‹ Les musées royaux de Berlin: Guide pour visiter les galeries et lesChapitre 138 sur 185 · HOMÈRE ET LES GRECS · texte numérisé non relu

HOMÈRE ET LES GRECS

ée nouveaux principes d*anthropolo^e et de théologie. Deyant lui: Hésiode représenté comme vieiilard, dont les chants racontent encore les combats • des Titans et la naissance des nouyeaux Dieux; à côté d'Hésiode les plus célèbres poètes dramatiques de la Grèce : Eschyle, Sophocle et Euripide. Plus loin : le spirituel Aristophane et le poëte lyrique Pindare. Au premier plan: Périclès, le grand homme d'Etat et grand viveur à la fois, tenant d'une main la coupe couronnée, de l'autre s'appuyant, en la caressant, sur la tête juvénile d'Alcibiade, son favori (la grandeur du capitaine et l'amour des Hellènes pour les jeunes gens). A gauche dans le coin: le poëte Bakis, plus loin Selon, qui se penche en avant et le sculpteur Phidias occupé près de sa statue d'Achille, levant ses regards vers les Dieux de l'Olympe qui, sur l'arc d'Iris, se rendent au temple nouvellement bâti; l'Amour précède les trois Grâces qui sont suivies des neuf Muses, conduites par Apollon, puis Zeus et Héré, Mercure, Pallas, Vénus, Mars etc. L'arc d'Iris sort de la vapeur produite par les sacrifices sur l'autel entouré de guerriers qui dansent, et s'appuie de l'autre côté sur le toit du temple. Deux des guerriers, ainsi que le Demos, formant un groupe de chasseurs, de pâtres, de pêcheurs, auxquels se joint un Faune, habitant des bois, se sont réunis de l'autre côté du chantre Homère et prêtent l'oreille à ses chants. Tout -à- fait sur le devant du tableau: Thétis, la mère d'Achille, tenant l'urne cinéraire de son fils, les Néréides menacées par les cygnes (Hélène, dont la séduction par Paris avait été la cause de la guerre de Troie chantée par Homère, était la fille de Léda). Il faut encore citer la sombre figure d'Orphée, ce chantre qui, placé au milieu des artistes et des poètes, représente l'époque passée ante - homérienne des Eumolpides.

8. *Les deux arabesques des pilastres qui forment le cadre du tableau, se rapportent aux idées mythologiques {,à gauche) des Egyptiens, et (à droite) des Grecs.

C'est l'harmonie sentimentale de l'humanité, c'est-à-dire le sentiment du beau qui forme le principe vivifiant de l'antique

172 LE NOUVEAU MUSÉE: LES PEINTUBES MURÂLB8 DE KAULBÂCH.

Grèce. Isis donc étant considérée comme représentant TEgypte mystérieuse et mélancolique, on peut dire

9. * Vénus Urania le symbole de la Grèce idéale et joyeuse, fille nest plus couverte comme la Déesse voilée de Sais; elle réalise au contraire Tidée de la beauté. L'étoile au-dessus de sa tête indique qu'elle est céleste (Urania) et à ses côtés se bercent dans les airs ses enfants, Ëros et Antéros, couronnés de roses.

10. La frise intermédiaire représente l'expédition d'Alexandre -le -Grand contre la Perse c'est-à-dire la victoire remportée par les Grecs sur l'antiquité barbare. Au-dessous:

11. Selon, représentant de la civilisation légale des Grecs. Il tient les tables des lois du législateur Dracon, écrites avec du sang, et qui répugnent à l'époque philanthropique de la Grèce. Selon efface du style les lois cruelles. La jeune Grèce, personnifiée par un charmant garçon, le regarde attentivement.

12. *La destruction de Jérusalem. (Troisième grand tableau.) L'antiquité se confond avec la domination universelle des Romains ; de cette lutte de destruction se développent les germes d'une nouvelle époque de la civilisation, le christianisme. De plus ce tableau est aussi sous le rapport de la composition un pendant au premier tableau. Le peuple élu par Dieu et qui, sur le premier tableau, est représenté comme marchant vers un grand avenir, n'est pas resté fidèle à sa mission et s'est attiré une punition pareille à celle dont l'ancien paganisme avait été frappé. Dans le haut on voit Isaîe, Jérémie, Ëzéchiel, et Daniel, les quatre prophètes de l'ancienne Alliance. Ils sont assis sur un nuage arqué d'où les anges vengeurs s'élancent sur la ville de Jérusalem. De cette manière les Romains ne paraissent être que les moyens d'exécution du jugement de Dieu, au lieu d'être des conquérants. Le général romain, Titus, pénètre

