‹ Les musiciens célèbresChapitre 78 sur 153 · CAR AF A · texte numérisé non relu

CAR AF A

La carrière artistique de M. Carafa n’a pas été aussi heureuse que ses remarquables facultés semblaient le lui promettre, parce qu’une fatale coïncidence le fit naître contemporain de Rossini et deM. Auber, et qu’il eut le malheur de traiter quelquefois les mêmes sujets que ces hommes illustres, ce qui devait l’exposer à de dangereuses comparaisons. Toutefois ce musicien a su rencontrer souvent de belles inspirations, et quoique des rivaux plus favorisés l’aient rejeté au second

LtS MUSICIENS CÉLÈBRES.

rang de la célébrité, il a assez fait pour voir son nom conservé avec reconnaissance dans la mémoire des amateurs de la musique dramatique, des inspirations faciles et mélodieuses.

Michel-Henri Carafa dcColobrano, néàNaplesle!7 novembre 1787, fut élevé au collège de la Nunziatella de cette ville et élndia d’abord la musique sous l'habile organiste Fazzi. Francesco Ruggi lui enseigna ensuite l'harmonie et l’accompagnement, puis il suivit les leçons de Fenaroli, professeur de contre-point au Conservatoire de Loreto. Des débuts qui permettaient au jeune artiste d’espérer un brillant avenir musical ne l’empêchèrent point de revêtir l’habit militaire. Après avoir été fait prisonnier en 1 80G à la bataille de Campo Tenese, M. Carafa suivit la cause de Joachim Murat, entra comme lieutenant dans les hussards de sa garde, et, dans l'expédition de Sicile, obtint la décoration de l’ordre des Deux-Siciles avec le titre de capitaine. Devenu pendant la campagne de Russie en 1812, officier d'ordonnance de Murat, chef d’escadron et chevalier de la Légion d’honneur, il quitta l’épée pour la lyre, quand survint, en 1813, la restauration des Bourbons de Naples.

Cependant M. Carafa n’avait pas attendu, pour cultiver l’art, objet de ses prédilections, que les événements politiques de la Péninsule le rendissent au repos. Dès sa jeunesse il avait fait preuve de talent dans quelques cantates ainsi que dans plusieurs opéras : Il Fantasma, écrit pour des amateurs, Il Vascello d'Occidente, donné au théâtre ciel Fonda à Naples (1814), la Gelosia Corset ta, jouée au théâtre des Florentins (1813).

Gabriclla di Yergi (1816), Ifigeniain Tauride (1817), Adele dî Lus/' guano (1817), Bérénice in Siria (1818), Elisabetta (1818), 67 i due Figari (1820), portèrent très-haut la réputation de leur auteur à Naples, à Milan et à Venise; mais il manquait encore à cette réputation d’être consacrée parle suffrage du public français. Le compositeur napolitain vint à Paris, et pour son début donna à l’Opéra-Comique Jeanne d Arc, 3 actes (1821). Cette pièce fut suivie du Solitaire dont les paroles sont de Planard, et qui fut représenté au même théâtre le 17 août 1822. De toutes les partitions qu’a composées M. Carafa, c’est celle du Solitaire qui a obtenu le succès le plus populaire. Personne n’a oublié la fameuse ronde :

C’est le solitaire,

Qui voit tout,

U»i sait loul,

Entend tout,

Est partout.

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