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FETIS.
ciété d’artistes et d’amateurs. Les maîtres allemands firent sur lui une telle impression, qu'à l’imitation de leurs œuvres, il composa plusieurs morceaux où les amis de sa famille découvrirent le germe du talent. Ces personnes décidèrent le père de l’enfant à l’envoyer au Conservatoire de Paris, en 1800.
L’artiste montois, alors ôgé de seize ans, entra dans la classe de Rey, qui lui enseigna l’harmonie, suivant les principes de Rameau. L’année suivante, il obtint le premier prix au concours. Son maître de piano fut d’abord Boieldieu, et ensuite Pradher. Au commencement de 1803, M. Fétis s’éloigna de Paris; pendant son absence, il étudia le contre-point et la fugue, d’après les théoriciens allemands Marpurg, Kirnberger et Albrcchtsbcrger. Bien qu’il ait publié vers cette époque un recueil de pièces instrumentales, dans le goût des maitres d'outrelthin, ses tendances le portaient déjà vers la littérature musicale, et il préludait par de vastes lectures aux ouvrages qui ont rempli sa carrière. A la fin de 1804, on le voit fonder avec Roquefort et Delaulnaye un journal de musique, entreprise prématurée , qui ne réussit point faute d’abonnés. Comme il avait naguère étudié les productions de l'École allemande, il s'initiait maintenant aux chefs-d’œuvre do l’art italien, autant du moins qu’il était permis de le faire dans un temps où ils étaient peu appréciés. Son assiduité aux représentations des opéras de Cimarosa, de Gugliclmi et de Paisiello, ses fréquentes conversations avec Clierubini, enfin le soin qu’il mit à étudier Palestrina, lui donnèrent des connaissances qu'il compléta en lisant les didacticiens anciens et modernes de l’Italie. Après un examen attentif et consciencieux, il en arriva à se convaincre que les traditions de l’art italien devaient être prises pour bases de l’enseignement de la composition et que le style symphonique des Allemands n'était qu’un cas particulier de la théorie générale. Ces idées furent plus tard développées dans son Traité du contre-point et de lu fugue.
Le vandalisme révolutionnaire avait détruit un grand nombre de livres de chœur. Il y avait un service à rendre au clergé et une fortune à faire pour l’éditeur qui entreprendrait de réparer les désastres dont la liturgie catholique avait eu à souffrir. Cette idée tenta un descendant des Ballard, célèbres imprimeurs de musique pendant les dix-septième et dix-huitième siècles. 11 s’entendit avec M. Fétis en I80Ü, pour une révision de tout le chant de l’Église romaine, d’après les manuscrits les plus authentiques et les plus anciens, conférés avec les meilleures éditions. Le jeune musicien, alors âgé de vingtdeux ans, s'engagea dans ce travail, sans en calculer tout d’abord l’ef-
frayante étendue. C'était presque l’œuvre d’une vie entière qu’on lui demandait, tant il fallait procéder avec lenteur et circonspection au milieu de mille variantes plus capricieuses les unes que les autres. Ses efforts patients aboutirent enfin à l’achèvement de deux ouvrages, le Graduelle de lempore ac de sanclis, etc., et Y A ntiphunarhun divinorum officiorum, etc. Malheureusement l’auteur se refusa à publier le fruit de ses longues recherches, craignant de soulever le mécontentement des ecclésiastiques hostiles h la restauration du chant grégorien.
Cette année 1806 est une des plus actives de la vie de notre musicien. 11 refit, à la demande d'Ellcviou, la musique d’un opéra de Duni intitulé : i École de la jeunesse, qui ne fut pas représenté. Ce fut aussi en 1806 qucM. Fétis se maria. Sa femme, petite-fille du chevalier de Kéralio, lui avait apporté une fortune considérable qui, malheureusement, s'abîma tout entière quelque temps après dans de fausses spéculations financières. De pareils désastres qui abattent les fîmes faillies ne fournissent aux caractères fortement trempés qu’un stimulant plus énergique. L'ancien élève de Rey, qui dès le Conservatoire était préoccupé de la théorie de la musique, continua ses recherches dans la retraite où il se confina en 1 81 1 , à la suite de la perte de sa fortune. Trois années passées solitairement dans une campagne du département des Ardennes ne furent pas stériles en résultats. Nous ne pouvons mieux fiirc que de lui donner ici la parole. Après avoir dit qu'il sentait la nécessité de faire dériver toutes les lois particulières des diverses parties de l’art, d'une loi générale, il ajoute, parlant de lui-mérae :
« Les recherches sur la théorie de l’harmonie le mirent sur la voie, en lui faisant voir quela tonalité est la seule base de celle combinaison des sons, et que les lois de cette tonalité, appliquées à l'harmonie, sont absolument identiques é celles qui régissent la mélodie, cl conséquemment que, dans la tonalité moderne, ces deux branches principales de l'art sont inséparables. Considération neuve dent la réalité est dém mirée par l'Iiistoire de la musique, et qu’il a rendue évidente depuis lors dans ses écrits (I). •
Au mois de décembre 1813, M. Fétis fut nommé organiste do la collégiale de Saint-Pierre à Douai et professeur de chant et d’harmanie à l’école municipale de musique de celte ville. L’expérience qu’il acquit dans la pratique de ces doubles fonctions le détermina h écrire plus tard deux ouvrages dont l’un : la Science de l'organiste, est encore
(I) Biographie umverseUe des musiciens T a ru Fétis.