à cheval da&s le temple, saivi par les légions précédées de lictears armés de lears faisceaux (1& justice qui punit) ; Vnàgïe romaine a remplacé à Tautel Tarche d'Allience. Les défenseurs s'enfuient, se couvrant du bouclier, tandis qu'à gauche (au milieu) des femmes, poussées par la faim ou le désespoir, tuent leurs enfants. Les trois groupes au premier plan forment les pendants des trois groupes correspondants du premier grand tableau: au milieu le grand -prêtre se donne la mort, posant le pied sur le cadavre du Roi couvert d'un manteau rouge; à ses côtés: sa femme et ses enfants; devant lui: trois jeunes gens et un vieillard au désespoir se vouent également à la mort. A gauche: le Juif errant, le symbole de la dispersion des Juifs sur Tunivers, est fouetté par des Furies (le pendant du groupe du premier tableau, ou les Juifs marchent vers uu bel avenir). A droite (comme pendant et suite du groupe correspondant du premier tableau): la communauté chrétienne, symbole de Tavenir de llndogermanisme.

13. *Les arabesques des pilastres, qui encadrent ce tableau, se rapportent aux idées religieuses (à gauche) des Juifs et (à droite) des Romains.

14. *L'HistDire, le pendant au Mytiie, se trouve au bout de la muraille ou l'antiquité est dépeinte. La figure, assise sur un chapiteau de colonne (symbole du développement historique de la civilisation), inscrit, à la lueur d'une lampe (car elle est devenue science), les faits du présent sur les feuilles de l'histoire universelle, tenues par le Génie du temps. En face d'elle, au commencement du second mur, sur lequel le moyen 'âge et les temps modernes sont représentes , on voit la Science, son pendant (La figure au mur latéral [des croisés] à droite de l'Histoire, représente la Sculpture. Voyez le § 109.)

lô. *La Science, comme pendant à la Poésie, commence, BOUS venons de le dire, la seconde muraille. La figure couronnée de lierre, est assise sur une chaise antique (hi science

174 IM HOUVBAU MUSàl: UU FKIinniBU IIUBAtiBS DB KAULBAOH.

moderne se base sur la science classique). Le Génie des lamières de la ciYilisation, tenant des flambeaux, plane sur les genoux de la figure, sur lesquels un livre ouTort est adosse, ou Ton Yoit le dessin de la thèse de Pythagore. Le globe est à ses pieds. (La figure au mur latéral [des croisés] à gauche da la Science représente la Peinture. Voyez le §. 109.) Le premier tableau principal de cette muraille est:

16. *La kitaille des lus, pour indiquer que le christianisme, par ses combats ayec le paganisme européen, est désormais appelé à devenir la reli^on triomphante uniyerselle. L^expédition gigantesque d'Attila à travers TEurope et qui, renversant tout sur son chemin, ébranla jusque dans leurs fondements les deux empires romains (Rome et Gonstantinople) eut, au milieu du 5* siècle, Teffet d'un ouragan qui purifie les airs, et après le passage duquel une nouvelle végétation, une nouvelle vie pleine de traîchenr se développent à un plus haut degré encore qu'auparavant. Attila commanda les peuples entre le Volga et le Rhin; il était à la tête d'une année forte de plus d'un demi million d'hommes. Pour sauver l'Empire d'Occident d'une ruine complète, le rusé Aétius forma une grande coalition contre Attila en s'alliant arec les Visigoths sous Théodoric, avec les Bourguignons, les Francs sous Mérovée et une fdule d'autres peuples germaniques. Une épouvantable bataille est livrée dans les champs Gatelauniques, près de Ghalons-sur- Mame. La mêlée dure trois jours ; elle est si terrible que le petit ruisseau, qui traverse la plaine, grossi par la masse de sang Tersé, déborde et entrûne les cadavres; 160000 morts pour le moins couvrent la vaste plaine. Théodoric y périt, mais les Huns sont vaincus. Que serait devenue la civilisation de l'Europe, si Attila avait été le vainqueur? D'après la tradition, l'exaspération des combattants avait été si grande, que même les morts se réveillèrent dans la nuit et que leurs esprits ooa-

LBB CBOIfliS DEVAST JÈ&UBAhÊOi, l76

Imiièreiit la latte. C'est cette tradîtioD qui est représentée sur le tableau. Dans les airs on voit Attila, tenant nn fléau dans sa main, ponr indiquer son nom: le fléan de Dîen; il est placé sur nn bouclier porté par les Huns; en face de lui se trouve Tbéodoric, porté par les Yisigoths, tandis -que des deux côtés les morts s'éveillent, s'élancent dans les airs et prennant part au combat. Dans le lointain on voit la ville de Obalons ou — comme symbole — de Rome peut-être, dont le sort et le sort du monde civilisé en général est décidé par cette bataille livrée le 20 septembre 451 après la n. de J.-C.

Les autres compositions sur cette muraille sont:

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