Weenix, Ce genre intéressant et nombreux est d'ailleurs dignement représenté par une Prairie avec quatre vaches de l'inimitable Paul Potter, et par un bel échantillon de nature morte du vigoureux Jean Fyt.

Outre son musée, Turin possède encore une Accademia délie Belle- Arti, où se trouvent quelques autres morceaux de peinture,, une Madone d'Andréa del Sarto, un Saint-Jean Baptiste de Francia, un Satyre de Rubens, etc. , ainsi que d'assez nombreux cartons de Gaudenzio Ferrari et de sa petite école, qui, par la naissance du maître, se rattache au Piémont.

En cela semblable à la galerie du Palais Pitti, la Reale Galleria de Turin ne contient que des ouvrages de la peinture, et la statuaire semble en être exclue. A cette proscription systématique on ne pourrait, en effet, citer qu'une demiexception, car si la sculpture s'y montre en une seule de ses œuvres, encore est-ce dans une espèce de tableau de marbre, un bas-relief représentant la Madone avec le saint Enfant. Ce bas-relief est du même auteur que le saint Georges et le Zwccone de Florence, l'illustre Donatello. C'est au musée des antiquités qu'il faut chercher quelques fragments de la statuaire antique : un Amour endormi sur la peau du lion de ÎNémée, une statuette de Pallas, une tête d'Antinous en Bacchus, quelques bustes d'empereurs romains , une belle mosaïque, où l'on voit Orphée charmant les animaux, qui fut trouvée à Stampace, bourg de Sardaigne, en 1766, et plusieurs vases d'argile , dans le genre des vases étrusques , provenant en général des ruines de Pallenzo en Piémont. Ces vases auraient donc été fabriqués au nord de l'Etrurie proprement dite, tandis que c'est, tout au rebours, du midi de cette contrée, de la Basilicate et de la Pouille, l'ancienne Grœcia Magna, que proviennent les vases plus beaux et plus célèbres de Cerveteri et de Nola.

Cette collection d'antiquités 'serait bien faible , en Italie surtout, si elle ne contenait que ces rares débris d<i

Xvi LES MUSÉES D'iTALIE.

l'art grec, étrusque et romain. Mais heureusement qu'en une autre partie, elle reprend l'avantage, au point de n'avoir plus à redouter aucun parallèle. Je veux parler du musée égyptien, formé par un consul de France au Caire, M. Drovetti, et acquis tout entier, en 1823, par le roi de Sardaigne. Ce musée épyptien est certainement le plus riche de l'Italie, le seul même qui mérite un tel nom, et, s'il faut lui chercher d'autres points de comparaison en Europe, nous dirons que, seulement surpassé par ceux du British Muséum à Londres et du Louvre à Paris, il égale au moins la collection égyptienne du château de Montbijou à Berlin. On y trouve plusieurs statues, soit des dieux, — entres autres Ammon-Ra (Jupiter Ammon), — soit des Pharaons, — entre autres Toutmès Ier, Toutmès UI (Mœris), Aménoph (Memnon), Ramsès 111 (Sésostris) , — et presque deux cents stèles, ou tables funéraires, qui sont de vrais tableaux sculptés ou peints sur la pierre calcaire, et qui souvent réunissent la peinture à la sculpture en relief. On y trouve aussi de nombreux manuscrits sur papyrus, autres peintures en hiéroglyphes, ainsi que la fameuse Table isiaque, en bronze, qui, depuis Je pape Paul III, fut le sujet des études et des conjectures d'une foule de savants, Kircher, Montfaucon, Jablonski, Winckelmann, et qui, reconnue par Champollion pour une simple imitation, un simple pastiche des arts de l'Egypte fait sous Adrien, a perdu, comme notre zodiaque de Dendérah , tout son prestige et toute sa célébrité. A l'égard de ces diverses antiquités égyptiennes de Turin , je prie le lecteur de vouloir bien se reporter aux notions élémentaires dont j'ai fait précéder la description des musées égyptiens à Londres et à Paris *; elles lui seront un guide utile pour visiter avec fruit et commodité ce monde exhumé des hypogées de la vieille Egypte.

1 Vol. des Musées cV Angleterre , etc., seconde édition, pages 55 et suiv., et vol. des Musées de France , Paris, pages 404 et suiv.

Paris. — Imprimé chez Bonaventure et Ducessois, 55, quai des Augustins

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