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Les mycelium truffiers blanc

Les différents mycélium trufîiers de coloration blanche que j'ai obtenus présentent tous, à l'état stérile, le même aspect macroscopique : ils ont aussi la même constitution microscopique. Aussi, les aurai-je décrils très exactement, quand j'aurai étudié et figuré celui du Taber melanospormn.

Le filament qui a germé de l'ascospore, de la façon que j'ai déjà indiquée "^^^ est très fin et d'un blanc éclatant : il garde toujours, à l'état stérile, cette coloration et quelles que soient les conditions dans lesquelles je l'ai cultivé, quel que soit le milieu nutritif ou même son. âge, je n'ai jamais pu constater la fameuse « gradation de couleurs nuancées » qui, d'après M. Matruchot, caractérise le mycélium trufiîer : et c'est là en particulier un point que je tiens à metlre dés maintenant en évidence.

Il pousse sur tous les milieux solides ordinairement usités à la culture des Mucédinées (tranches de carotte, de pomme de terre, additionnées dé phosphates et de sels de potasse, terre calcaire seule ou mélangée de terreau, etc.); il croît très rapidement dans les cultures pures, à l'exemple des Mucorinées auxquelles il ressemble beaucoup par son aspect extérieur.

Quand il est jeune, c'est-à-dire lorsqu'il a germé de l'ascospore depuis peu de temps, il est si vivace qu'il n'est pas rare de le voir se dresser dans

(1) r.cnninalioD do l'ascospore tic la truiïe, ¥.m. BorLAXOEU, juin IfO-j.

les tubes de culture jusqu'à une hauteur de 6-8 centimètres au-dessus du substratum : souvent même il traverse le tampon de ouate terminal pour venir s'épanouir à sa surface à l'extérieur.

Sur les milieux riches en principes nutritifs, sur tranche de carotte par exemple, le mycélium très abondant forme un épais feutrage : de nombreuses gouttelettes d'huile sont exsudées et restent suspendues dans l'enchevêtrement des filaments, ce qui donne à la culture un faux air de Mucorinée, ces gouttelettes simulant des sporanges. — A la partie inférieure des vases de culture, il se produit une membrane épaisse, résistante et gélatineuse, qui prend la forme du récipient et recouvre le liquide situé au fond du tube. Ces formations, qui ont l'apparence d'un faux tissu, résultent de Faccolement des filaments au moyen d'un liquide qu'ils sécrètent; souvent la culture tout entière se prend en une seule masse de consistance charnue. Quand on traite ce faux tissa par le chloroforme, la matière agglutinante se dissout et les filaments sont mis en liberté : ils étaient en etTet indépendants les uns des autres, ainsi qu'on peut s'en rendre compte au microscope.

Lorsque le mycélium est suffisamment développé, il donne naissance à un grand nombre de petits corps arrondis, lisses, de couleur jaunâtre, qui sont des périthèces au début de leur développement. Ils dépassent rarement ce stade, car leur diamètre atteint un millimètre au plus ; souvent, ils sont si nombreux qu'ils tapissent presque entièrement les parois des vases de culture.

Néanmoins, dans certaines conditions, ils peuvent poursuivre leur développement : j'en ai obtenu qui présentaient la grosseur d'une noix. Ils s'étaient produits dans des cultures occupant un volume de plusieurs litres, ce qui avait permis au champignon de croître suffisamment avant d'être paralysé par les toxines qu'il sécrète : le milieu nutritif se composait de carotte et de terre calcaire, avec addition de superphosphate de chaux et de sulfate de potasse : ces produits chimiques constituent en effet, le dernier surtout, les engrais de prédilection de la truffe. Ces tubercules, absolument semblables comme texture à dos truffes blanches d'été qui n'auraient pas de spores, avaient une consistance ferme, charnue, très résistante : on pouvait y reconnaîti'e des asquos au début de leur formation.

J'ai trouvé aussi, en triant un nombre considérable de cultures, quelques rares périthèces où s'apercevaient des asques bien formées : celles-ci contenaient des spores incolores. Ces truffes étaient donc adultes, bien que

déformées et de 1res petite taille (0,5-1 cm. diam.) : elles étaient brunes, lisses à la surface, de consistance molle et u'oiïVaicnt aucune diflerenciation en peridiuui ni en glèbe.

