‹ Les Myéloses Agranulocytaires par le StovarsolChapitre 7 sur 28 · SYMPTOMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES CLINIQUES

Nous les grouperons en :

— phénomènes bucco-pharyngés, — syndrôme hémorragique,

— syndrôme anémique,

— phénomènes toxi-imfectieux.

PHÉNOMÈNES BUCCO-PHARYNGÉS.

L’angine est un symptôme important; cependant elle est loin de présenter des caractères cliniques constants et qui pourraient servir utilement au diagnostic. En fait, rien n’est plus variable que les aspects qu’elle peut réaliser et même dans quelques cas, les plus rares il est vrai, elle manque complètement. En général elle fait partie des signes de début et persiste souvent longtemps.

Du point de vue topographique, les amygdales sont souvent intéressées ; souvent aussi le voile du palais; viennent ensuite les gencives, les lèvres, la muqueuse jugale, la langue. Les lésions restent souvent localisées, unilatérales, en particulier sur une amygdale ; d’autres fois elles sont bilatérales ou diffuses.

La physionomie clinique est variable :

— tantôt c’est une rougeur uniforme de la bouche, réalisant une stomatite, avec ou sans angine ;

.— tantôt il existe un œdème important, boursouflant les amygdales, la luette, les muqueuses buccales, donnant à la bouche un aspect scorbutique ;

— d’autres fois encore, des fausses membranes, recouvrant une ou deux amygdales, font penser à tort à une angine diphtérique ;

— les lésions ulcéro-nécrotiques enfin, considérées comme l’élément le plus caractéristique des angines agranulocytaires, sont loin d’être constantes ici. Nous les avons retrouvées 4 fois décrites ; 2 fois 1l s’agissait d’ulcération nécrotique unilatérale des amygdales (obs. VIT et XIIT), une fois le processus siégeait sur la muqueuse jugale (obs. [TT), une fois sur le voile du palais (obs. XI). Ces lésions nécrotiques sont mutilantes, creusant en profondeur. Elles s’accompagnent souvent d’un œdème important de la région, mais sans phénomènes inflammatoires.

Classiquement, en effet, on n’observe jamais de suppuration. Dans une des observations cependant (obs. IIT, une otite survint à la quatrième semaine d’évolution, alors que les polynucléaires étaient à un taux de 12 % pour 2 à 3 000 leucocytes, donc relativement bas.

P.-Émile Wei, dans les deux observations qu’il a rapportées (V et VI), décrit une langue dépapillée, présentant l'aspect de la langue de Hünrer ; dans les deux cas, il est

és “vrai, Laninie était plus rue que de coutume, puis-

: ï qu'il 7 avait que 1000 000 de globules rouges environ par mm’, et, dans un cas, le tubage gastrique avait montré

une FD totale. (Et d’ ailleurs, l'aspect assez particulier de ces deux observations, les met un peu en marge des autres, et il est permis de se FH si, dans ces deux cas, n’existait pas un authentique ndiome biermérien do

En général, les don angulo-maxillaires et carotidiens sont peu tuméfiés, peu sensibles, moins en tout cas que ne le comportent de He lésions orne quand elles s’accompagnent d’un état sanguin normal. Deux fois cependant (obs. VII et X), l’adénopathie était notable. Les troubles’ fonctionnels sont importants :

— la fétidité de l’haleine est fréquemment décrite ;

— la dysphagie est d'observation courante (obs. VIL, X et XII.

— la douleur est marquée ;

—- une fois, l’importance des lésions entraîna une paralysie du voile du palais et du trismus (obs. X).

Tels sont les signes qu’on observe au niveau de la bouche et du pharynx. Parfois, l’aspect étant trompeur et évoquant une angine diphtérique, un ensemencement est pratiqué ; mais la culture ne met pas en évidence le bacille de KLess- LôrrLer. Ce symptôme négatif a déjà sa valeur. Un autre est béaucoup plus important par sa fréquence et l’orientation qu’il donne vers un trouble sanguin : ce sont les hémorragies bucco-pharyngées. Cela nous conduit maintenant à envisager le deuxième groupe de symptômes :

SYNDRÔME HÉMORRAGIQUE.

On peut dire que l'existence de ce syndrôme hémorragique est constante puisque, 12 fois sur 13, nous l’avons

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retrouvé, et, tant au point de vue clinique que pronostique, il mérite une place importante. Sa date d’apparition est variable mais, en général, il couvre toute l’évolution de la maladie; attirant l'attention au début par du purpura et des gingivorragies, 1l ferme souvent le cycle par une hémorragie intestinale précédant de peu la mort.

