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FRANÇOIS

Si les provinces du Midi ont fourni aux théâtres leurs plus agréables chanteurs, elles ont aussi donné naissance à un certain nombre de compositeurs dramatiques. 11 suffit de rappeler les noms de Campra, de Mondonville, de Dalayrac, de Délia Maria, de Fontmichel, de Xavier Boisselot, de Bazin, d’Aimé Maillart, de Félicien David, de Berlioz et de Beyer. La colonie phocéenne en a vu naître trois.

Bazin (François-Emmanuel-Joseph) naquit à Marseille le 4 septembre 1816 et entra comme élève au Conservatoire le 18 octobre 1834. Ses maîtres furent MM. Dourlen, Le Couppey, Benoît, Ualévy et Berton. En 1840, il obtint le premier prix de composition au grand concours de l’Institut. L’intermède lyrique qui lui valut ce succès, Loyse de Mont fort, fut exécuté à l’Opéra le 4 octobre 1840 et accueilli avec faveur par le public. On y a remarqué la romance chantée par Gaston de Montfort : Heine des deux, prends sous ton aile T épouse en deuil ; le trio sans accompagnement : C'est l'étoile dans la nuit, et le duo : Tant d' amour m entraîne. Peu de temps après, M. Bazin se rendit à Rome où il composa plusieurs morceaux de musique religieuse. Revenu à Paris au bout de trois ans, il fut investi du cours de solfège et ensuite du cours d'harmonie au Conservatoire. C’est vers cette époque (1840) qu’on le voit débuter à l’Opéra-Comique par le Trompette de M. le prince, joli petit acte, plein de vivacité et de grâce. Le Malheur d'êtrejolie,}o\ièYannée suivante (mai 1 847), auméme théâtre, est l’histoire d’une jeune damoiselleque son tuteur veut con-

LES Ml'SIClEng CÉLÈBRES.

traindre à épouser un vieux baron. Pour échapper à son prétendu et se conserver à l’amour du page Isolier, la jeune fille prend un élixir qui doit la rendre laide aux yeux du baron. Le tuteur instruit de cet innocent sortilège n’oppose plus d’obstacle à l'union des deux amants. Telle est la donnée imaginée par M. Charles Desnoyers et sur laquellcM. Bazin a écrit une partition d’un style archaïque qui ne manque pas de couleur locale.

Des œuvres de plus longue haleine, la Nuit de la Saint-Sylvestre , opéra en trois actes (juillet 1849), et Madelon, opéra-comique en deux actes (26 mars 1832), donnèrent au compositeur l’occasion de montrer son talent dramatique et les qualités de son instrumentation. Mais M. Bazin ne tarda pas à revenir aux pièces en un acte. Maître Pat/ielin, joué le 12 décembre 1836 au théâtre de l’Opéra-Comique, et dont le sujet est emprunté à la comédie de Bruevs, est une des meilleures pièces à succès que possède le répertoire.

Depuis Maître Pathelin, M. Bazin n’a plus fait représenter que les Désespérés (1839), acte d’une extravagance peu digne de l'Opéra- Comique, et le Voyage en Chine (1866), pièce si amusante et si burlesque que les éclats de rire du parterre permettent difficilement d'entendre la musique.

Outre les productions dramatiques que nous venons de passer en revue, M. Bazin a publié un Cours d'harmonie théorique et pratique à l’usage des classes du Conservatoire. Il est membre delà commission de surveillance de l’enseignement du chant dans les écoles communales de Paris et a écrit, à l’usage des Orphéons, un certain nombre de compositions chorales.

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