Dans les cultures en terre calcaire, où les éléments nutritifs sont peu abondants, le mycélium se développe néanmoins très rapidement ; mais il présente un autre aspect que sur les milieux riches en principes organiques, car, au lieu de former des touffes aériennes très fournies, il se dissémine à l'intérieur de la terre ([u'il agglomère de telle sorte que celle-ci se prend en masse; les fdaments, qui sont excessivement fins, englobent chaque grain de terre d'un réseau tellement ténu qu'il esl très difficile de les y suivre dans une culture pure, même à l'aide d'une loupe. Aussi, le procédé, qui consisterait à les rechercher dans le sol même des truffières, aurait-il les. plus grandes chances d'aboutir à la découverte d'une impureté. Cependant, sans avoir recours aux aides qui permettent de trouver la truffe dans les pays truffiers, M. Matruchot, faisant preuve d'un flair vraiment déconcertant, prétend pouvoir découvrir dans un sol truffier, non pas seulement le précieux tubercule, mais encore son mycélium.

En milieu liquide, quel que soit le principe nutritif, le mycélium truffier se développe très difficilement. Il végète péniblement jusqu'à ce qu'il ait formé à la surface du liquide une membrane épaisse et résistante : une fois cette membrane formée, il donne quelques filaments aériens, mais on en voit rarement qui sc»ienl plongés à l'intérieur du liquide, ce qui laisse croire que la truffe craint un excès d'humidité : les connaissances, que l'on a sur sa culture au point de vue pratique, sont d'accord avec ce fait.

Est-il nécessaire de s'étendre bien longuement sur la reproduction du mycélium trulfier, alors que celui-ci peut vivre en cultures pures pendant phisieurs années, en y gardant toutes ses propriétés? On peut donc le reproduire par boutures successives « un nombre illimité de fois », de même que les autres champignons, et ce n'est pas par là qu'il est remarquable. Mais, quand on veut le propager dans de nouvelles cultures, on constate qu'il est très difficile d'en détacher du substratum une petite quantité au moyen du fil de platine, tellement il est résistant. Cette particularité, très constante et très frappante, s'explique facilement parla structure microscopique.

structure ^microscopique. — A l'examen microscopique, le mycélium trufiier blanc présente des caractères spécifiques remarquables. Tout d'abord, (|uand on l'examine sans le colorer, on croit y reconnaître la structure d'une Mucorinée : un observateur, d'ailleurs très avisé et très compétent en raison de ses travaux sur les Mucorinées, M. Matruchot, l'a pris en effet, à ma grande surprise, puis à mon profond étonnement, pour un Mortierella.

Ce filament est très fin et son calibre varie de 2 p à 4 ^; il est ramifié (fig. 1, 2), bien que souvent sur une grande longueur il ne présente que peu de ramifications; c'est à sa partie terminale, où il s'amincit progressivement, qu'il donne de nombreux rameaux secondaires, de diamètre moindre, d'où leur aspect filiforme. Ces derniers ne mesurent pas plus de 1/3 f« à 2 ft; aussi, quand on les aperçoit dans une préparation à côté des filaments principaux, est-on frappé de la différence de calibre et l'on pourrait croire que les cultures contenaient plusieurs champignons différents (fig. 14').

Les filaments sont réunis quelquefois par des anastomoses, mais c'est assez rare (fig. 3).

Si le calibre du mycélium est très variable, son contour n'est pas moins irrégulier (fig. 4), car en de nombreux endroits il est bossue et présente des renflements, suivis d'étranglements; en quelques points, il semble qu'il ait formé des chlamydospores (fig. 5). A sa partie terminale, on croit reconnaître, à l'extrémité de courts rameaux, des conidies isolées (fig. 6, 7), ovoïdes, de forte taille, assez semblables à celles des Mortierella; mais certaines d'entre elles se prolongent à leur extrémité par un filament (fig. 8, 9) ; on ne peut donc les assimiler à des spores. On verra, d'ailleurs, que ces irrégularités de contour, ces fausses chlamydospores, ces pseudo-conidies tiennent tout simplement à la constitution du mycélium.

