Le8 croisés devant Jérnsalem, (le cinquième tableau
principal du cycle), exprime symboliquement, en faisant suite à la bataille des Huns, l'idée que le christianisme est devenu la religion triomphante de l'univers. Nous voyons au milieu, nn peu vers le fond, la ville de Jérusalem, aux riches coupoles, aux riches palais, ce but tant désiré des croisés. Un peu sur le devant, des croisés contemplent la cité du haut d'une colline. C'est un groupe de chevaliers mondains et cléricaux, d'évêques et de prêcheurs de croisade. Sur une autre colline à droite on voit l'armée des croisés commandée par Godefroi de Bouillon qui lève dans ses mains une couronne, comme symbole de la royauté divine de Jérusalem. Près de lui se tiennent Boémond et Tancrède, ces célèbres combattants dans les mémorables batailles que' les croisés avaient eues à livrer aux Sarrasins.
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Le sol est couTert d'ennemis tnés. Sor le derant, an milien, on Yoit Pierre d'Amiens à genou, les yenx tournés vers la Ville Sainte et adressant à Dieu des prières en action de grâces. Derrière lui: un groupe de pénitents couchés par terre on se flagellant eux-mêmes. Dans le haut, nous voyons, portée par des nuages, la divine apparition du Rédampteur, accompagné par la Ste. -Vierge et entouré des Saints -Martyrs, Godefroi de Bouillon, portant sur sa tête une couronne d'épines, ofire la couronne da la Terre -Sainte au Sauveur, le véritable Roi de Jérusalem. Près de Pierre d'Amiens, un groupe de chantres fervents de la foi chrétienne est suivi de chevaliers aux armures magnifiques. Le trouvère du moyen -âge, si intimement lié à la romantique des croisés, doit trouver sa place dans ce tableau. La belle Armide, se reposant sur une litière tressée avec des branches de laurier et portée par des Mores, est conduite à la ville par son cavalier Rinaldo. Aussi pieuse que belle, elle lève son regard vers l'apparition divine du Rédempteur.
20. (en face de Vénus): * l'Allemagne; 21. (en face de Selon): f Frédéric le Grand; 22. (en face de la destruction de la toqr de Babel): La réformation; 23. (en face du Mythe): La Poésie.
L'époqse de la Réformatton r sixième et dernier tableau principal) représente en groupes scrupuleusement organisés les coryphées de cette grande catastrophe de la civilisation européenne, qui forme la transition du moyen-âge au tems moderne, non seulement sous le rapport de la religion, mais bien aussi sons celui des Sciences, des Arts, de la Société et de la Politique. La localité porte en général le caractère de l'intérieur d'un dôme gothique.
Au milieu on remarque un choeur en forme de demi-cercle
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entouré de colonnes, à ganche et à droite des chapelles latérales.
Un escalier à marches nombreases, traversant la totalité de réglise, conduit à ces trois compartiments, qai forment aatant de groupes détachés de la composition des figures en séparant en même tems la composition du deyant de celles du milieu et du fond. Un septième groupe est composé des chanteurs du cantique protestant, rassemblés sur le choeur de Torgne, auxquels se joignent les protecteurs de la poésie religieuse et du chant de l'église.
Pour fticiliter la description nous désignerons les groupes par «. b. c. etc.
a. Le groupe du milieu représente Luther et les différents réformateurs de la religion chrétienne; Luther en habit de cérémonie se trouve sur une marche un peu plus élevée, tenant de ses mains la Bible allemande; à sa gauche on remarque Zwingli, à sa droite Jonas. Le premier est suivi par Calvin, l'autre par Buggenhagen» occupés tous les deux d'actes religieux (allusion du commencement de la dispute au sujet de la Sainte communion, qui finissait par la séparation de l'église luthérienne de l'église réformée). A droite l'électeur de Saxe, Jean le Persévérant et Jean Frédéric sont à genoux devant Buggenhagen, recevant le Saint Sacrement, derrière eux, devant nne colonne, Gustave Adolphe, Boi de Svède, met le glaive à la main pour défendre la croyance, à côté le Grand -maître de l'ordre allemand, Albrecht de Brandebourg, plus loin trois patriciens, les représentants des villes allemandes.
