‹ Les musiciens célèbresChapitre 7 sur 153 · FRESCOBALDI · texte numérisé non relu

FRESCOBALDI

Ce n’était pas assez pour le seizième siècle italien que d’avoir produit successivement Palcstrina, Monteverde, Allegri : la musique instrumentale. devait aussi suivre une marche ascendante ; Girolamo Frescobaldi, l’habile claveciniste, naquit à Ferrare, en 1087. 11 suivit les leçons de son compatriote François Milléville, et telle était, dans sa jeunesse, la beauté de sa voix que partout où il allait se faire enten-

dre il entraînait sur ses pas une foule d'admirateurs qui raccompagnaient de ville en ville.

A vingt ans, il jouissait déjà comme organiste d’une réputation considérable. C’est vers cette époque de sa vie qu’il voyagea dans les Pays-Bas où il séjourna pendant quelques années. Son premier ouvrage fut un recueil de madrigaux à cinq voix qui parut à Anvers en 1608. La même année, il publia à Milan scs Fantasie a due, Ire e quattro voci.

Tels sont à peu près les seuls faits connus de la vie de Frescobaldi jusqu’en 1 G 1 4 , date de son installation à Rome en qualité d’organiste de Saint-Pierre du Vatican. La grande renommée du maître l’avait fait appeler à ce poste éminent, et le jour où il prit possession de l’orgue, trente mille auditeurs attirés par sa réputation se réunirent dans l'église pour l’entendre. Tel était l’enthousiasme qu’on éprouvait alors en Italie pour les beaux-arts. Depuis ce temps, Frescobaldi ne quitta plus Rome, si ce n’est en 1630 pour se rendre à Florence. A l'étranger même, on admirait tellement son génie que Froberger reçut une pension de l’empereur Ferdinand III afin de pouvoir aller étudier à Rome sous la direction de l’organiste ferrarais. L’histoire, qui n'a garde d’oublier les faits etgestes des perturbateurs de la paix publique, est muette, ou peu s’en faut, sur l’une des gloires les plus harmonieuses dont l’Italie peut légitimement s’enorgueillir. Devons-nous nous en plaindre ? et ne pouvons-nous pas conjecturer de ce silence que l’existence de Frescobaldi fut tout entière vouée aux nobles préoccupations de l’art et à la recherche des formes musicales les plus nouvelles. L’opinion la plus probable est que Frescobaldi cessa de vivre vers 1634, mais pour ceux dont le nom ne doit point périr, qu'importe de savoir précisément à quelle date ils ont disparu de ce monde ?

Ce qui est plus certain, c’est qu’au nom de Frescobaldi s’attachera la gloire d'avoir réalisé dans la musique instrumentale, sur l’orgue et le clavecin, le progrès d'harmonie tonale que Monteverde avait inauguré dans la musique dramatique. Frescobaldi peut aussi être considéré comme un des premiers inventeurs de la fugue, de cette forme austère qui convient si bien à l’orgue et qui empêche la musique sacrée de se corrompre. Entré résolûment dans la voie de la dissonance naturelle non préparée, Frescobaldi a fait faire à la fugue des progrès si rapides, que telle de ses compositions, sa fugue en /«par exemple, n'a rien à envier à celles de Sébastien Bach.

Outre les ouvrages que nous avons cités, on a de Frescobaldi des

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