OBSERVATION I
(Observation de notre Maître le D' Ramadier).
Mme Pat... 42 ans.
Vient nous consulter pour hypoacousie, léger prurit, sensation
d'obstruction de l'oreille droite.
A l'examen, l'oreille gauche est normale. Le conduit de
l'oreille droite montre, sitôt le spéculum introduit, une masse
O0 d'apparence épidermique, grisâtre se laissant dissocier au stylet. L’injection d’eau tiède habituellement employée dans ce cas ne l’enlève qu’en partie. Au porte-coton, on continue et termine la toilette en enlevant des /amelles pseudo-épidermiques, assez adhérentes.
Cette toilette laisse un ‘épiderme rosé, légèrement excorié. Le tympan est d'aspect grisâtre, terne, sans reflets.
L'examen de l'audition ne montre aucun trouble particulier.
Quinze jours après, le même phénomène s’est reproduit : on enlève les nouvelles lamelles formées. Une troisième extraction est pratiquée trois semaines plus tard, et c'est ainsi que nous sommes amené à penser à l'existence d’une otomycose. Des parcelles de la matière extraite sont envoyées à un histologiste (Dr Chéné). Sa réponse nous confirme le diagnostic. Sur milieux spéciaux, il a obtenu une culture abondante de Sterigmatocystis nigra (dont nous avons vu plus haut les caractéristiques).
Au point de vue étiologique, on ne note aucune circonstance particulière permettant d'expliquer comment s’est faite l’inoculation. Il s’agit en effet d’une malade d'un milieu bourgeois, n’exerçant aucun métier, habitant Paris et très attentive à sa toilette. Aucun antécédent otologique, jamais de suppuration.
Nous pratiquons un badigeonnage au nitrate d'argent au 1/10, soigneusement,sur toutes les parois du conduit et sur le tympan.
Nous revoyons quelque temps après notre malade : elle est complètement guérie; l’oreille, normale, ne présente plus aucune trace de l’affection.
Cette observation est particulièrement intéres-
sante quant à la flore responsable de l’inflammation
a ON
du conduit: on ne l’a, en effet, que rarement signalée jusqu'ici.
OBSERVATION II (MaURIN).
M. M..., 5i ans, nous consulte pour une surdité intermittente, remontant à 4 ou 5 mois. Les injections boriquées conseillées par son médecin, amenaient l'élimination de quelques masses blanchâtres et le malade se sentait soulagé pendant quelques . jours. C'était le seul traitement suivi jusqu'alors.
L'examen des conduits auditifs nous montre une agglomération de pseudo-membranes blunchâtres.
Une injection à l’eau bouillie ramène des masses mycosiques se présentant sous forme de squames épaisses, les unes opaques
ou nacrées, les autres transparentes.
29 Pseudo-otorrhéique.
OBSERVATION I (EscarT).
M. D..., 19 ans, vient nous consulter pour une prétendue otorrhée bilatérale, dont l'existence remonte à 3 ans. Ce malade accuse en outre une diminution de l'acuité auditive et des démangeaisons.
Les deux conduits sont remplis d’une sécrétion pseudo-purulente jaunâtre. Leur lavage montre l'intégrité absolue de la membrane du tympan. L'examen microscopique est alors pratiqué et nous montre la présence d’aspergillus.
Nous n’obtinmes d'abord aucun résultat avec le sublimé à
d’arg
1%, la glycérine phéniq uée, le nitrate entà{ /20. Par c en quinze jours, notre client fut complètement guéri par des badigeonnages quotidiens au permanganate de potassium à 1 %o.
OBSERVATION II (ESeaT)..
Mile de B..., 43 ans, se plaint d’écoulements des deux oreilles depuis 3 ou 4 ans ; ces écoulements sont très fétides, et notre malade a, de plus, une légère diminution de l'acuité auditive.
Nous constatons, en effet, un exsudat crémeux pseudo-otorrhéi que. | |
En raison de l’état du tympan qui nous avait paru altéré, bien que nous n’ayons pas décelé de perforation, nous prescrivons du sublimé à 1 %o-
Aucun résultat. Ici encore, la guérison fut obtenue grâce au permanganate à 1 %o.
3° Pseudo-cérumineuse.
OBsERYATION pu Dr MAURIN.
Le jeune C..., 9 ans, éprouve une diminution de l’audition.
Son conduit auditif externe gauche est encombré de matières
jaunâtres. NCus pensons à un bouchon de cérumen, et nous pra-
quons l'extraction de ces masses obstruant le conduit. : Notre malade nous revient un mois après avec des symp-
tômes persistants. Un examen approfondi nous fait soupconner
alors la présence d’un parasite et peu de jours après l'examen
de laboratoire confirme notre idée. Nous pratiquons alors des
badigeonnages au permanganate de potassium qui, en peu de jours, débarrassent notre jeune client de son affection.
4° Pseudo-eczémateuse.
OBSERVATION I (Escar).
M. L..., 24 ans, nous consulte pour un «eczéma » du conduit auditif gauche datant de plus d’un an. L'oreille droite est intacte. A gauche, l’examen dénote la présence de masses mycosiques très caractéristiques. Le prurit dont se plaignait ce malade avait introduit en erreur de précédents confrères.