Du côté gauche (réformé) quatre bourgeois suisses sont admis à la communion par Calvin, derrière eux des Hugenots parmi lesquels Coligny, plus loin Maurice de Saxe; sur les marches de l'escalier un moine de la Frise s'est prosterné, à côté Guillaume d'Oraoge et d'Oldenbarnevelt qui se tourne vers le devant du tableau. Le pendant de Gustave Adolphe, Elisabeth, reine d'Angleterre, porte les 39 articles de l'église anglicane, derrière elle Ëssex^ Burleigh, François Drake et trois repré-
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MotaotB dn peuple anglais. Aa deyaDt les arelieTêqiies €ranmer et Thomas Moro (eo latin Moras) qui montent les marches de Tescalier. Dans le fond dn demi-cercle, an dessons dn choenr de Torgne, derrière Lnther et les denx pronpes, qne nons venons d'expliqner, on remarqne en sniyant le long^ dn mnr (partant dn coté s^auche) Wicleff, calme et méditant, Geiler de Kaisersberg et Jean Wessel disputant Tivement, tandis qne Hnss tâche de diriger lenr attention snr Lnther; puis Pierre Waldns, écoutant les paroles d'Amonld de Brescia, qui de son côté montre sur le moine Abailard qui est plongé dans ses méditations, tandis qne SaTonarola exalté, lève le bras vers le ciel, instruit par le doux Tauler, le dernier de ce groupe. Le milieu dn fond est orné de „La Sainte Gène* par Léonard de VincL
Ces différents groupes de la Réformation religieuse se réunissent au premier plan par un groupe séparé. Derant les marches de Tescalier trois hommes se tendent les mains comme marque de Talliance religieuse d'Augsbourg: c'est Melanchtiion, qui montre Luther de la main gauche, prononçant des paroles de paix au chancelier de Tempire catholique Ulric Zasins et à Everard t. d. Tann, chevalier de Temphre protestant C'est ce dernier groupe que OldenbamcTelt regarde avec la plus yvre impatience.
b et r. Les denx groupes latérales dn fond (dans les chapelles) représentent à droite le groupe des Artistes, à gauche les Astronomes, qui, à ce qu'il parait, doiTcnt senrir de représentants spéciaux des Sciences, étant séparés des soit disant ^Humanistes^. — A la tête du groupe des Artistes on remarque Albrecht Durer qui, placé sur un échafiiudage, vient de travailler à son tableau des apôtres, lorsque son broyeur (rendu par le portrait de Kaulbach lui-même) lui annonce la visite de Léonard de Vinci pour introduire chez lui le jeune Rafiftêl. RaBtiël tient de la main gauche l'esquisse du tableau «L'école d'Athènes *", derrière lui, appuyé contre le mur, Michelange, examiné attentivement par Pierre Vischer. A gauche de ce groupe se trouvent les Imprimeurs. Outtenberg (près
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de la colonne derrière Gustave Adolphe) tient la première feuille imprimée et Lorence Eoster s'occupe de la presse, tandis que Fust et Schôffer sont placés derrière lui.
La chapelle à gauche nous fait voir comme pendant d*Albrecht Durer, Kopemic dessinant sur le mur son système solaire. Derrière lui à gauche Galiléi, appuyé sur son télescope^ regarde le dessin, tandis que Cardan est absorbé dans des calculs astronomiques et Tycho de Brahe explique ses principes d'Astrologie au jeune Reppler et à un antre auditeur. Giordano Bruno monte l'escalier. Le groupe des Astronomes est séparé des Réformateurs anglais par un paroi du Choeur.
d. Sur le premier plan nous remarquons d'abord le groupe des Invente ur s et des Naturalistes. Au milieu Christophe Colomb, posant sa main enchaînée sur le globe, qui a été apporté par Michel Behaim, tandis que Sebastien Munster mesure à l'aide d'un compas les dégrés de latitude et de longitude, une occupation que Bacon de Yérulam suit attentivement. Bacon tient sur ses genoux le ^Novum organum' des recherches physicales. Derrière Colomb à gauche on remarque le naturaliste Harvey et Tanatome Yésale, à droite les cosmographes Sebastien Franck et Paracelse d'un air étonné, ainsi que le botaniste Fuchs en manteau richement plissé. Un coin contient différents objects remarquables du nouveau monde, des couronnes de plumes des peuples sauvages, des perroquets, des plantes etc.
