‹ Les MycétomesChapitre 27 sur 41 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° A l'exception des deux premières espèces de mycétomes décrites dans ce travail et qui sont produites par des Discomyces, les six autres espèces sont occasionnées par des Champignons différant spécifiquement les uns des autres, mais ayant le plus grandes affinités génériques. Comme pour deux d'entre eux la culture ou l'observation anatomo-pathologique ont permis de savoir qu'ils appartenaient au genre Aspergillus les autres rentreront à coup sûr dans ce genre quand on aura réussi à en obtenir la culture. Actuellement nous les groupons, suivant la présence ou l'absence de pigment, dans nos genres provisoires Madurella et Indiella.

20 L'étude des mycoses spontanées de l'Homme appartenant au groupe des mycétomes nous a permis de mettre en évidence la biologie de ces curieux Champignons parasites. Il peuvent, à l’encontre de ce que l’on croyait, même dans lestissus, non seulement montrer des formes de résistance comme les sclérotes et les chlamydospores, mais encore des appareils sporifères caractéristiques (Aspergillus nidulans et Aspergillus Bouff[ardi).

3 Nous pensons que la production du mycétome doit demander de la part de l'hôte et de la part du parasite, des conditions assez difficiles à rencontrer dans la nature, autrement le nombre de ces affections serait immense. Les indigènes, marchant pieds nus dans les régions désertiques et qui payent d’ailleurs le plus lourd tribut à cette maladie devraient tous être contaminés.

ÉRoN0Re

n° Etant donnée la faible résistance des spores conidiennes dans les tissus et le peu de succès des injections sous-cutanées expérimentales de spores, nous pensons que le Champignon doit être inoculé dans les téguments sous une forme de résistance capable de mieux lutter contre les agents destructeurs de l'organisme que les filaments issus des conidies.

5° Nous avons insisté à plusieur sreprises dans notre travail, sur le rôle que semblent jouer les cellules géantes et épithélioïdes, à protoplasme abondant et fluide, dans la nutrition du jeune parasite. Nous avons signalé également à propos de l'actinomycose en particulier, le rôle actif que jouent les macrophages dans la dissémination de la maladie à distance, les défenseurs de l'organisme sont devenus les agents de sa déchéance.

6° Nous avons montré, à propos de chaque mycétome, que l'examen macroscopique de la tumeur est en général assez peu caractéristique et dépend beaucoup de l'âge de la lésion. Le grain au contraire est absolument typique dans les huit espèces que nous avons décrites comme capables de déterminer cette affection; d'ailleurs, en cas de doute, l'examen microscopique éviterait toute confusion.

7° Nous avons dans ce travail signalé quatre nouvelles espèces de Champignons du groupe des Moisissures capables de donner l'aspect clinique (mycétome », cette nouvelle acquisition scientifique porte à huit le nombre des espèces mycosiques capables de donner cette maladie. Nul doute que des recherches systématiques analogues à celles dont nous avons essayé de donner une idée dans notre mémoire ne permettent de découvrir encore de nombreuses espèces dont le rôle pathogène serait démontré.

S° Enfin on aura des chances d'identifier les espèces parasites rencontrées dans les tumeurs, même en l'absence de cultures, quand on aura étudié d'une facon plus précise que cela n'a été fait jusqu'à présent la morphologie et la biologie des Aspergillus ou des autres Moisissures à thalle cloisonné qui ontun optimum cultural voisin de 37, quel que soit d'ailleurs le volume de leurs spores. L'inoculation traumatique qui donne les mycétomes ne nécessite pas en eflet de spores d'une dimension déterminée, elle exige un

MR

parasite pouvant vivre et se développer à 37°. Les Moisissures qui présentent ces caractères sont certainement plus communes dans les régions tropicales que dans les régions tempérées. Leur étude facile à entreprendre serait du plus grand intérêt scientifique.

Vu : Le Président de la Thèse, R. BLANCHARD.

Vu : Le Doyen, M. DEBOVE.

Vu et PERMIS D'IMPRIMER :

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris,

L°LTARD.

w"\? LE Abe

rl ze

Page 1