‹ Les musées royaux de Berlin: Guide pour visiter les galeries et lesChapitre 10 sur 185 · LES FRESQUES UV PORTIQUE · texte numérisé non relu

LES FRESQUES UV PORTIQUE

La longueur de la façade principale est (nous Tayons déjà dit) de 276 {Àeds 3 pouces.

Tout rédifice a une largeur de 170 pieds 4 pouces. y compris les deux cours à Tintërieur qui ont 67 pieds de long sur 52 j pieds de large, le Musée occupe une superficie de près de 47000 pieds carrés.

Le rez-de-chaussée a 12 pieds 3 pouces de haut; le premier étage 20 pieds 7 pouces, le second étage 28 pieds 3^^ pouces; la hauteur depuis le pavé de la rue jusqu'au bord supérieur de lentablement principal est de 61 pieds 4^ pouces, celle du Musée — y compris la coupole — est de 83 pieds 4^^ pouces. Les colonnes du frontispice ont près de 40 pieds de hauteur et 4^^ pieds de diamètre. Les autres dimensions, et notamment celles des localités à Tintérieur, seront indiquées plus bas.

Les fresques dn portique.

Elles ont été exécutées, sous la direction de Pierre de CornéUusy par plusieurs artistes sur les dessins en aquarelle fûts par Schinkel et qui sont conservés dans la collection dite „ Musée de Schinker. Les deux grands tableaux longitudinaux ainsi que les deux tableaux latéraux, formant le rang supérieur, sont exécutés en peinture à fresque; les 28 tableaux plus petits du rang inférieur sont peintes à la manière stéréochromique. La partie technique de la peinture à fresque est d'une invention italienne d ancienne date. Elle offre dans son exécution de grandes difficultés et consiste en ce que les couleurs sont posées sur de la chaux fraîche qui, par conséquent, est appliquée au fur et à mesure et comme de la mosaïque selon la forme et les dimensions des parties à peindre. — Dans le cas actuel la peinture de ces grands panneaux offraient encore des difficultés particulières parceque les peintres ne pouvaient pas travailler directement d'après les aquarelles de Schinkel; ils étaient forcés de dessiner eux-mêmes les cartons très détaillés dans les dimensions des tableaux à peindre. La stéréochromie ou la peinture à „8i-

6 us, VIEUX MUSÉE COMME ÉDIFICE ET DANS SON ORNEMENTATION.

licate* diffère de la peinture à fresque en ce que les couleurs ne sont pas appliquées sur de la chaux encore humide, ce qui, la chaux séchant trop vite, rend le travail très difficile. Dans la stéréochromie on enduit le panneau à peindre complètement de chaux, on le frotte lorsque la chaux est sèche afin d'obtenir une surface granuleuse et Ton y applique des couleurs à gouache composées de ^matières qui ne se combinent pas avec Tacide silicique qu'on emploie pour fixer les couleurs. Pendant le travail on entretient le mur dans un état d'humidité continuelle en l'arrosant avec de l'eau distillée et lorsque la peinture est achevée on l'arrose avec une solution de silice, dite «silicate*, qui donne à la surface une consistance lithoïde. — Ce procédé, inventé par le conseiller supérieur des mines W de Fuchs et par le peintre M' le professeur Schlotthauer à Munich, a été pour la première fois employé par Kaulhach dans la cage de l'escalier du nouveau Musée.

A. Les fresques du rang sapériear

forment dans leur ensemble pour ainsi dire une préface ou une introduction illustrée à l'étude des monuments d'art réunis dans le Musée. La direction artistique qu'avait prise Schinkel reposait exclusivement sur des bases classiques ; aussi cette composition d'ensemble est -elle faite d'après des motifs de l'antiquité. Prise en général cette composition rend l'idée que l'activité de la vie artistique est le résultat du perfectionnement de la culture humaine. C'est ainsi que nous voyons passer devant nos yeux dans des figures vivantes les différentes phases du développement cosmologique d'un côté et du développement anthropologique de l'autre. Les fresques cosmologiques occupent le côté gauche, les fresques anthropologiques le côté droit de la muraille du portique: là: la naissance et l'organisation des forces du monde depuis le chaos jusqu'à la création de la lumière du jour, ici: la naissance et l'organisation de la culture et de la moralisation humaines. Le commencement et la fin des deux rangées de peintures sont formés par les deux panneaux carrés qui se trouvent

LES fre8<)i;es du portique. 7

aux étroites murailles transversales de la galerie. Nous commençons par

1*" lie petit panneau transversal » 9»ache

^ui se trouve au bout du portique. (La peinture est exécutée par C. Sturmer). Les forces du monde primitif à l'état de formation. Les étoiles se tournent en danse nocturne autour de rUranus, le plus ancien des Dieux des Grecs; le zodiaque «ternel sous forme d'une bande irisée leur sert de limite. Le mouvement se développant du calme chaotique autour du centre -éternellement en repos, fait allusion à l'amour créateur, étant le commencement primitif de l'univers.

