PHILIPPE II
étapes de sa longue carrière. On assiste à rascension lumineuse de son art, qui passe comme un soleil au-dessus de 1 Adriatique et de Venise, depuis les premiers l'eux clairs de Taurore jusqu'à la pouri)re radieuse du couchant. Le portrait d Alphonse dlish\ duc de Ferrare, qui iiit répoux de Lucrèce Borgia, seigneur bellâtre, d'aspect plutôt débonnaire, velu de violet et d'or, a été peint en lôKî, donné à (Charles- Quint en loliO. Les portraits de Titien, s'ils n ont pas toujours la profondeur psychologique, la marque incisive du caractère, ont toujours haute et belle allure de réalité, même ce Cheimlier de Malte, d'air un
peu bênet, le visage et la tète fourrés d'une barbe et de cheveux noirs. Mais lorsque Titien se trouve en face d'un modèle tel que Charles-Quint, il ajoute vraiment à la magniiicence de son art la force de la vérité et le frisson de l'Histoire. Le Charles-Quint qu'il peignit à Bologne de 1531 à 1533 est de grande allure et d'étrange
Maxtkgna.
La Mort de la Vierge,
physionomie. L'Empereur, en costume de seifïiieur, a la toque sur la lete, le court manteau à revers de fourrures sur les épaules. Une main accrochée à son poignard, Taulre tenant un énorme dogue par le collier, il est debout, plein d'assurance, et montre un visage aux yeux tristes, à la mâchoire terrible, cette mâchoire proéminente qui projette en avant la lèvre inférieure. Cette avancée de la mâchoire, celte bouche béante, on les retrouver a chez les princes de la maison d'Autriche, mais avec de plus en plus de mollesse el d abandon. Ici, c'est le type premier qui apparaît dans sa force^ avec toute Ténergie de son instinct et de son ambition.
Dix-sc])! ans plus tard, en 1548, lorsque Titien, âgé de soixanteonze ans, mandé i)ar (Charles-Quint, se rendra à Augsbourg où se réunit la Diète, il fera une effigie encore plus étonnante de TEmpereur, qui lui demandera son portrait équestre, avec le costume ciu'il portait à la bataille de Muhlberg. Le cheval, un alezan brûlé,
harnaché de rouge, la tête ornée d un plumet, comme le casque du cavalier, semble sortir d'un bois dont on aperçoit les sombres verdures. Charles, bien en selle, tenant de son gantelet de fer la lance en arrêt, couvert d'une armure noire et [damasquinée, la poitrine traversée d'une écharpe rouge, est une apparition menaçante de l'homme de guerre. Il barre le chemin et il va foncer sur Tadversaire. Le visage est le chef-d'œuvre [de Titien portraitiste. Vieilli, la barbe grise.
\.F. TlTIKN.
i'n Chevalier de Malte.
ECOLE ITALIENNE
OF
LE TIllEN