PACINI
■que forte, et, en dépit des séductions de la musique, le spectateur est faiblement ému. Outre \ Africaine, Meyerbeer avait laissé inédite une partition écrite pour un drame de M. Blaze de Bury, intitulé : Im jeunesse de Goethe. Cet ouvrage, destiné à l'Odéon, n'a pas encore été représenté. Nous nous plaisons à espérer que le public n’en sera pas privé indéfiniment. Meyerbeer est mort : il ne réclamera pas, mais une production signée de son nom n’est point faite pour attendre son tour, et ceux qui reçoivent de l'État une subvention pour veiller aux intérêts de l’art devraient être les premiers à le comprendre.
Oa a quelquefois nié le goût français en musique, et, en exagérant l’importance de la question d'origine, on a dit que la plupart des chefsd’œuvre, applaudis sur notre grande scène lyrique, avaient été écrits par des étrangers. Soit; mais est-ce un pur accident qui a fait naître chez nous, depuis un siècle, les deux lphigénies , la Vestale, Guillaume Tell , la Favorite ! Est-ce une simple combinaison du hasard qui a attiré chez nous, à diverses époques, des hommes comme Gluck, Spontini, ltossini et Donizetti ? L'école française peut à bon droit s’enorgueillir
Des enfants qu'en son sein elle n'a point portés.
Ils sont siens, en effet, par un ensemble de qualités qu'ils n’apportaient ni d’Allemagne ni d’Italie, et qui appartiennent à notre tempérament national : clarté, précision, sobriété nerveuse, force expressive. Et Meyerbeer, qu’est-il lui-même autre chose qu’un transfuge éclatant de la tradition germanique, un Allemand qui a dépouillé le vieil homme sous l’influence du goût français ?