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producteurs dans les tissus, l’accès de l'air étant indispensable, ils ne peuvent fructifier que quand les hyphes atteignent la surface de la peau ou une cavité naturelle.
9° Il existe une différence fondamentale entre les infections microbiennes et les infections mycosiques.
6° Les colonies mycosiques, pour pouvoir infester un nouvel organisme, doivent avoir produit de nouvelles spores au contact de | air.
Nous allons reprendre en détail chacune de ces propositions.
l°Ilest parfaitement démontré, par des expériences nombreuses, ayantportésur des Mucorinéeset des Aspergillus, que les spores seules sont nocives, mais il est bon de savoir aussi que l'inoculation de l'appareil végétatifseul de certains Champignons, est capable de produire des mycoses internes, c'est le cas des Blastomycoses (Ex. Cryptococcus). Les cultures d’actinomycose vraie d'Israël, de Lignières, de Wright, ne produisent pas de spores, on ne rencontre dans les cultures inoculées que des filaments végétatifs dichotomisés ou dissociés et cependant on obtient avec elles de l’actinomycose expérimentale.
2° Il semble démontré également, surtout pour les aspergilloses expérimentales, que l'intensité de la mycose est proportionnnelle au nombre de spores injectées, dans l’appareil circulatoire; quand le nombre de spores est faible, le mycélium qu'elles produisent entre en dégénérescence et est détruit en quelques jours. Dans des conditions identiques les Mucorinées semblent produire des lésions plus stables et réagissent mieux contre l'organisme. Les blastomycoses semblent indépendantes du nombre de parasites inoculés qui bourgeonnent et se généralisent facilement; d'autre part, tous les mycétomes débutent par une lésion très petite (pl. xix, fig. 5) cette lésion s'étend peu à peu et il estévident que sisa marche était moins lente elle gagnerait de proche en proche une grande partie de l'individu.
3° Barthelat a bien fait d'insister sur les dimensions des spores dans les mycoses expérimentales. Mais ce fait n’a d'intérêt que pour les mycoses inoculées par la voie sanguine. Ce qui domine l'histoire des mycoses, c'est certainement l’'optimum cultural du Champignon parasite. Quelle importance peut-il y avoir en effet, pour un Champignon inoculé par une épine ou une écharde de bois, d'avoir des spores de 6 ou 10 », ou même des chlamydospores beaucoup plus
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volumineuses, l'important est que, une fois introduit dans l'organisme, il puisse trouver une température qui permette son développement.
4°, Les auteurs s'accordent également pour dire que les Champignons parasites ne donnent pas d'appareils reproducteurs dans les tissus et qu'ils sont réduits à leur simple appareil végétatif, l'accès de l'air étant indispensable à la production de ceux-ci. Cette donnée est encore démontrée manifestement inexacte par l'observations des mycétomes.
Nous avons été le premier à signaler dans le mycétome à grains noirs, produit par une Moisissure appartenant probablement au genre Aspergillus, l'existence de chlamydospores volumineuses. Nous avons même introduit les caractères présentés par ces spores dans la diagnose de notre genre provisoire Madurella (21) que nous avons créé tout spécialement pour ce Champignon parasite. Tout récemment, Ch. Nicolle et Pinoy {65) ont retrouvé aussi des chlamydospores dans les grains volumineux qui caractérisent le mycétome à Aspergillus nidulans; de plus, ils ont fait une découverte d'une importance capitale : ils ont trouvé dans les grains de véritables conidies, quelques-unes portéessur des hyphes fertiles ; ces conidies sont d'ailleurs rares, leur couleur est là même que celles que l'on obtient dans les cultures, autre particularité dont nous trouverons l'utilisation plus tard, au sujet de l'Aspergillus Bouffardi Brumpt.
