‹ Les Myomes Diffus de l'UtérusChapitre 16 sur 40 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il convient d'indiquer à la fin de ce travail les grandes lignes du traitement et même de l'envisager dans ses détails, car il peut être d’une grande utilité aux praticiens qui dans la pratique courante se trouveraient en face du syndrome clinique que nous venons de décrire.

Avant de recourir aux méthodes chirurgicales que l'on conservera comme dernière ressource, il faut d'abord s'attacher à soulager les malades et à parer aux divers accidents qui peuvent se succéder au cours de l’évolution des myômes diffus.

Le traitement médical devra s'adresser d'abord à l'état général dont nous avons vu l'importance dans l'étiologie de l'affection et dans la pathogénie des symptômes. Le repos au lit rigoureusement observé constitue la base du traitement; dans tous les cas où il s’agit d'accidents aigus, tels que douleurs vives, hémorragies, etc. — La congeslion ménorragique guérit dans l'immense mayJorité des cas par le seul repos au lt, à condition de l'imposer régulièrement à chaque époque menstruelle, ausst longtemps que la perte du sang paraîtra excessive.

On recherchera et on traitera systématiquement la constipalion: les globules d'huile de ricin, les cachets de

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cascara, de rhubarbe, les pilules savonneuses, seront les laxatifs le plus souvent employés. Les drastiques seront évilés avec soin.

Certains auteurs, partant de cette idée que la sclérose seule de l'utérus expliquait tous les symptômes, ont conseillé l'iodure de potassium à petites doses ; ce que nous avons dit dans les chapitres précédents nous permet de conclure au rejet de ce médicament.

Il.ne faut pas oublier que bien souvent on a affaire à des femmes nerveuses, parfois neurasthéniques; ce sont là des conséquences directes de la chronicité de leur affection utérine. On leur conseillera une hygiène spéciale, on proscrira l'alcool, le thé, le café. On instituera un traitement hydrothérapique : des douches tièdes en pluie, des bains sulfureux, et enfin on aura recours aux eaux thermales pour lesquelles Néris, Plombières, Luxeuil, Vittel, Bagnoles-de-l'Orme, Royat, Châtel- Guyon, sont les stations les plus indiquées.

Contre les métrorragies on aura recours à la médicaton hémostatique. On s’abstiendra de donner de l'ergot de seigle que l’on emploie d’une façon si banale, car il n'aurait d'autre résultat que d'augmenter l’hémorragie, soit qu'il n'amène que des contractions partielles, soit qu'en provoquant des contractions utérines, celles-ci compriment les minces parois veineuses, d'où stase sanguine. Les médicaments utérins, hamamélis virginica, hyrastis canadensis, vibunum prunifolium, piscidia erythrina, capsicum annuum pourront rendre des services à la dose de 10 à 15 gouttes répétées 3 fois dans les 24 heures. On a recommandé aussi le sulfate de quinine dont nous avons fait usage avec succès. |

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C'est ainsi que nous formulons fréquemment :

Sulfaté de quinine. . .., 0.10 Poudre de gentiane . . Ha dise — de rhubarbe. . p. une pilule

En prendre 3 par jour.

En Allemagne, la stypticine et le stypol ont été récemment vanités, mais nous n'avons pas d'expérience de ces deux derniers médicaments. Il conviendra aussi de se montrer prudent dans l'administration prolongée de l'adrénaline et de la thyroïdine dont les propriétés toxiques ne sont pas encore nettement démêlées.

Contre les hémorragies, le traitement local s’adressera surtout à des irrigations vaginales d'eau bouillie, très abondantes et très chaudes (45 à 50°), données deux fois par Jour, et injectées lentement et sous faible pression, la malade gardant le décubitus horizontal. Des décoctions de pavot et de guimauve, additionnées de borate de soude (20 à 25 gr.) et de chlorure de sodium (15 gr. pour 2 litres d'eau) ont dans ce cas été préconisés. Dans l'intervalle des époques menstruelles, l’emploi de ces irrigations est très utile et elles seront continuées à une température qui variera selon les cas particuliers et la tolérance des malades. De plus, les ovules olycérinés au thigénol ou à l'ichtyol ou à la glycérine alcalinisée (glycérine 200, borate de soude 20 gr., chlorure sodium 2 gr.) serviront de décongestionnants par leur action sur le col ; nous en conseillons l'application tous les deux soirs, suivie le lendemain matin d’une 1rrigation vaginale abondante.

