MON POU
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le 2 octobre 1840. La musique de cet opéra, faite en collaboration avec M. Bordèse, tient nécessairement du pastiche; jamais deux compositeurs, travaillant ensemble, n’ont montré des qualités plus opposées. Aux accents heurtés et inégaux de Monpou, succèdent les mélodies faciles et dans le goût italien de Bordèse. Cependant, malgré ce défaut d’unité, l’ouvrage a été bien accueilli. Au premier acte, on a remarqué le boléro et, au second, un trio très-bien traité.
L’ambition s’empara de Monpou ; il voulut avoir un livret de Scribe qui était alors fort à la mode. Après plusieurs tentatives infructueuses, il vit ses désirs réalisés, mais à la condition que la partition serait livrée dans un délai relativement court, sous peine d’un dédit de 20,000 francs.
Cet engagement était inacceptable pour un compositeur tel que Monpou, doué de peu de facilité; il présuma trop de scs forces, et il eut le tort de penser qu’il pourrait, par l’activité, suppléer à ce qui lui manquait. Il déploya une telle ardeur, qu’il tomba malade avant de commencer le troisième acte. Une gastralgie aiguë, causée par un excès de fatigue, le força bientôt à s’arrêter. D’après les conseils des médecins, il pensa retrouver des forces en allant vi\re à la campagne ; il était trop tard; quand il arriva à la Chapelle Saint-Mesmin, sur les bords de la Loire, son état devint si grave, qu’on dut- en toute hâte le ramener à Orléans, pour réclamer les secours de l’art. Mais ce fut en vain ; quelques jours après, le 10 août 1841, Monpou mourait à l’âge de trente-sept ans. Sa veuve ayant ramené ses restes à Paris, on célébra en son honneur, à Saint-Roch, une messe solennelle, dans laquelle on exécuta plusieurs motets funèbres de sa composition. Cet artiste de talent, enlevé si prématurément, fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise.
En mourant, Hippolyte Monpou laissa un certain nombre d’œuvres inédites, parmi lesquelles plusieurs compositions religieuses fort remarquables, et Lambert Simnel , opéra-comique en trois actes, dont le livret, comme nous l’avons dit plus haut, était de Scribe.
Cet opéra, qui amena la mort de Monpou, ne fut représenté que le 14 septembre 1843 ; car il était inachevé lors de la mort du compositeur, et il fut terminé par Adolphe Adam.
L’action se passe sous Henri III, roi d’Angleterre. Le comte de Wanvick, dernier descendant des Plantagenets, est mort dans la tour de Londres. Ses partisans découvrent un jeune garçon qui lui ressemble; c’est Simnel; c’était dans l’histoire le fils d’un boulanger. Scribe a préféré en faire un garçon pâtissier, comme il a transformé,
dansle/Vo/j/zè/e, Jean de Leyde, le tailleur, en cabaretier. Le comte de Lincoln fait passer Lambert Siranel pour le prétendant. L’ambition s’empare du pauvre garçon, qui abandonne sa tiancéc Catherine, et court se signaler par mille exploits ; mais le masque tombe, le héros redevient pâtissier comme devant, épouse Catherine, et le répertoire de l’Opéra-Comique compte un mauvais poëme de plus. Il avait été refusé par Donizetti et par Halévy. On retrouve dans la musique les qualités et les défauts du compositeur romantique : la recherche de la couleur, un sentiment mélodique réel, des modulations trop brusques et des rhythrnes heurtés. Nous doutons qu’on doive lui attribuer l’introduction, dans cet ouvrage, du God save tlie king ; monstrueux anachronisme, car cet hymne national fut composé plus de cent soixantedix ans après la guerre des deux Roses. Scribe et Adam n’y regardaient pas de si près. Parmi les morceaux les plus saillants, le chœur d’introduction se distingue par sa vigueur et est coupé par de jolis couplets ; l’adagio de l’air de ténor est empreint d'une mystique tendresse :
Les yeux baissés, timide et belle,
Ms fiancée est à mon bras ;
L’ouccment vers la chapelle Je guide scs pas.
Le terzetto : Il nous faut un Warwkh est très-bien traité; l’air de soprano du second acte : Anges divins de celui que j'aime, se distingue par un adagio d’un sentiment exquis et qui, exécuté par les violoncelles, a servi d'ouverture. Les couplets : J'avais fait un plus joli rêve, sont d’une touche délicate et expressive. Le troisième acte n’oITre guère de saillant que la romance chantée par Simnel : Adieu doux rêves et ma gloire, qui se distingue surtout par l'expression donnée à ce refrain :
Vous m'arcs donné la couronne,
Vous m'avez ravi le bonheur 1
En somme, l’intérêt musical est plus puissant dans le premier acte que dans ceux qui suivent ; ce qui est nécessairement pour un ouvrage lyrique une cause d'insuccès.
Hippolytc Monpou avait conservé de son passage à l'école de Choron et de ses fonctions d’organiste à la Sorbonne un sentiment religieux très-juste dont il a donné des marques dans sa musique d’Église. Il existe de lui un bon recueil de cantiques à la sainte Vierge à trois