e. En passant au groupe des Humanistes à droite nous trouvons Hans-Sachse, ce poète par excellence, assis à terre sur le devant du tableau, comptant des doigts les vers qu'il compose. Il tourne le dos à Shakespeare, qui est assis sur une chaise, les jambes croisées, à son côté Cervantes; tous les deux regardent Pétrarque, qui leur présente les poèmes d'Homère, tout récemment retirés d'un Sarcophage grec; plus loin Molinftus (Dumoulin), Cusanus (Nie. de Cusa) et Ulric de Hutten. Derrière Pétrarque le Comte Mirandnla apporte une
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quantité de livres antiques et de TOrient; derrière loi Ficînus, Tinterprète de Platon, et Macchiavell. Les deux personnes principales de ce groupe sont Erasme et Reachlin en robes de cérémonie, proclamant la réalité des Sciences modernes qui se sont affranchies dn joag scolastiqae. Divers symboles de Té* tade antique complètent ce groupe pour indiquer, que la civilisation produite par la Réformation, ressorte de l'étude de Tantiquité classique.
/ Les personnes qui occupent la partie la plus éloignée dn choeur, représentent la paroisse des Protestant!>t rassemblés au service divin.
23. (En face du Mythe.) La Poésie comme pendant de la Science.
Dans les quatre coins des murs des croisés, formant un angle droit avec les figures: le Mythe, rfiistoire, la Science et la Poésie, on voit quatre tableaux sur fond brun, qui forment un cycle à eux, et représentent les objets d'arts réunis dans le Musée sous le rapport des sphères auxquelles ils appartiennent. Ces quatre tableaux sont:
24. (à côté du Mythe): * L'Architecture, l'art le plus ancien; elle est représentée sous forme d'une figure de femme sérieuse, s'èlevant dans l'air, ornée d'une couronne de colonnes. Elle regarde le sol, et panut absorbée par des réflexions; elle tient de la main droite un compas avec lequel elle touche le menton, dans sa gauche on voit un dessin. Des deux côtés: le Génie ailé de l'architecture classique, portant le modèle d'un temple antique, et le Génie ailé de l'architecture du moyen -âge, avec le modèle de la cathédrale de Cologne.
25. (à côté de l'Histoire): *La Sculpture, une femme sérieuse, ayant une couronne formée avec des statuettes. Elle tient de la main droite le marteau et de la main gauche le
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eisean. Les Génies placés à ses côtés représentent la Sculpture classique avec la statue d'Apollon de Belyédère, et la Sculpture moderne portant un crucifix.
26. (à côté de la Science) : *La Peinture, une figure de femme gaie, couronnée de roses. Le Génie de la Peinture du moyenâge porte un triptyque à deux Yolets, le Génie de la Peinture moderne tient un tableau moderne.
27. (à côté de la Poésie) : L'Art graphique, figure placée près de la porte d'entrée au cabinet des gravures. Elle porte une couronne de roses sauvages et montre la planche avec son burin. Les Génies qui l'entourent, portent des cartons renfermant d^s dessins.
En ce qui concerne les arabesques des pilastres et les frises intermédiaires de la seconde longue muraille, elles se rapportent aux principaux peuples civilisés du moyen -âge et des temps modernes.
28. La longue flrise qui s'étend au-dessus de tous ces tableaux et dont les détails sont malheureusement difficiles à reconnaître à cause de sa hauteur, représente un cycle humoristique de scènes qui sont en rapport intime avec les tableaux au-dessous de celles-ci et les complètent. Elle se compose d'arabesques de figures d'animaux et d'enfants. Les phases principales de la frise achevée au premier mur, sont: Prométhée, qui fait l'homme; Minerve l'aide en lui offrant Psyché pour donner de la vie aux petits hommes d'argile; la cigogne audessus de deux oeufs dont sont éclos l'homme et la femme; ils sont salués par le singe, la caricature de l'homme. — Bomulus et Rémus qui se battent; le courageux chasseur Nemrod poursuit le cerf; il est à cheval sur un de ses camarades de jeu. — Osiris et Isis s'embrassent; ils sont représentés comme enfants en maillots; Osiris est mutilé par Typhon, Isis s'en effraie et fait la culbute. Les sources du Nil sont taries, Anu-
bis tire la langue haletante de soif. — Le joyeux mythe grec