Nous allons étudier en détail ses modalités cliniques : Les hémorragies cutanéés sont banales. Le purpura est signalé 1L fois :

— pétéchial, il siège plus volontiers sur l’abdomen, le thorax, quelquefois sur les lèvres, la langue et aussi aux extrémités des membres :

— les ecchymoses se voient principalement aux membres, inférieurs en particulier, sur les cuisses et les Jambes.

Mais bien souvent il est généralisé, couvrant tout le corps, pétéchial et ecchymotique.

On note aussi la tendance aux ecchymoses provoquées par choc et aux points de piqüres.

Parmi les hémorragies muqueuses :

les gingivorragies sont particulièrement fréquentes et souvent précoces :

— soit spontanées; c’est un saignement plus ou moins continu des gencives, parfois abondant ; d’autres fois, au contraire, il ne s’agit que de quelques fuliginosités hématiques recouvrant les gencives ;

—— soit provoquées; et c’est souvent l'examen clinique qui les produit, pour un traumatisme qui peut être minime — aussi convient-il d’être particulièrement prudent, et, pour le traitement des lésions bucco-pharyngées, de rejeter les caustiques et les lavages à trop forte pression.

1} la tendance. sa se manifeste de

+ L anémie, par contre, se montre dans l’agranulocytose stovars solique d’une manière beaucoup plus discrète qu’il on ‘est accoutumé de la voir dans les autres ou toxiques. £ ne Ja pâleur est presque toujours ébrervee (7 fois), ‘mais elle reste modérée. Dans l’observation VI, cependant, est notée « une pâleur cireuse »; dans l ei VII, «une pâleur extrême avec bleuâtres ». En tout cas, ce symptôme reste discret en regard des accidents hémorra- giques et aussi des phénomènes toxi-infectieux constituant le quatrième groupe de symptômes, que nous envisagerons maintenant.

PHÉNOMÈNES TOXI-INFECTIEUX.

Quoique variable dans ses modalités, la fièvre est l’élément le‘plus constant, puisqu’on la retrouve dans toutes les observations.

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Elle demande cependant à être interprétée. Elle n’est pas toujours la traduction d’une infection surajoutée, surtout quand il s’agit d’une élévation thermique précoce et éphémère. La plus nette démonstration en est l'observation de Hagerrezp et Rupozpx; elle apparaît alors uniquement liée aux réactions d’intolérance. Mais nous reviendrons ultérieurement sur ce point. ‘

Il n’en reste pas moins qu'à un moment quelconque de l’évolution la fièvre s’allume, liée à d’autres phénomènes infectieux qui ne permettent aucun doute sur son origine. Tantôt elle s'élève brutalement, tantôt plus progressivement ; parfois elle n’apparaît qu’à la période terminale. Elle revêt tous les types, sans qu'il soit possible d’en donner un pour plus particulièrement fréquent : oscillante, hectique, en plateau, et, d’ailleurs, ne traduisant que l'infection secondaire, elle en épouse les modalités, et ne peut présenter aucun caractère spécifique à la maladie elle-même. Mais souvent elle présente des rémissions et des reprises brutales, inexplicables. C’est une température capricieuse, mais tenace et qui domine l’évolution. Son degré est variable, parfois elle ne s’élève que moyennement, à 380, 3805 et reste à ce niveau longtemps (obs. IV, V, VI et XII), parfois elle atteint et dépasse 400 (obs. VII, XI et XTIT), et souvent c’est une telle montée en flèche à 400 qui précède la mort.

Un cortège symptomatique banal accompagne cette fièvre :

— malaise, frissons, asthénie souvent très marquée et durable ;

— herpès buccal (obs. VI);

— phénomènes nerveux qui sont plutôt d’ordre dépressif : céphalée, prostration, torpeur, coma (obs. II, VIet XIII) — troubles psychiques (obs. VI) — délire avec carphologie (obs. XII) ;

— l’asthénie cardio-vasculaire est fréquente :’le pouls est rapide, à 120, 130 — la tension artérielle peu élevée

à 11/6 en moyenne — dans l'observation III on nota lJ’existence d’un galop et, à l’électrocardiogramme, des signes de myocardite diffuse — dans l’observation VII, existaient des souffles systoliques à tous les orifices ;

__— les manifestations digestives se traduisent souvent par de la diarrhée. | |

Des phénomènes infectieux locaux se voient parfois en cours d’évolution :

— furoncles (obs. III et VI) ; -— abcès par injections (obs. VI et X).

Les urines sont rares, foncées, et parfois contiennent de l’albumine (obs. VIT et X), mais jamais l’azotémie ne dépassait 0 gr. 50 et l'intégrité rénale est habituelle.

: . ? # e 0 Assez souvent existe une dyspnée d’effort ou sine materia. Enfin des hémocultures ont été pratiquées chez 4 malades (I, IIT, VI, VIT) et se sont constamment montrées négatives.

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