CHAPITRE VI à
L'avenir des Mutualités maternelles
La Mutualité maternelle en étendant sa protection
aux mères pendant une période de deux ou quatre NT semaines avant l'accouchement résoudrait d’une
manière aussi complète que possible le problème si difficile de l’assistance maternelle.
Peut on espérer que par sa seule force d'expansion, v: par le seul effet des initiatives généreuses de Poussineau, Brylinski, Foubert, Vivien et de leurs nombreux imitateurs, la Mutualité maternelle perfectionnée réalisera en France l'assistance maternelle 2 tout en restant facultative et libre ?
Nous ne pensons pas que des ouvrières consentent. d’elle-mêmes à un sacrifice pécuniaire, même mi- Le nime, en vue d’un période de repos à l’époque de
- leur future maternité. Il ne faut guère attendre d’elles cet effort spontané de prévoyance.
M. Félix Poussineau, lui-même, n’y compte pas; dans son rapport à la commission de dépopulation il reconnaît « qu’il entrerait difficilement dans nos mœurs de forcer l’ouvrière à verser chaque année
une somme de 3 francs pour s'assurer contre les risques de la maternité. »
La participation volontaire des patrons aux frais des Mutualités maternelles est loin d’être générale et M. Félix Poussineau nous dit bien quil faudrait encore plus de peine « pour obtenir des patrons leur participation à cette partie du budget de leurs employées ».
« Le moment n’est pas encore venu et ne viendra pas où dans chaque localité un grand industriel ou des chefs d'industrie réunis songeront à imiter l'exemple des Dollfus et des Félix Poussineau.
L'affiliation des Mutualités maternelles aux sociétés actuelles est insuffisante et ne peut encore leur donner une assez grande extension. D'ailleurs cette affiliation est souvent difficile ou inutile : &« Les sociétés mutuelles n’admettent pas volontiers les femmes, presque toutes les refusent, surtout les sociétés qui sont composées de célibataires et de veufs. Les mutualités disent : les femmes et les enfants sont par leur état naturel plus souvent assujettis aux maladies jusqu’à un âge déterminé ; et on ne saurait fairesupporter à un veuf ou à un célibataire, membre d’une société, sa participation aux frais qu'entraînent les maladies causées par la grossesse, l'accouchement et leur convalescence. » (1).