2*^ lie leng^ panneau latéral k yauehe (exe-

-cuté par C Herrmann, C. EggerSj G. P/annensckmidt, ff. Schuiz, F, Sckadow et d'autres). Le mouvement remplaçant le repos, est donc premièrement un principe de destruction: Saturne chasse Uranus du trône et avale ses propres enfants. Mais les forces négatives ne font que donner l'impulsion à ce mouvement ; il ne s'accomplit que par les forces positives et créatrices. Au moment où Jupiter créo la lumière, Saturne, c'est-à-dire le chaos nocturne agité ou la destruction absolue, se retire dans l'obscurité sur un char trainé par deux monstres, tandisque deux Titans s'opposent vainement à l'invasion de la lumière universelle. Jupiter commence à préparer la lumière vivifiante et à créer le jeune monde. Les dioscures sont les premiers dispensateurs de la lumière du jour; Silène, la dispensatrice virginale de la lumière nocturne, s'élève dans un ehar traîné par deux vaches, — symboles de la fécondité — sur l'ancienne nuit représentée sous forme d'une gigantesque figure féminine, qui va se blottir sous le voile de l'obscurité tenu par des génies. Autour d'elle reposent ses enfants; Vart naissant, une figure féminine appuyée sur une lyre, Vamour représenté par des couples amoureux pris par le sommeil; les rêves appelés à se réveiller par le jour naissant, Vamour maternel dormant, réveillé par le travail et la moisson. La guerre est voilée par un génie féminin, afin qu'elle ne se réveille pas trop tôt et ne trouble pas le jeune monde par le

8 LB VIEUX MUSÉE COUJIB ÉDIFICE ET DAKS SON ORSSMBNTATIOH.

cliquetis des armes et les cris de bataille. La paix par contre se balance gaîment, accompagnée par deux Muses virginales. Le génie de la fécondité verse de la pluie sur la terre afin que la vie se réveille. En effet, Tesprit et la science se dévelof^nt; an génie sonde les ifurofondeurs. Cependant les esprits envieux de la nuit ne se sont pas encore apaisés; ils s'élancent contre le monde naissant du jour pour répandre le malheur et la confusion. Un des génies célestes, efirayé par les esprits malins, laisse tom^ ber la cruche, d*où il verse la rosée sur la terre, mais les autres continuent tranquillement à répandre la semence et la poussière séminale sur le sol remué. — Voilà le coq qui annonce le jour naissant avec lequel commencent aussi les soucis; un couple de jardiniers indique la culture de la terre, tandisque la tendre mère protège son enfant contre les créatures nocturnes. Dan» les airs des en&nts célestes, à demi cachés par des nuages du matin, saluent par un choeur de harpes le lever de Tastre du jour. Vénus, étoile du matin, précède le soleil sous forme d'une figure rayonnante; derrière elle Eros tendant Tare, à qui elle indique sa mission sur la terre. L'espérance et la confiance, deux figures de femme, regardent, P Amour, tandisque deux autres figures tendent langoureusement leurs bras vers le resplendissant Soleil qui s'élève de la mer, fier et superbe, sur son char attelé de quatre chevaux fougueux pour répandre la lumière sur l'univers. Sous lui des cygnes sacrés, conduits par des génies enfantins, devant lui les Grâces qui embellissent la vie et l'égaient.

Le but est atteint: le Monde, sorti de l'immobilité chaotique et de l'obscurité engourdie, s'est éveillé au mouvement organique et à l'organisation lumineuse. Le macrocosme de la vie est créé. A présent commence le développement du microcosme, c'est-à-dire de la culture essentiellement humaine dans la création universelle.

3^ lie lony panneau Internl k droite (exécuté

par Eggers, Stûrmer, Schultz, Sehadow, R, Elster et G, Eich), Les différentes phases du développement de la culture humaine paraissent ici symboliquement mises en parallèle avec les quatre

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temps du jour et les qaatre saisons, savoir: Le matin, le printemps, Teniance; — le midi, Tété, la jeunesse-, — le soir, l'automne, Tâge Tiril; — la nuit, Thiver, la yieillesse.

Z« printemps de la vie commence par une figure de la tradition obscure qui indique le mouvement circulaire de tout de» veloppement, représentant pour ainsi dire le chaos nocturne de l'histoire; la Sibylle prédit, en le gravant sur des feuilles de palmier, Tavenir qui se groupe derrière elle; — elle ne voit pas le nouveau monde, puisque ses regards sont constamment tournés vers le passé ténébreux; — des peuples pcisteurs reposent près de leurs troupeaux, des chasseurs descendent des montagnes. Déjà la Muse et Psyché tendent des cordes sur la lyre dans la chaumière du poète. La lutte, à laquelle le peuple prend part, commence, tandisque la Victoire dirige la main du vainqueur. Le génie poétique juvénil inspire ses lèvres pour le chant; des jeunes gens lui préparent avec tendresse des raffraichissements. A côté on voit le premier essai dans l'art de peindre: un jouvenceau dessine sur un rocher le profil de sa bien-aimée dont la tête est soutenue par une de ses amies.

Uété de la vie nous montre les plaisirs et les jouissances de l'âge juvénil. Un jeune guerrier est rafraichi par une Nymphe qui l'enthousiasme pour de belles actions. Un pasteur repose auprès de son troupeau, tandisqu'un garçon accompagne sur la flûte la lyre d'une chanteuse. Jeu folâtre avec la fantaisie: une jeund fille arrose une Nymphe qui puise de l'eau. Le milieu du panneau qui est aussi le centre de la composition, est occupé par JBRppocrène, l'intarissable source de l'imagination, qui naît sous le coup de pied du cheval ailé Pégase, et se jette, caressée par des Nymphes, dans la fontaine, où l'homme puise son inspiration. Derrière le Voile de THippocrène regardent les Déesses du destin, qui tournent le fuseau et tranchent le fil de la vie humaine; elles sont entourées de figures riantes, représentant ainsi Tinfluence de la douceur sar le destin inexorable. Des créatures bienheureuses nagent dans l'élément du beau. Des forêts lointains on entend de la musique; un pasteur, entouré de sa

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