DIAGNOSTIC
Nous avons vu au chapitre précédent que les signes précis de l'affection que nous décrivons sont communs
à beaucoup d’autres, atteignant le même organe. Pour
établir un diagnostic précis, il faudra donc procéder à un examen complet et très minutieux de la malade. On se basera surtout sur un groupement de signes qui nous a paru être le plus fréquent: les ménorragies avec leur caractère variable d’abondance et de durée; les douleurs diffuses non localisées à un seul côté ; l'augmentation de volume de l'utérus et sa consistance de mollesse spéciale: et enfin l'absence de tumeur ou d'inflammation de l'organe ou de ses annexes.
Toutefois, un certain nombre d’affections pourront plus spécialement prêter à confusion. Les métrites vraies et les variétés décrites généralement au même chapitre, avec douleurs, leucorrée, métrorragies, utérus gros et douloureux, pourraient parfois égarer le clinicien. L'examen au spéculum est caractéristique. On voit un col gros, remplissant parfois le fond du vagin, changé de forme, à surface granuleuse, parlois ulcérée et de couleur variant du rouge vif au rouge violacé. Un écoulement visqueux de mucus, soit franchement purulent,
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soit panaché de stries sanguignolentes s'échapper de l'orifice. Les troubles de la miction sont presque constants. Enfin les poussées de pelvi-péritonite, les salpingites concomitantes, seront d’un sérieux appui au diagnostic.
Le cancer du corps de l'utérus donne lieu lui aussi à des hémorragies rebelles, à des douleurs persistantes et à une augmentation du volume de l'organe. Mais les pertes s'accompagnent d’un écoulement très tenace de muco pus, roussâtre, parfois strié de sang, d'une fétidité fade spéciale et enfin l'examen des parcelles enlevées par la curette donne des garanties suffisantes. De plus cette cachexie précoce et rapide, à aspect spécial du néoplasme utérin, ne pourra être comparée à l'amaigrissement lent, à la perte des forces progressive que l'on voit au cours du myôme diffus.
Les fibro-myômes interstitiels du corps sont au début difficiles à dépister, car lorsque la tumeur est très peu prononcée et n'a pas encore de tendance à se dégager des parois de l’utérus,il est parfois très difficile de reconnaître l'origine des phénomènes morbides observés. La persistance des hémorragies coïncidant avec une augmentation de volume de l'utérus et l'agrandissement de sa cavité sont des signes communs. Le gynécologue devra alors savoir attendre jusqu’à ce que l'affection évoluant, le toucher vaginal, pratiqué au besoin sous anesthésie, combiné à une palpation abdominale soigneuse et aidé du toucher rectal, permette de reconnaître l'existence d'un petit myôme dur, en saillie sur la paroi
de l'utérus, qui traduira le début du fibro-myôme nucléé.
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L'avortément et les hémorragies de la grossesse au troisième mois pourraient parfois induire en erreur. Mais l'examen soigneux des caillots expulsés, des antécédents de la malade, la recherche des petits signes de la grossesse et la constatation de l’état de mollesse spéciale du col utérin si différent de la dureté de celui du myôme diffus, ne permettront pas au clinicien de s'égarer.
Les causes d'erreur sont, on le voit, nombreuses, et peuvent provenir de la prédominance d’un symptôme, les signes concomitants étant atlénués. Elles tiennent également à l'imprécision de la symptomatologie positive. En effet, aucun des symptômes décrits et analysés dans le chapitre étude clinique, ne peut être considéré comme caractéristique.
En particulier le problème sera très difficile à résoudre du diagnostic de la sclérose utérine et de la myômatose diffuse. Leur symptomatologie est analogue; seuls quelques points de détail diffèrent, et notamment l’existence des antécédents des malades, les symptômes inflammatoires ayant donné à un moment quelconque une véritable métrite, l'induration plus grande du col utérin, même du corps de l'organe, son volume plus restreint nous paraissent en faveur de la sclérose utérine. Dans un cas que nous avons pu suivre, ces différences nous ont paru assez nettes.
En somme, l'interrogatoire bien dirigé, l'étude des symptômes fonctionnels et un examen local minutieux permettront souvent d'arriver à établir le diagnostic de myôme diffus.
Dans certains cas cependant, il sera permis de ne pas conclure, et le chirurgien sera amené à pratiquer une
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