CHAPITRE V
Les Résultats
Nous pouvons maintenant étudier les résultats que les Mutualités maternelles ont obtenus après douze ans d’existence, douze ans d'efforts et de progrès continus. Nous verrons en terminant que les Mutualités si parfaites qu’elles nous paraissent ont encore une partie de leur tâche à remplir et qu’il leur faudra dans l’avenir assurer le repos des mères avant l'accouchement ; les Mutualités maternelles auront alors complètement résolu le difficile problème de l'assistance maternelle.
Le premier résultat, le plus tangible et le plus important obtenu par la Mutualité maternelle a été la diminution de la mortalité infantile.
Dans les villes où aucune mesure de précaution spéciale n’est prise pour la sauvegarde des nouveau- * nés, la mortalité infantile ést considérable.
La porportion de la mortalité infantile, dit
M. Strauss (1), estla même que celle de la tuberculose, 150.000 décès par année en France.
Les causes de ce triste état de choses sont multiples : la négligence, l'oubli, plus souvent l'ignorance desrègles les plus élémentaires del'hygiène infantile, l'obligation trop fréquente où se trouve la mère de se séparer de son enfant ; pressée qu'elle est de reprendre son travail la malheureuse mère doit confier son nouveau-né à des mains mercenaires, inexpérimentées souvent, toujours indifférentes.
La première conséquence de cet abandon c’est l'allaitement artificiel avec tous ses dangers, et le nourrisson devient la proie dela diarrhée infantile et des complications de toute espèce à point de départ gastro-intestinal.
«L'enfant acquiert une susceptibilité déplorable aux infections microbiennes.…
« L'organisme est livré presque sans défense aux atteintes des maladies qui sont l’apanage de la première enfance : coqueluche, rougeole, variole, scarlatine, érysipèle, diphtérie…
«Voilà pour l’enfance. Mais ce n’est pas seulement chez l’enfant que se traduit la mauvaise hygiène alitaire du nourrisson. Les mauvais effets s’en font sentir encore chez l'adolescent et dans un âge encore
1, Strauss, Dépopulation et puériculture, 1905.
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plus avancé, car tel est l'estomac de l’enfant, tel sera l'estomac de l’adulte. »
Dans certaines grandes villes la mortalité infantile atteint les proportions suivantes (1).
À Rouen sur 1000 décès il y en a 251 d'enfants de o à 2 ans.
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De 1895 à 1899 pour Paris, voici la statistique de la mortalité envisagée pendant la première année
d’âge (2) :
| En 1895 il est mort 7.665 enfants de o à 1 an. 1896 » 6.500 »
À Nancy d’après la thèse de Zuber il y a eu 10.624 naissances, 9.666 décès dont 2.273 décès d'enfants de o à 2 ans. |
Sur ces 2.273 décès de o à 2 ans il y en a eu:
491 dans le premier mois, soit 215 0/000.