CONCLUSION. 9Ô
sion, ne pourrait-elle mellre, tous les ans, une somme, prise sur le budget des Beaux-Arts, à la disposition de l'Inspecteur des Beaux-Arts de la Préfecture de la Seine. En effet, il arrive, à chaque instant, qu'une occasion se présente qu'il faut saisir au vol, c'est un marchand qui possède une œuvre d'art curieuse, c'est une vente d'atelier d'artiste, ce sont, enfin, toutes les petites expositions qui s'ouvrent, en si grand nombre, tous les ans à Paris et dans lesquelles peut se trouver une peinture ou un morceau de sculpture intéressant. Je sais bien que, la plupart du temps, elles ne méritent pas d'attirer l'attention de la quatrième Commission, mais, il peut arriver aussi que lorsqu'une bonne aubaine se rencontre, le temps qu'elle soit signalée et qu'on ait, pour en profiter, la sanction de la quatrième Commission, l'occasion est déjà loin.
C'est afin d'obvier à cet inconvénient, qu'il semblerait utile de mettre à la disposition de l'Inspecteur des Beaux-Arts de la Préfecture de la Seine, une somme relativement de peu d'importance et dont il pourrait disposer immédiatement, en cas de besoin. C'est une délicate question de confiance, mais qui a pourtant son importance. D'ailleurs, le contrôle sur le mérite et le prix des œuvres achetées ainsi, sous la pression de l'occasion, se ferait facilement d'une année à l'aulre.
Conclusion
Souvent on a formulé, contre les musées el l'état d'esprit que leur formation et leur développement ont créé, des critiques sévères. On a pu soutenir, jusqu'à un certain poini, qu'ils n'avaient pas atteint le double but qu'ils doivent poursuivre : assurer la connaissance des maîtres
d'autrefois, et perpétuer la tradition. On en est même arrivé à cette constatation que le musée, au lieu d'être le temple de l'art, n'était plus devenu, la plupart du temps, que la consécration du bibelot, c'est-à-dire de toutes les productions qui, tout en présentant au point de vue de l'exécution un caractère artistique, sont souvent, sons le prétexte de faire de l'art pour l'art, des merveilles d'inutilité ; on reproche aussi aux musées de contenir une autre sorte de bibelot, l'objet, ou le tableau, ou la statue qui arraché h son milieu, à l'ensemble qu'il contribuait à embellir, perd tout son caractère.
Sans doute, jusqu'à la fin du siècle dernier, la façon d'envisager les arts avait permis de créer cette grande harmonie dans les ensembles qui est la caractéristique de la beauté.
La richesse, concentrée entre les mains d'une classe peu nombreuse, servait à rétribuer les artistes en tout genre, qui, chacun dans leur spécialité, contribuaient à embellir les demeures des seigneurs, des rois ou des privilégiés de la fortune.
Mais ces castes étaient composées de personnalités bien vivantes, qui s'efforçaient de donner à tout ce qui les approchait un cachet d'élégance. De là vient que, les objets les plus usuels, tout ce qui nous entoure dans notre vie privée était le sujet de travaux et de recherches de la part des artistes, même les plus en vue. Ce caractère d'utilité, de participation à une œuvre commune, qui dominait dans l'esprit de tous, architectes, peintres, sculpteurs, décorateurs, tapissiers ou autres, aida puissamment à créer ces chefs-d'œuvre où tout est à sa place et dans son cadre.
Ainsi préoccupés par ce seul souci, les artistes, on le conçoit aisément, n'avaient point l'idée de créer la pièce de musée, la généralité.
Est-il encore possible de nos jours de revenir à ces règles et les conditions de la vie moderne n'ont-elles point tellement changé, qu'on ne puisse plus les appliquer? C'est fort probable. La répartition actuelle de la richesse fait que la fortune particulière n'est plus susceptible de