Enfin, quand on observe ce champignon sans le colorer, il n'apparaît aucune trace de cloisons : on ne distingue à l'intérieur ({u'un protoplasma granuleux, parsemé de nombreuses gouttelettes d'huile.

Tels sont, de prime abord, les caractères du mycélium trulïier blanc ; on voit que les filaments ne « s'anastomosent » que rarement; ils ne s'agrègent pas « en gros cordons par ramifications et anastomoses », et surtout ils n'ont pas « une taille relativement considérable, avec un diamètre de 8 ft et 10 p », comme l'énonce M. Matruchot pour la mucédinée qu'il a succinctement décrite, sans la figurer.

On a conclu des difTcrenls caracLôrcs, (fiie je viens d'énuniérer, que ce mycélium blanc ne pouvait être celui de la Irulle, el (lu'il appartenait tout simplement à une Mucorinée.

Bien ({u'il sorti; d'un œuf, ainsi qu(^ j(> l'ai montré, il m'était difQcile de laisser classer i)arnii les Uomycètes un champignon, qui m'a permis de reproduire en abondance la trafï'e dans le sol, quoiqu'on en dise et médise ; j'ai donc pensé que s'il ne présentait pas de cloisons, ce n'était pas tant parce qu'il n'en avait pas, mais parce qu'il était difficile de les distinguer.

Après avoir coloré au bleu colon, je n'ai pu remarquer de cloisonnement quelconque dans le filament principal, mais j'ai constaté que les rameaux secondaires terminaux sont nettement cloisonnés. Ils sont formés (fig. 12, 13, 14) par des cellules cylindriques, allongées, de même dimension ; à l'intérieur, le liquide n'est pas granuleux, comme dans le fdament principal, mais hyalin et il n'y a pas de gouttes d'huile. Certaines cellules sont vides, leur contenu s'étant écoulé par une déchirure de la membrane (fig. 16, 17) ; le mycélium se déforme en cet endroit (fig. 15, 10) et présente un aspect particulier, car les cellules aplaties se montrent tantôt de face et tantôt de profil.

Ces ramifications terminales se prolongent directement à l'extrémité des filaments principaux, et la diiïéreiice des calibres y est très sensible ; d'autres fois, elles naissent en nombre variable sur des renflements latéraux à ceux-ci (fig. 10, 11, 12, 13).

Il était bien invraisemblable que le mycélium truffier, nettement cloisonné à sa partie terminale, ne le fût pas sur le reste de sa longueur : les cloisons étaient certainement masquées par le contenu des cellules et il devait être possible de les distinguer, si l'on débarrassait le filament du liquide qu'il renferme.

Je l'ai traité par l'hypochlorite de soude, puis j'ai coloré au bleu coton ; lorsque la solution d'hypochlorite est trop concentrée, la membrane se dissout sur de nombreux points, le mycélium se sectionne et il ne reste plus dans la préparation que des tronçons plus ou moins longs de celui-ci.

Ces débris du filament principal sont cloisonnés, mais au lieu de présenter des cloisons transversales, rectilignes et régulièrement espacées,

comme on l'observe dans les ramifications terminales, ils sont formés par des cellules polyédriques, irrégulières, dont le nombre et la disposition varient suivant l'emplacement. Celles-ci sont de dimension si réduite qu'au premier abord on les prend pour des granulations de la membrane mycélienne ; quelques-unes pourtant sont plus grandes et l'on peut les considérer comme des vacuoles^ car elles contenaient les gouttes d'huile que ce champignon montre en abondance sur toute sa longueur.

Certains de ces débris filamenteux n'ont dans leur épaisseur qu'une seule file de cellules, puis à la suite de celles-ci il s'en trouve plusieurs autres qui sont groupées sur un même front. Leur nombre varie avec le calibre, de telle sorte que dans les parties les plus larges du mycélium elles se trouvent par 6 ou 8 de front et forment ainsi sur toute la longueur un véritable faisceau cellulaire (fig. 18, 18'^ 18"). Le contour du filament étant irrégulier, celui-ci présente dans ses parties renflées un tissu pluricellulaire bien développé; au contraire, à l'endroit où il est étranglé ce n'est plus qu'une seule file de cellules cylindriques, puis ensuite le tissu se développe à nouveau ; cette alternance des tissus s'aperçoit quelquefois aussi dans les parties où le filament est uniformément calibré (fig. 19').

