VII. — (iOVA
Mais non! le drame nest pas fini. Il y a un épilogue. Vn petit homme surgit, séîance sur la barricade, escalade les pavés, dégringole en vomissant d'effroyables blasphèmes, court en avant, rattrape le dernier inquisiteur qui se glisse le long des murs et lui tire à bout portant une balle avec un mauvais pistolet de poche. La soutane flambe!
11 échangera plus tard son mauvais outil contre une arme de précision, de fabrication anglaise, d'un bon faiseur: Hogarth. Raide
et froid, en apparence, mais la bouche serrée et Toeil étincelant, il va faire des dessins et des cuivres, comme il ferait des cartons de tir. Seulement, les balles pointues traversent le carton et vont se loger dans la peau des gens.
(?est Goya, un des plus terribles ironistes de Tari. 11 n'a pas
la hauteur d'éloquence et de mépris de Ju vénal ou de Suétone, le coup de fouet aristocratique dont Aristophane enveloppe la bête humaine, mais il est de leur famille. Ce n'est pas Rabelais, La Bruyère, Swift, le Neveu de Rameau, mais il a parfois Taccent de leur voix. 11 fait songer aussi à Callol, à Hogartlî, surtout à Chamfort, en pleine crise d'accidents cutanés.
Mais Chamfort, même enragé de souffrances, lime son travail en artiste patient jusqu'à ce qu'il lui ait trouvé sa forme définitive. (îoya ne cherche pas à faire une prouesse d'artiste. Il vise au ventre Thomme qui passe et l'abat. C'est un révolté irréductible. Chamfort, découragé de l'action, veut se tuer, se met en lambeaux. Goya, assailli, traqué dans son réduit, se réfugie à Bordeaux, lutte jusqu'à la fin, jusqu'à quatre-vingtdeux ans. C'est à peu près à cet âge qu'il a été peint par Lopez» armé de sa palette et de ses brosses, le visage pensif et combatif. Francisco Goya y Lucientes (1740—1828) était né à Fuendetodos,