‹ Les Myomes Diffus de l'UtérusChapitre 6 sur 40 · ARE SE · texte numérisé non relu

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absence de lésions graves de la muqueuse. Le microscope leur a montré des lésions d’angiosclérose avec une prolifération surtout conjonctive (Pichevin et Petit, Reinicke), ou bien surtout élastique (Cornil, Pozzi). C'est cette question tout entière des pseudo-métrites que nous reprenons aujourd'hui sous le nom de les myômes diffus . de l'utérus, en nous basant sur la constatation microscopique d’une hyperplasie constante de la fibre musculaire, qui est la caractéristique histologique de la lésion de l'organe, comme elle est la cause première du syndrome que nous décrivons.

D'autres auteurs ont parlé avant nous d’une hyperplasie musculaire diffuse de l'utérus et ont même employé le terme de myômatose diffuse, mais n'en ont pas vu l'importance au double point de vue anatomique et étiologique, importance que nous mettrons en relief dans ce travail.

Avant d'exposer notre conception et de faire la synthèse des pseudo-métrites, nous allons retracer rapidement l'historique de la question, pour en faire mieux saisir les grandes lignes.

La question des pseudo-métrites ne pouvait pas tomber sous l'observation des gynécologues anciens à qui manquaient des notions miérographiques précises. Aussi ne faut-il pas s'étonner des confusions que renferment leurs travaux, dans lesquels se retrouvent décrites des Tésions fort différentes, mais de causes très dissemblables. En lisant attentivement ce qui a été publié au cours du siècle précédent sur les indurations, l’engorgement, l'inflammation chronique, l'hypertrophie de l'utérus, on est frappé de la vérité des descriptions cli-

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niques, mais on reste étonné du peu de souci qu'ont eu les auteurs, de la pathogénie de ces états morbides, qui, mieux éludiée les aurait probablement rapprochés de la vérité éliologique. Des groupements logiques se fussent tout naturellement trouvés de ces diverses allérations, et la thérapeutique rationnelle en aurait été aisément déduite.

Nos devanciers avaient remarqué que l'utérus atteignait parfois une dureté anormale, connaissaient les augmentations de volume affectant tantôt le col, tantôt le corps, tantôt l'utérus tout entier ; allongement hypertrophique, hypertrophie simple, tels étaient les vocables qu'ils avaient donnés.

Huauier, dans son livre sur l'allongement hypertrophique, n’a point été tenté par la préoccupation d'ébaucher là pathogénie de ces lésions pourtant exactement décrites.

Born et Ducis assurent que toutes les augmentations de volume ou hypertrophie tiennent à quelque « phlegmasie chronique ou a des altérations de texture » ; ces altérations ne visent que quelques formes de cancer et de fibrome.

Lisrranc décrit une variété d'hypertrophie avec « induration blanche simple » qu'il rattache d'une façon constante à l'accouchement ou à l'avortement et dans laquelle, il nous fait voir pour les formes curables, la subinvolution et pour les formes rebelles, la métrite chronique accompagnée d'un processus scléreux.

Duparque attribue la sclérose à une substance fibroalbumineuse qui se dépose dans les mailles du tissu utérin et qui, à l'instar des pseudo membranes qui se for-

pa ment dans les cavités séreuses, passe à l'état imduré, carlilagineux el osseux.

ScAnzoNt qui a fait converger tous ses efforts vers l'unification de la métrite chronique, a insisté sur la production du tissu fibreux interstitiel dans les mailles du issu musculaire, comme la cause de l’induration et de l'augmentation de volume.

D'après lui : « Beaucoup des engorgements de la matrice, qu'on regarde comme inflammatoires, n'ont rien d'inflammatoire au sens précis du mot. Ce sont des désordres de nutrition comme on en voit se former dans d'autres organes à la suite d’une hyperhemie de longue durée ». ,

RécamiErR a exprimé la même idée de la manière suivante: « Il y a des tuméfactions et des engorgements utérins résolubles qui ne sont pas inflammatoires et qui se comportent comme les engorgements hémorroïdaux érectiles de la marge de l'anus ».

Dans MorAT, MARTINEAU, DE SINÉTY, CourTY on trouve nombre de passages qui autorisent à conclure que ces auteurs faisaient une différence très nette entre la métrite inflammatoire de la muqueuse utérine et cerlains engorgements qui en simulent les symptômes et l'évolution.

SKÈNE fait la distinction entre les hypertrophies, les modifications du tissu utérin dépendant de l'inflammaion, d'avec une autre espèce de lésion, indépendante de l'inflammation, obéissant à un mouvement nutritif hypertrophique spécial et qu'il appelle métrite interstiüelle hypertrophique.