On voit encore dans les préparations des li'onçons filamenteux très réduits, qui ne comprennent pas plus de deux ou trois cellules (fig. ;21); d'autres ont une forme globulaire plus ou moins volumineuse et renferment une ou deux vacuoles, qui sont englobées par des cellules plus petites : ce sont les renflements du filament que l'on prenait pour des chlamydospores.

D'autres tronçons portent sur de courts rameaux des formations semblables : ces masses cellulaires, ovoïdes, qui si^ prolongent parfois par un court filament, représentent les pseudo-conidies ([ui semblaient analogues à celles des Mortierella.

On voit que le mycélium Iruffier blanc, loin de ressembler à un Oomycèle, se distingue nettement au contraire de tous les autn^s champignons pur sa constitution microscopique.

Quand on veut observer cette structure dans son ensemble, sans détruire le champignon, il faut traiter celui-ci par une solution d'hypochlorite très diluée, et prolong(!r suffisamment l'action de ce réactif; puis, afin d'être sûr qu'il ne reste plus aucune trace de matière grasse, on le plonge ensuite dans l'essence de térébenthine, dnns l'éther et dans l'alcuol ; on colore au

moyen d'une solution très étendue de bleu coton, ce (jui demande au moins vingt-quatre heures, et l'on monte la préparation dans l'acide lactique.

On peut ainsi, après de nombreux essais, obicnir quelques préparations satisfaisantes et l'on voit que le filament principal présente sans interruption et sur toute sa longueur la structure pluricellulaire que nous avons étudiée précédeumient sur les ditTérents tronçons qui s'en étaient détachés. Il est formé dans sa plus grande partie par un tissu cellulaire (fig. 18, 18', 18"), ({ui est plus ou moins développé suivant les dimensions du calibre ; vers sa partie terminale, où le diamètre diminue, il ])résente de place en place (fig. 19") une constitution plus simple, les cellules s'alignant en une seule file, bien qu'il y ait encore trace d'un semblant de tissu cellulaire. On remarque aussi dans cette partie du filament une particularité assez curieuse : le tissu très rudimentaire n'est représenté que par des groupes de quelques cellules seulement ; ces amas cellulaires sont séparés les uns des autres et espacés régulièrement à l'intérieur du tube mycélien, et celui-ci n'est pas obturé complètement par ce tissu aux points où il s'est développé (fig. 23). Peut-être ce détail intéressera-t-il les histologistes, qui chercheront à expliquer la formation du mode de cloisonnement très particulier, que je viens de décrire rapidement.

En résumé, le mycélium trufTier blanc se compose :

1° D'une partie principale vivant dans la terre où elle produit la truffe : le filament (quoique ce terme devienne impropre) s'y montre ramifié, irrégulier dans son calibre et son contour et il est formé par un véritable tissu multicellulaire ;

2" Sur celte partie souterraine, rampante, se dressent des filaments aériens, cloisonnés noi-malement comme la plupart des champignons, qui donnent naissance aux diflérentes formes conidiennes, lesquelles servent à la propagation de l'espèce.

La réunion et le point de contact de ces deux parties du champignon, si difîérentes par leur structure, me permettront de prouver l'authenticité des formes conidiennes que j'ai annoncées; dès maintenant, je suis en mesure d'établir cette preuve, d'une façon absolue, pour deux d'entre elles : la forme Monilia et la forme Acrosfalarjiniis cinnabarinus.

Le 3*" fascicule (tome XIX) du Bulletin trimestriel de la Société mycologique de France n'ayant paru qu'à la fm du mois de juillet, je n'ai pu prendre connaissance de l'article de M. Matruchot sur la « Culture arlificielle de la truffe y>, qu'après avoir publié mes premières recherches sur la germination de l'ascospore.

Gomme M. Matruchot a pris l'habitude de ne jamais parler de la truffe, sans me faire l'honneur de discuter mes travaux, je ne puis me dispenser de reproduire ici in extenso sa dernière communication.

