‹ Les Musées de MadridChapitre 44 sur 49 · OBJETS DIVERS · texte numérisé non relu

OBJETS DIVERS

Il faudrait signaler encore bien des armes et objets du plus haut intérêt artistique et

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archéologique, comme ces séries de pistolets ,Inm „ A A e ,

r (Lame allemande de Solingen.)

de guerre de l'empereur Charles-Quint. Certains sont très simples; d'autres, au contraire, très ornés, gravés, damasquinés, avec leurs fûts incrustés, leurs tonnerres ciselés aux armes d'Espagne, montrent la perfection déjà atteinte par l'industrie de l'arquebusier. Les batteries à chenapan, — ce sont celles dont le chien, portant un silex, est monté à l'opposé de celui en usage aujourd'hui, — sont d'un merveilleux travail. Des doubles pistolets nous montrent leurs canons superposés, et, comme si cette complication n'était pas suffisante, une de ces armes dégage de son fût une hache d'armes du plus beau travail. Dans le catalogue illustré, toutes ces armes, ainsi que les arquebuses, sont figurées avec leurs étuis de cuir noir, en forme de carquois, au couvercle desquels sont attachés un ou deux sacs de peau pour mettre les munitions. Ces intéressants spécimens de la maroquinerie du xvie siècle ont malheureusement été détruits, et cela est d'autant plus fâcheux qu'on n'en connaît pour ainsi dire pas d'exemplaire et que, pour l'origine des fontes, on en est réduit à consulter les gravures de quelques ouvrages du xvie siècle qui ne brillent pas absolument par la minutie du rendu. 11 faut signaler, du moins, un objet en cuir du plus haut intérêt : c'est la litière de campagne de l'empereur Charles-Quint, sorte de massive malle en cuir, en forme de traîneau ou de berceau lapon, dans lequel l'omnipotent conquérant se faisait transporter au cours de ses dernières guerres, lorsque la goutte ne lui laissait pas de repos.

Nous voudrions pouvoir parler aussi des armes d'hast, de la série des lances, collection riche entre toutes, des épées et des pertuisanes, parmi lesquelles celle que Charles-Quint portait à la chasse et qui fut longtemps connue, on ne sait trop pourquoi, sous le nom de bâton de Pierre le Cruel. Il y a peu d'années encore, M. P. Lacombe ' décrivait ainsi cette arme : « Ce bâton, déployé, a plus de sept pieds de long, mais on peut rabattre les deux branches latérales sur la grande lame centrale, et les trois ensemble sur le bâton, qui n'a alors que trois pieds et demi »; et il la classait 'parmi les armes blanches orientales, sous la rubrique précitée, en la datant par conséquent du xive siècle.

Il faudrait parler encore de bien des armures d'homme et

l. P. Lacombe, Les Armes et les armures (Bibliothèque des Merveilles); Paris, 1886, p. 227, fig. 50. Cet ouvrage, bourré d'erreurs, a rendu les plus mauvais services en vulgarisant les données les plus fausses. Une armure de l'extrême fin du xvic siècle (fig. 29) y est donnée comme ayant appartenu à Charles le Téméraire, etc.

de cheval ayant appartenu à de simples hommes d'armes, des séries de corselets, de morions, de casques de toutes sortes, des boucliers, parmi lesquels des pavois anciens de la plus grande rareté et des rondaches du plus fin travail, comme celle qui fut exécutée par le célèbre Ghissi de Mantoue, qui l'incrusta d'or avec la plus grande richesse (D. 94). Disons un mot en passant de deux superbes présentoirs ayant appartenu à Philippe II : ce sont de larges couteaux à lame parallèle, obtuse, destinée à recevoir la tranche de viande que l'écuyer tranchant détachait de la pièce. C'était sur cette vaste lame que l'on présentait la viande au convive qui la recevait, d'abord suivant l'ancien usage sur un tranchoir de pain, puis plus tard sur son assiette. Ces présentoirs ont été montés par des orfèvres flamands d'une façon digne du souverain à qui ils étaient destinés ; leurs manches dorés et émaillés sont du plus fin travail.

Telles sont, sommairement décrites . les principales richesses archéologiques de l'Armeria de Madrid.

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