‹ Les musiciens célèbresChapitre 79 sur 153 · CARAFA · texte numérisé non relu

CARAFA

C'est cependant le plus faible litre de cet opéra ii l'estime des amateurs. Un bel air de ténor, un finale fort dramatique, et des chœurs harmonieux y seront toujours remarques, lorsqu'on le reprendra.

Le Valet de chambre, opéra-comique en un acte, dont les parolessont de Scribe et Mélesville, fut représenté l'année suivante (1823). Le duo du Valet de chambre est devenu un morceau classique. Il a la verve, l'élégance, le tour mélodique qui conviennent aux morceaux de concert. Parfaitement écrit pour la voix et sur une situation facile il comprendre, il a dédommagé par un succès durable le compositeur de ses nombreux revers, qu’il faut surtout attribuer à la supériorité de la musique de son rival, hâtons-nous d’ajouter, de son ancien et fidèle ami, Hossini.

Ces opéras représentés à Paris et auxquels il faut joindre l 'Auberge supposée (1821, à i'Opéra-Comiquc) et la Belle au bois dormant (1823, à l'Académie royale de musique), n’empêchaient pas M. Carafa de travailler en même temps pour les théâtres étrangers. Il écrivait pour San-Carlo de Naples, un ouvrage en trois actes, Tamer/ano qui fut reçu et non exécuté ; à Rome, il faisait jouer la Cappridosa ed il Svldato, deux actes (1822), et Eufemio di Messina, deux actes; à Vienne, Abufor (1823); à Milan, il Sonnambulo (1823), et à Venise il Paria '1826).

A partir de 1827, le musicien dont la renommée avait reçu le baptême des applaudissements parisiens, se fixa définitivement en France, et n’écrivit plus que pour nos théâtres. Il donna h l’Opéra-Comique Satujarido, un acte (1827), et à la fin de la même année Masaniello , en trois actes (27 décembre 1827).

Cet opéra-comique, dont le poème est de Moreau et Lafortelle, peut être considéré comme le chef-d’œuvre de M. Carafa. Sans le succès écrasant de la Muette de Portici d’Auber, ses beautés l’auraient fait maintenir au répertoire. Le grand duo : Un oiseau gui supporte à peine la lumière a une chaleur d’inspiration qui se soutient d’un bout à l’autre. L’entrée des collecteurs est d’un grand effet. Les barcarolles sont des mélodies charmantes, et les couplets sur Notre- Dame du Mont-Carmel, sont devenus populaires. Ponchard le père a chanté avec succès le rôle de Masaniello, quoiqu’il demandât plutôt de la force que de la grâce.

La Violette, opéra-comique en trois actes, représenté à Paris le 7 octobre 1828, ne soutint pas la réputation du compositeur au point où l avait portée Masaniello. Lepoëraeavait été écrit par Planard, d’après le roman du comte de Tressan, intitulé Gérard de A ’evers. Tout

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en applaudissant à la facilité mélodique du musicien, on lui a reproché d’avoir laissé dans cet ouvrage trop de traces de négligence. Un des motifs de la Violette a servi de thème à des variations brillantes, composées pour le piano par Henri Herz et qui ont fait le tour du monde. Ou ne connaît plus depuis longtemps l'opéra, que par le mor-, ceau de piano.

Un succès douteux accueillit aussi, le 20 septembre de l’année suivante (1829), Jenny, opéra-comique en trois actes, pour le livret duquel Carafa s’était servi de la plume de M. de Saint-Georges. Le poëme a paru offrir des situations peu favorables à la musique. Cependant le rondo chanté par Chollet a été populaire.

Le compositeur écrivit ensuite pour le théâtre Italien Le Aozze di Lammennoor (1829), où Mllc Sontag remplit le rôle de Lucia ; pour l’Opéra-Comique, l'Auberge (T Auray, en collaboration avec Hérold, et pour l’Opéra, ï Orgie, ballet en trois actes (1831). Dans le Livre de l’Ermite, deux actes donnés à l’Opéra-Comique, le 12 août 1831, on se plut à reconnaître unanimement une musique charmante, parfaitement écrite, remplie de mélodie, instrumentée avec une habileté consommée. Mais le mauvais œil, qui n’avait pas même épargné Masaniello, n’a pas cessé d’exercer sa maligne influence sur M. Carafa.

Ce fut encore une chute imméritée que celle de la Prison (TÉdimbourg, ce charmant ouvrage en trois actes, représenté le 20 juillet 1 833. Les livrets d'opéras qu’on a taillés dans l’ample étoffe des romans de Walter Scott ont eu peu de succès. Assurément on ne doit s’en prendre qu’à l'impéritie des littérateurs dramatiques. Quoi de plus émouvant cependant que la belle conception de la Prison dÈdimbourg ! Quels caractères mieux dessinés queceux des principaux personnages 1 Sans doute, il existe une grande différence entre les conditions d'un drame et celles du roman le plus dramatique ; toutefois, lorsque ce dernier est bien conçu, et qu’il offre des situations à la fois poétiques et originales, terribles et tendres, il nous semble que le plus fort est fait, et que le librettiste n’a plus besoin que de posséder une entente suffisante de la scène pour en tirer un grand parti. L'habileté dont nous parlons ne manquait ni à Scribe, ni à Planard ; cependant ils ont échoué cette fois, et ils ont entraîné dans leur chute le malheureux compositeur. Nous disons malheureux, car M. Carafa a toujours été victime du défaut d'inspiration de ses collaborateurs. Et pourtant la partition de la Prison d’Édimbourg est loin d’être sans beautés. Indépendamment d’une facture facile et d’une instrumentation bril-

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