Je ne saurais aussi laisser passer, sans y répondre, les critiques, quelquefois acerbes, qu'il élève contre mes résultats. M. Matruchot^ qui, je pense, aime la polémique, s'efforce de me donner le rôle de l'agresseur; tel autre pourrait en être ffatté : pour moi, je préfère laisser au public le soin déjuger ce qui s'est passé.

Etait-ce le mettre en cause, ainsi qu'il le prétend, que de rendre hommage à l'ancien professeur, qui guida mes premiers pas en mycologie, et d'établir un fait que d'ailleurs il a dû reconnaître lui-même comme exact dans la séance de la Société mycologique du 7 mai dernier? Il est vrai qu'il essaye aujourd'hui d'en atténuer la portée ^'^K

Je me suis, en effet, borné à dire ^~^ que j'avais remis à cet ancien professeur et ami, dès l'année 1901, tous mes tubes de culture, à l'état vivant. Je lui ai communiqué à cette époque tous mes résultats, alors qu'il ne songeait nullement à la culture de la truffe ; il visita par la suite mes bois d'Étampes et reconnut devant témoins^ j'en ai la preuve écrite, que j'avais réellement obtenu de nombreuses places truffières nouvelles.

C'est seulement après avoir eu connaissance de ces résultats décisifs que M. Matruchot entreprit des recherches analogues, sur le même sujet, sans d'aiUeurs m'en faire part : ce savant, dans sa bienveillance pour moi

(1) Jo trouve à la page IL du Bulletin de la Société Mycologique, dans le compte rendu de la séance du 7 mai 1903, la phrase suivante, dont je dois relever l'inexactitude, sans d'ailleurs vouloir mettre en cause M. le Secrétaire général, ni la personne qui a résumé ledit compte rendu :

« En 1900, M. Boulanger lui fit part de ses intentions d'étudier scientiliquement et pratiquement surtout la culUiie » de la trulTe, et dès ce moment Jl. Matruchot le pria de vouloir hien ne pas lui communiquer ses résultats, hii-vii-mc I) cnirepvcnanl aussi des recherches nnalogucs u

Quand j'allai voir M. Matruchot. en lilOO, j'avais si hion l'intention d'entreprendre la culture de la trulle, (|ue j'avais déjà déposé à l'Académie des Sciences le pli cacheté dont l'ouverture, le 5 mai dernier, me permit de sauvegarder mes droits : j'y avais consigné les résultats de mes recherches depuis 1898.

Do plus, M. Matruchot ne poursuivait nullement à cette époque des recherches analogues, du moins je n'en étais pas averti : il eût été, en eflet, plus que na'i'f de ma part de remettre à un concurrent, ce que jo fis l'année suivante, tous mes tuhes de culture, en ne lui cachant rien de mes résultats.

(',') liullctin Société Mycologique, 3° fascicule, tome XIX, page 2G6.

et afin de conlrôler iintii travail, n'hésita même pas, paraît-il, à se déplacer plusieurs fois pour aller inspecter le sol même des truffières en Périgord, en Bourgogne, peul-êire « sous d'autres climats ».

J'ajoulerai ([ue l'activité, qu'il a su déployer en voulant bien s'intéresser à moi, et surtout à mes recherches, n'a d'égal que l'empressement qu'il a mis pour empêcher mon travail d'être présenté à l'Académie par l'un de ses membres, et pour s'y faire écouter à ma place, après m'avoir enlevé ainsi luule chance de concurrence. 11 a pu en effet développer tout à son aise plusieurs conununications, où il est beaucoup plus question de mes travaux que des siens.

Mais, puisque M. Matruchot croyait si fermemenl à l'inanité de mes résultats, pourquoi cet empressement à les démolir en public? Voulait-il donc, à titre de compensation, faire de la réclame au trufficulteur? Pourquoi, surtout, cette hâte à publier ses recherches le même jour que moi? Pensaitil donc que mes erreurs auraient pu éclipser ses vérités, s'il les avait fait connaître après moi, qui avais incontestablement droit à la priorité?

On comprendra que, de mon côté, je puisse mettre en doute la justesse des résultats de M. Matruchot, et, qu'animé d'un sentiment analogue à celui du Maître, je croie de mon devoir de « mettre en garde le public scientifique et agricole » contre des promesses que ce savant n'est pas près, à mon sens, (le réaliser.

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