‹ Les musées de la Ville de ParisChapitre 13 sur 14 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

prendre la lèle du mouvement artistique et de provoquer l'éclosion de tous ces monuments ou châteaux qui existaient autrefois. Pour quelques esprits épris d'art, qui s'imposent, malgré leurs grosses fortunes, des sacrifices constants en vue de l'encourager et de le faire travailler, combien se contentent des produits de la fabrication moderne in fui iment plus économique !

Cette première source de production étant dcAenue insuffisante, force est donc de recourir à l'Etat ou aux grandes Yilles, à la fortune publique. Quels seront alors les endroits où ces Mécènes impersonnels pourront convier l'art à s'employer?

Le nombre en devient singulièrement restreint. Les églises, les théâtres, les bibliothèques, les mommients, et fatalement les musées pour les collections anciennes, édifices qui ne peuvent contenir que tout ce qui a trait à la vie publique. De là ce caractère imprécis, ce manque de côté pratique, puisque les artistes n'ont eu comme but que de faire des œuvres d'exposition en public et non pas de penser qu'on peut leur donner une forme et une destination qui les feraient rentrer dans leur objet courant de la vie privée.

Plus les choses iront et plus cette idée se développera : qu'il n'est point de salut hors des commandes officielles. Pour remédier h une situation qui tendrait à localiser les productions artistiques dans la catégorie des pièces de musée et pour redonner l'essort que l'on a constaté dans tous les siècles, l'Etat ou les grandes Villes, qui, par la force des choses, se trouvent élevés à la dignité de Mécènes, ne devraient-ils point remplacer l'œuvre entreprise par l'initiative privée d'autrefois et favoriser largement ce qu'on pourrait appeler l'art courant?

Ici encore, l'utilité du musée s'impose, tout différent pourtant de ceux déjà existant : exposition pratique des choses de la vie; éducation populaire artistique déjà commencée, à développer sur de plus larges bases; élégance et cachet donnés à tout ce qui nous entoure; création

d'un style moderne, voilà tout un programme étendu. 11 est facile de répondre que ces musées existent. En principe certainement, mais non point dans l'exécution, c'est-à-dire qu'on est arrivé dans l'art industriel. Ici qu'on le comprend actuellement, à déguiser sous des aspects très esthétiques des objets de la vie coui'anle, mais que le résultat a été de leur enlever leur caractère usuel, d'en l'aire des objets de vitrine, résultat diamétralement opposé à celui que l'on cherche.

Quaut aux autres musées, leur existence n'est pas moins indispensable. Peut-être l'agencement des galeries et des collections donne-t-il lieu à des controverses, et déjà à l'heure actuelle, un nouveau mouvement se dessine, qui tend à donner à la Façon d'exposer les chefsd'œuvre, les caractères de la reconstitution, en groupant pour une même époque, toutes les manifestations de l'art. Mais l'essentiel est de savoir où trouver ces chefs-d'œuvre du passé.

Et môme, à l'heure actuelle, malgré la richesse de nos musées nationaux, nous avons encore beaucoup à tenter pour leur développement. La connaissance approfondie des maîtres étrangers, et de leurs œuvres, non seulement de celles qui sont exposées publiquement, mais surtout de celles qui pourraient être achetées, serait fort utile et rendrait de grands services, ainsi que la recherche des chefs-d'œuvre du génie national, qui se sont répandus à l'étranger et qu'il serait désirable de faire revenir en France.

Quelles qu'aient été les fortunes des diverses civilisations, brillantes ou obscures, durables ou éphémères, le temps est toujours survenu qui a fini par tout niveler. L'histoire elle-même, qui en est restée, n'offre dans son essence rien d'absolu, contredite souvent, établie sur vingt bases différentes, impossible à contrôler même avec les puissants moyens d'investigation de l'érudition moderne. Les idées aussi subissent constamment des évolutions. Une seule chose survit, l'art, fondé sur le culte de la nature et de la beauté, l'art dont la flamme se

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