‹ Les Mutilations Volontaires Par Coup de FeuChapitre 9 sur 21 · BOUT PORTANT DE CERTAINS AUTEURS · texte numérisé non relu

BOUT PORTANT DE CERTAINS AUTEURS

Il importe, ici encore, d'étudier ces lésions sur les técuments nus ou protégés, et suivant qu'elles sont produites au moyen de fusil français, du revolver ou du fusil allemand. |

A. Fusil modèle 1886.

a) Lésions sur les téguments nus. — Ces lésions sont parfaitement caractérisées par l’absence,

dans la très grande majorité des cas, des lésions d’éclatement, et par la présence d’un tatouage vrai:

1° EcLaTEmMENT. — Les lésions d’éclatement si nettes dans le coup de feu à bout touchant, disparaissent ici ou à peu près. En effet, le canon n’étant plus au contact des tissus, la force d'expansion des gaz ne se trouve plus pour ainsi dire canalisée sur un point unique du tégument. A leur sortie de l’arme, les gaz trouvent des zones de moindre résistance pour s'échapper, c’est la couche d’air interposée entre le segment de membre et la bouche du canon. Les gaz n'étant plus en grande masse, leur liberté d’expansion : étant presque complète, leurs effets explosifs disparaissentou tout au moins sont considérablement réduits. A une distance de 5 millimètres, on les constate encore orandement atténués ; à 2 centimètres, ils n'existent plus. La plaie d'entrée sera simplement l’orifice de passage du projectile ; les dimensions de cet orifice seront sensiblement réduites à genes du projectile luimême.

2° TaTouaAcE. — Le diagnostic du coup de feu à courte distance reposera uniquement sur la présence du tatouage qui a des caractères bien nets, bien définis, et qui, suivant son intensité de coloration plus ou moins grande, permettra de dire avec une certitude suffisante à quelle distance le coup a été tiré.

Quand le coup part, des lamelles de poudre non brûlées, sont projetées en même temps que les gaz. Cette projection a lieu en forme de cône dont la portée est plus ou moins grande suivant la distance qui sépare la bouche du canon des téguments. Ces grains de

LT OUR poudre viennent s’incruster dans les couches épidermiques les plus superficielles. Autour de l’orifice. d'entrée, on retrouvera dans une zone, circulaire en général, quand le coup est tiré perpendiculairement au segment de membre, plus ou moins ovalaire si le coup a été oblique, zone dans laquelle on retrouve, plus ou moins disséminés et incrustés, les grains de poudre, en même temps qu’un dépôt de noir de fumée. Ce tatouage est indélébile. Son étendue et son intensité de coloration et d’incrustation varient proportionnellement à la distance de tir. ue | Quand le coup de feu est tiré de 2 à 5 centimètres de distance, autour d’un orifice d’entrée du projectile, orifice circulaire de 6 à 10 millimètres, on constate, sur un diamètre de 10 centimètres une zone de tatouage uniformément noir. Les grains de poudre sont incrustés très près les uns des autres, contribuant avec le dépôt de noir fumée, à l’uniformité de coloration de cette zone. Sur un diamètre total de 15 centimètres, on trouve des incrustations, moins denses sur la périphérie.

Ces petites lamelles de poudre ont une forme rec— tangulaire, leur longueur est de 1 millimètre. | __ À 10 centimètres de distance, le diamètre de la zone de tatouage est de 15 centimètres environ, mais la coloration est d’un noir moins foncé. Les lamelles de poudre, quoique encore piquées très près les unes des autres, restent parfaitement distinctes.

A 20 centimètres, le tatouage est large, la teinte noire a disparu, la peau est seulement piquetée discrètement de lamelles de poudre très clairsemées.

A partir de 50 centimètres, on ne rencontre, plus autour. de l’orifice d’entrée ni tatouage, ni mcrustation même légère. On a à peu près constamment, quelle que soit la distance de tir, autour de l’orifice d’entrée, une petite auréole noire circonscrivant parfaitement la plaie, auréole produite par l’essuyage de la balle. Le médecin principal Chavigny attribue l’origme de ce liséré à ce fait que la balle, pendant son trajet dans le canon, essuie la crasse qui s’y trouve en quantité plus ou moins grande, suivant le nombre de coups tirés au préalable par larme, l’emporte et la dépose sur le pourtour de l’orifice d’entrée.

Connaissant les caractères du tatouage à différentes : distances, il est dès lors facile d’imaginer tous les aspects mtermédiaires qu’il peut prendre.

b) Lésions produites sur les téguments protégés. — De même que pour le coup de feu à bout touchant, 1l faut ici aussi noter soigneusement les

caractères relevés sur la surface extérieure des vêtements pour les additionner à ceux trouvés sur le tégument lui-même. Expérimentalement, ces effets ont été reproduits sur du drap de capote par: le médecin principal Chavigny qui dit que : « à 5 centimètres de distance, en tirant sur du drap, on obtient un orifice d'entrée irrégulièrement déchiqueté et large de 4 centimètres. La pointe des lambeaux de l’étofte porte, sur 1 centimètre environ la trace très peu perceptible d’une brûlure, il semble que le velu de l’étoffe ait été rasé et on voit des reflets d’un brun noir, Sur une zone assez régulièrement circulaire, d’un diamètre

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* de 15 centimètres, les lamelles de poudre non brülées se sont Incrustées dans les poils de l’étoffe. Ce piquetage résiste un certain temps au brossage, certaines lamelles ne tombent même que par un grattage assez attentifavec l’ongle. Un coup de fusil à 20 centimètres de distance, produit une perforation circulaire à l’emporte-pièce de 6 millimètres, bordée d’une zone

* roussâtre de 3 centimètres et demi de diamètre, avec un semis de lamelles réparties sur 15 centimètres, mais bien moins incrustés dans l’étoffe que dans le cas précédent.

« À 35 centimètres de distance, il n’existe plus qu’un petit orifice présentant une perte centrale de substance de 2 millimètres avec trace d’essuyage de la halle en liséré net sur un diamètre de 5 millimètres. Les lamelles, très peu nombreuses, sont très dispersées et peu adhérentes. À partir de 50 centimètres, l’orifice de passage de la balle n'offre plus de caractères spé- CIaux. » | |

Sur du linge blanc, les effets présentent quelques particularités : « à 10 centimètres de distance, un orifice central de { centimètre et demi est entouré d’une zone de noircissement large de 4 centimètres sur une surface de 8 centimètres de diamètre ; la toile est criblée de petits pertuis presques microscopiques, dans lesquels les fils semblent plutôt écartés que rompus. Par là sont passées les lamelles de poudre non brülées. Après coup de feu à 20 centimètres, l’or1fice central, arrondi, de 6 millimètres, est à bords légèrement effilochés ; 1l est encerclé par un tracé net et noir de 1 millimètre d’épaisseur (essuyage de la

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