En 1886, Doréris aborde ce sujet et propose de sépa-

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ces

rer de la métrite infectieuse « les états pathologiques qui sont la conséquence de simples troubles de nutrition nés sous l'influence de perturbations nerveuses, sanguines, lymphatiques, traumatiques ou de régression incomplète, et qui correspondent à ce qu'on appelle la

Subinvolution, l'hypertrophie chronique, l'hyperplasie,

l’'engorgement, la congestion ». — « Je repousse, dit-il, du cadre de la métrite, tous les troubles utérins passagers ou durables dans lesquels je ne trouve point, à l'origine, l'élément microbien. Telles sont les congestions passives, aiguës parfois, du début ou du déclin de la vie génitale de la femme ; tels sont les troubles de fonctionnement des appareils vasculaires, musculaires, nerveux de l'utérus dont nous connaissons maintenant la solidarité physiologique, troubles consécutifs à des altérations diathésiques, à des réparations ou régressions insuffisantes ».

Armand SrREDEY, Paul Perir dans les nombreuses publications qu'ils ont faites sur ce sujet, font également entrevoir la nécessité de séparer de la métrite microbienne certains états congestifs primitifs auxquels 1ls proposent d'assigner une individualité propre.

DÔôpErLIN et PFANNENSTIEL ont cherché à établir que l’'endométrite fongueuse n'est pas d'origine infectieuse et qu'elle est toujours en rapport avec un trouble des fonctions ovariennes.

De même Treus et LEHMaL refusent à cette variété d'endométrite tout caractère inflammatoire et proposent de la distraire du cadre des métrites pour la décrire à part sous le nom d'hypertrophie de la muqueuse utérine.

L'étude bactériologique montrerait qu'il est imjustifié

ADS d'attribuer à l'infection tous les états morbides de lutérus. TREUB, HAARLEM, DÔDERLEIN ont montré que, bien souvent, dans les gros utérus, injustement qualifiés de métritiques, l'examen bactériologique reste négatif. Des constatations identiques ont élé faites par WinreR, PranNenSTIEL. C. Van TusseNBrock et MENDÈS de Léon distinguent également une métrite vraie, inflammatoire, avec une inflammation leucocytaire du stroma, et une fausse métrite avec prolifération glandulaire exubérante.

Powre Van Meerpervoort a consacré un mémoire à la description des lésions de la pseudo-endométrite, caractérisée par l’'hypertrophie des glandes qui deviennent très sinueuses, par la dégénérescence des cellules épithéliales, par l’œdème de la muqueuse et la dégénérescence séreuse de ses éléments. ù

WALTHARD qui a examiné la muqueuse utérine dans 191 cas de curettage, a trouvé 16 fois la membrane absolument saine, et, dans 87 cas, une hyperplasie considérable portant principalement sur les glandes.

MENGe (de Leipsig) a décrit également une dysmenorrhée accompagnée de symptômes métritiques chez des hystériques et des neurasthéniques, sans qu'il fut possible de déceler la moindre lésion au niveau de la matrice. |

VÉDELER pense aussi qu'il y a des pseudo-métrites hystériques uniquement justiciables d’un traitement général. |

Dans un important mémoire sur les hémorragies de la ménopause et la sclérose des artères utérines, REIM- CKE parle de quatre utérus enlevés pour des hémorragies

M — graves et dans lesquels il a trouvé des lésions de sclérose vasculaire avec hyperplasie conjonctive, sans aucune trace de tumeur, ni d'endométrite chronique.

Franz a publié aussi une très curieuse observation

concernant une femme de 37 ans qui dut subir l'hysté-

rectomie à cause de métrorragies incoercibles. À l'examen de la pièce, on trouva la muqueuse très épaissie et une forte multiplication des glandes. La paroi musculaire était infiltrée de tissu conjonctif, les ovaires étaient très volumineux et atteints de dégénérescence sclérokystique. L'auteur estime que les métrorragies étaient dues à une altération des ovaires.

PHEILHABER à publié un intéressant mémoire sur les métrorragies de la ménopause, et insiste sur l'absence fréquente d'un néoplasme ou d'une infection capable d'expliquer la genèse des accidents.

Chez ces malades, il a trouvé l'utérus tantôt hyper-

trophié, mesurant 9 à 12 centimètres, avec des parois

molles, flasques et une muqueuse épaissie (métrite hyperplastique préclimatérique) ; tantôt atrophié, avec les parois minces, et une muqueuse d'aspect à peu près normal. D'après lui ces métrorragies doivent être mises sur le compte de l’atonie des fibres musculaires.

Ranerie (de Turin) a examiné, après curettage nécessité par des métrorragies abondantes, l'utérus de deux vierges de 20 et de 26 ans; il a trouvé une endométrite hyperplasique caractérisée par la surabondance des éléments glandulaires, et l'énorme multiplication des capillaires qui étaient abondants jusque sous l'épithélium. Il lui a été impossible d'y déceler la moindre trace de processus infectieux.

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