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CHAPITRE II

Mycétome actinomycosique.

L'actinomycose est caractérisée par une inflammation chronique des tissus, produite par un Champignon du genre Discomyces. L'inflam mation, localisée au début, gagne de proche en procheets'étend ; dans certains cas, de nouveaux foyers mycosiques se forment assez loin de la tumeur primitive. Quand les nodules parasitaires arrivent à la peau, ils l’ulcèrent, les grains sont mis en liberté et une fistule se trouve constituée, mettant en communication les lésions profondes avec l'extérieur. Ces fistules peuvent s'ouvrir sur une muqueuse et quelquefois simultanément sur la peau et sur une muqueuse.

L'actinomycose est donc un mycétome typique et répond à la définition que nous en avons donnée au début de notre travail. Nous ne saurions entrer dans de nombreux détails sur cette affection très répandue dans toutes les contrées chaudes et tempérées, chez l'Homme et les animaux. Le parasite trouvé dans les lésions a reçu de Harz, en 1877, le nom d’Actinomyces bovis. Des cultures faites en partant de ce parasite ont introduit une certaine confusion dans la nomenclature, mais actuellement, après les travaux de Lignières et Spitz et de J. H. Wright, nous croyons pouvoir donner la synonymie suivante :

Discomyces Bovis (Harz, 1877).

SYNONYMIE. — Actinomyces bovis Harz, 1877. — Discomyces bovis Rivolta, 1877. — Bacterium actinocladothrix Afanasiev, 1888. — Nocardia actinomyces de Toni et Trévisan, 1889. — Streptothrir actino-

CU

myces Rossi Doria, 4891. — Oospora bovis Sauvageau et Radais 4892. — Actinomyces bovis sulphureus Gasperini, 1894 — Nocardia boris R. Blanchard, 1895. — Streptohrix Israeli Kruse, 1896. — Cladothrix actinomyces Macé, 1897. — Discomyces bovis R. Blanchard,

1900. — Streptothrir Spitzi Lignières et Spitz, 1903.

Nous avons eu l'occasion de voir des préparations d'un mycétome actinomycosique de l'Homme, opéré par Fontoynont à Madagascar et très complètement décrit par Jeanselme; d'autre part, nous avons étudié, aussi minutieusement que possible, un cas d'actinomycose de la mâchoire du Bœuf. Cette pièce nous a été envoyée par notre camarade M. Martel, inspecteur du service vétérinaire à la Préfecture de police.

ASPECT CLINIQUE. — Tous les mycétomes dont nous allons entreprendre l'étude dans ce travail siégeaient au pied, il est donc intéressant d'en donner une reproduction (pl. xut, fig. 6). Ce cliché montre la déformation considérable d'un pied atteint d'actinomycose ayant débuté depuis plusieurs années. Le pied, de consistance dure et élastique, est tuméfié et presque doublé en épaisseur; la plante, au lieu d'être concave, est convexe et les doigts ne peuvent plus reposer sur le sol. En examinant la surface du pied, on voit que la peau est fortementaltérée; chez les gens de couleur elle est en partie dépigmentée. A sa surface se rencontrent des nodosités parasitaires, les unes intactes, les autres ulcérées, donnant passage à un pus épais, crémeux, dans lequel se trouvent les grains caractéristiques de cette maladie. Le stylet introduit à travers ces orifices peut aller profondément et on se rend compte que le système osseux est toujours très altéré.

Tandis que le pied s'hypertrophie, la jambe maigrit et fait un contraste frappant avec la tumeur. Au point de vue purement clinique, il est impossible de distinguer le mycétome actinomycosique du mycétome produit par le Sterigmatocystis nidulans ou par l'Indiella Somaliensis; l'examen du grain, seul, nous permet de faire ce diagnostic. Dans le pus épais de l'actinomycose, on rencontre des grains de petite taille, atteignant au maximum 0,75 millimètres de diamètre; ces grains sont difficiles à séparer du pus; de plus, en les examinant avec une loupe assez forte, on peut voir qu'ils sont de forme irrégulière; leur couleur peut être

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