Dans un mycétome à grains noirs étudié par Bouffard et dont nous avons repris l'étude, nous avons été assez heureux pour rencontrer, dans les grains âgés, des amas considérables de conidies et en plusieurs endroits de véritables fructifications d’Aspergillus (pl. xxi, fig. 2 et fig. 4). Bouflard n'ayant pas réussi à cultiver ce parasite, il est impossible de l'identifier en tant qu'espèce, aussi l'avons nous désigné sous le nom d'Aspergillus Bouffardi, le dédiant à notre ami, quia donné de ce cas de mycétome une étude des plus complètes et des plus intéressantes(12). Leschlamydospores existent également dans l’Indiella Reynieri Brumpt et dans l'Indiella Mansoni Brumpt.
Tous les grains dans lesquels ces formes de reproduction ont été observées se trouvaient totalement isolés de l'extérieur et dans la profondeur des tissus.
Voilà donc, au point de vue mycologique, une série de découvertes
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du plus haut intérêt, qui doivent modifier profondément la conception que l’on se faisait des mycoses profondes.
50, Une croyance que nous tenons essentiellement à détruire, c'est ce fait qu'il existe une différence entre les infections microbiennes et les infections mycosiques. Les Microbes se reproduisent dans les organes, les Champignons ne s'y reproduiraient pas. Les faits ci-dessus énoncés nous montrent le cas que l'on doit faire d'une pareille assertion. D'autre part, quelle différence peut-on établir entre l'évolution d'une tumeur blanche, d'une blastomycose, de l’actinomycose ou d'un mycétome quelconque? Dans la tuberculose, les Bacilles se divisent, c’est très vrai, et d'une façon plus ou moins régulière, mais les Blastomycètes bourgeonnent, ce qui revient au même, et quant à l'actinomycose et aux autres mycétomes, les touffes mycéliennes initiales, inoculées accidentellement, abandonnent à des macrophages des fragments que nous pourrons comparer aux bourgeons des Levures; ces fragments, entraînés plus ou moins loin, formeront une nouvelle colonie et ainsi de suite. Dans certains cas même, les mycoses peuvent se généraliser, ou tout au moins aller coloniser bien loin du foyer primitif (nodules ou abcès métastatiques de l'actinomycose, des blastomycoses etc.). Ces faits suffisent, je le pense, à détruire l'idée qu'une différence quelconque existe entre les mycoses et les maladies microbiennes.
6°. On n'est pas en droit de dire que les colonies mycosiques, pour pouvoir infester un nouvel hôte, doivent avoir produit des spores au contact de l'air, car l'étude des inoculations expérimentales de l’actinomycose montre que le Champignon inoculé, a végété dans les cultures sous la forme filamenteuse dichotomique, comme dans les lésions, et qu'il ne produit pas de spores. Les Blastomycètes sont pathogènes, même quand ils n'ont produit ni asques ni chlamydospores. Enfin des inoculations positives d'actinomycose ont été obtenues par Mayo (102), par Rotter(10%)et d'autres auteurs, en partantde grains extraits de tumeurs actinomycosiques. Dans ces cas les Champignons pathogènes ont continué à végéter chez leur nouvel hôte, comme ils l'avaient fait chez le premier.
Nous inclinons à croire que, dans les mycoses spontanées, dans les mycétomes en particulier, le Champignon doit être inoculé sous une forme déjà assez résistante pour pouvoir lutter avec avantage contre l'organisme envahi, cette forme de résistance doit
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se rencontrer rarement dans la nature ou tout au moins l'organisme se laisse rarement parasiter par elle. Je me base pour appuyer cette idée sur le fait que les spores donnent en germant du mycélium jeune facilement détruit, de là les insuccès obtenus pas les injections sous-cutanées ou intramusculaires. De plus, dans l'Aspergillus Bouffardi, les nombreuses spores formées dans les grains ne semblent jouer aucun rôle dans la propagation de la maladie chez l'individu même, car ces conidies germent et sont rapidement détruites à l'intérieur des grains; c'est le mycélium bien vivant, pourvu déjà d'une membrane plus ou moins épaisse, qui. dans ce cas comme dans les autres, semble être le véritable propagateur de la maladie.
Nous terminons cette critique, que nous avons condensée autant que possible, en disant que les Mycétomes doivent être pris comme type des mycoses internes, ce sont eux quinous montrent le mieux la biologie de ces curieux Champignons parasites dont nous allons entreprendre maintenant l'étude détaillée.