Contre l'élément douleur, il sera le plus souvent imu-

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tile de recourir aux applications de glace. Mais des cataplasmes chauds, où mieux des compresses humides chaudes recouvertes de taffetas gommé et que l'on pourra d’ailleurs arroser de laudanum suffiront. Les douleurs pourront être également calmées à l’aide de suppositoires ou de lavements opiacés et belladonnés avec où sans antipyrine.

Certains auteurs ont employé l'électricité comme mé- thode curative suivant les indications d'Aposrozr. Nous ne pouvons juger ici une méthode que nous n'avons pas mis nous-même en application et nous ne saurions préciser davantage ses indications ou ses contre indicatons.

Le massage et la kinésithérapie, sont les adjuvants précieux d’un traitement médical suivi, et nous n'hésitons pas à reconnaître leur efficacité dans tous les cas où la congestion de l'organe joue un rôle si important dans la production des phénomènes pathologiques. Ce n'est pas un traitement banal que tout le monde peut cinstituer ou subir, c'est là son défaut. Mais, exécuté avec tact et habileté, 11 devient dans nombre de cas un remède héroïque et bienfaisant.

Il nous reste à parler des méthodes actives chirurgicales. Et d’abord que penser de la cautérisation de la muqueuse par les agents chimiques, le chlorure de zine, par exemple, ou la teinture d'iode? Nous dirons simplement qu'il n'y faut pas trop compter comme méthode thérapeutique. L'emploi de l'iode est presque inefficace, tandis que le chlorure de zinc n'est pas sans danger.

Les scarifications pratiquées sur le col utérin après asepsie préalable, dans les cas de congestion intense

LE avec douleur et leucorrée pourront procurer un soulagement rapide et très marqué.

Le curettage est une opération qui trouve chez ces malades atteintes de myôme diffus une indication souvent inefficace. C'est ainsi que ces malades sont souvent arrivées à l'hôpital ayant déjà subi plusieurs curettages. On s’acharne après une muqueuse dont les lésions sont secondaires; le muscle utérin n’est pas touché et c'est lui qui est la cause première de tous les accidents. Le curettage peut donc être pratiqué légitimement chez les malades désirant à tout prix un traitement. Toutefois en présence des insuccès constatés dans les nombreux cas que nous avons étudiés, il nous paraît difficile de le conseiller.

Enfin si tous les autres moyens échouent, et surtout si la condition sociale de la femme ne lui permet pas d'attendre les effets du traitement médical ou palliatif, si les ménorragies sont abondantes, si les douleurs empêchent toute occupation suivie, si l’état général s’affaiblit sous l'influence de la dépression nerveuse qui est le résultat des divers symptômes causés par la myômatose diffuse, on aura recours à l'hystérectomie. L'aseptie qui préside aujourd'hui à la chirurgie abdominale permettra d'employer la voie haute pour pratiquer cette opération: Les avantages de l’incision abdominale sont reconnus actuellement par tous les chirurgiens et ce n'est pas ici le lieu de les passer en revue. Une question se pose : faut-il laisser les ovaires en place ou en pratiquer l’ablation en même temps que celle de l'utérus ? Dans la plupart des cas, on se trouve en présence de ces dégénérescences particulières des ovaires qu'on appelle dégéné-

Sue rescence sclérokystique. Si cette lésion est très accentuée, nous conseillons la castration totale. Au contraire, s’il s'agit d'une femme jeune, dont les ovaires paraissent sains macroscopiquement, il sera prudent de les laisser en place, ou au moins d'en laisser un destiné à prévenir l'insuffisance ovarienne. |

Le procédé qui nous paraît être le procédé de choix et dont nous avons vu les résultats excellents dans les cas que nous avons pu suivre, c'est l’hystérectomie subtotale selon le procédé américain. Elle est plus rapide que l'hystérectomie totale, plus inoffensive dans son pourcentage et enfin nous avons vu le moignon du col utérin resté en place, diminuer de volume, s’atrophier progressivement et ne plus donner lieu à aucun phénomène pathologique.

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