‹ Les Myomes Diffus de l'UtérusChapitre 7 sur 40 · AT DNS · texte numérisé non relu

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KozLMann (de Weilheim) qui a examiné avec le plus grand soin les fausses membranes de plusieurs cas d'endométrite dysmenorrhéique pseudo-membraneuse, avoue ne pouvoir conclure en faveur d'une inflammation microbienne de la muqueuse utérine. |

Simmonps et DAUTHEZ pensent aussi que certaines métrorragies de la ménopause sont dues à la sclérose des vaisseaux ultérins, et il base cette opinion sur quatre observations de la clinique de Léopold où la muqueuse élait saine et où la seule lésion constatée sur des coupes miscroscopiques élait une sclérose des artères utérines.

Dans des cas de ce genre, OLDSHAUSEN, A. MARTIN, SCHAUTA, SwiraLsky et nombre d'autres gynécologistes ont dû, en désespoir de cause, pratiquer l'hystérectomie après avoir vu échouer nombre de curettages et tous les autres moyens médicaux.

Picnevin et À. Perir ont aussi décrit une affection qui s'observe le plus souvent chez les femmes âgées de plus de 30 ans, ayant eu des enfants, caractérisée d’abord par des ménorragies puis des métrorragies devenant plus abondantes et plus rapprochées. Le curettage donne une amélioration passagère ; bientôt les pertes reviennent avec une abondance rare. D’après ces auteurs, 1l ne s’agit pas là d'une métrite hémorragique. La muqueuse en effet ne présente aucune modification, les lésions glandulaires sont nulles. Ce qui domine, c’est la multiplication des vaisseaux et l’altération de leurs tuniques qui sont épaissies et entourées de zones de sclérose. Ils ont même observé la dégénérescence des tuniques vasculaires.

Mais surtout deux auteurs, MM. RicueLor et DorÉéRis,

Te ont contribué par leurs études magistrales et par les thèses inspirées à leurs élèves Brioune et Hrepp à l'édification de ce type morbide que le premier appelle sclérose utérine et le second pseudo-métrite. Leurs conclusions sont parallèles dans les descriptions cliniques qu'ils en ont donné: elles diffèrent par les lésions constatées et par leurs causes originelles.

RicH£Lor admet et démontre qu'il existe des congestions, des hyperplasies et des névralgies utérines qui n'ont rien à voir avec la métrite, chez ces femmes qui n'ont aucun passé génital, santé excellente et où l'examen le plus minutieux ne fait découvrir chez elles aucune lésion locale, aucune tare d'affection cardiaque,

hépatique, rénale ou de ptose viscérale. Les chirurgiens

les rejettent: simples névropathes disent les uns, fausses utérines disent les autres. Ces malades issues de souche arthritique, neuro-arthritiques elles-mêmes, apporteraient en naissant une prédisposition spéciale à la congestion, une tendance naturelle à la stase pelvienne, tendance commandée par une perturbation de l’innervalion vaso-motrice dont l'origine, le primum movens, nous échappe complètement. Cette dystrophie primitive de l'utérus, ou même de l'appareil utéro-ovarien évoluerait en deux phases: elle débuterait chez la jeune fille par la simple congestion avec douleurs, ménorragies, leucorrée, constituant ce qu'on a improprement appelé « métrite virginale »; elle se poursuivrait ensuite chez la femme adulte, pendant la période d'activité génitale,

sous les dénominations de « métrite douloureuse chro-

nique », « métrite hémorragique », « dysménorrée membraneuse », pour aboutir, en fin de compte, à la

+ Etes sclérose plus où moins tardive de la matrice — métrite de la ménopause, utérus géant, utérus fibromateux sans fibromes — et cela sans l'intervention d'aucun processus microbien.

D'après Doréris, il faudrait distinguer deux sortes de sclérose utérine: la sclérose secondaire à laquelle aboutiraient la plupart des infections chroniques prolongées de l'endomètre ; la sclérose primitive, infiniment plus rare que la précédente, affection constitutionnelle et qui, . chez quelques femmes, serait la conclusion de poussées de pseudo-métrite survenues pendant la période de l'activité génitale. ni

D'après lui, d’ailleurs, ce qui fait la sclérose c'est moins le processus du début, que les circonstances spéciales de l'évolution ultime aboutissant à une atrophie réellement fibreuse et purement fibreuse ; l’envahissement de la trame utérine par des.éléments conjonctifs en surabondance, l'organisation de ce tissu conjonctif, enserrant et finissant par détruire la fibre musculaire : c'est surtout la sclérose des parois vasculaires et des parois glandulaires apparaissant comme processus initial et tenant sous sa dépendance la nutrition de l'utérus toute entière, qui ne tarde pas à s’altérer profondément.

À ce sujet, une longue discussion fut tenue à Ja Sociélé d'obst., de gynécol. el de pédiatrie de Paris, en mai, juin, Juillet 1900,et à laquelle ont pris part MM.Der- BET, Bouiczy, Doréris, HArTMANN, Pozzx, RicueLor, M. Derger ne nie pas les scléroses utérines dues au tempérament, mais pour y croire, il demande des observations plus nettes et plus précises.

Pour M. Bouiry la sclérose utérine n’est pas une en-

lois.

tité morbide, mais une étape éloignée de l’évolution de la métrite chronique, un aboutissant de processus à l’origine desquels existe l'infection. M. Doréris croit à l'influence de la congestion, il croit même à la sclérose constitutionnelle, mais il pense qu’elle est beaucoup plus rare que ne le soutient M. Ricnecor. Quant à M. Harr- MANN, il ne demande pas mieux que d’être converti, mais jusqu’à présent les preuves qu'on lui a fournies lui paraissent insuffisantes.

On voit done, d’après ce rapide exposé de la question, que les discussions ont portées surtout sur la sclérose utérine, admise d'emblée, et presque sans contestations, comme la lésion dominante des phénomènes morbides observés. Quelques auteurs ont bien parlé, en termes vagues de l'hyperplasie diffuse des diverses tuniques de l'utérus, certains même ont prononcé le mot de myomatose, mais aucun n'en a vu l'importance et n'a précisé les rapports qui existent entre celle-ci et la symptomatologie de l'affection.

La discussion a encore porté sur la pathogénie de la sclérose utérine,- et on peut la résumer ainsi : y a-t-il infection prémonitoire par endo-métrite, ou bien faut-il invoquer l'action incertaine d’une dystrophie spéciale, portant sur l'appareil génital, mais dont il est difficile de préciser les conditions et l’origine. La description que nous allons donner dans les chapitres qui suivent est cliniquement superposable à celle qu'en ont donné les auteurs précités. Mais le résultat des recherches anatomo-pathologiques entreprises au laboratoire du service de gynécologie de la Charité a conduit MM. Albertin et Jambon à une conception différente des lésions

anatomiques et de la nature même de l'affection. C’est cette conception que nous défendrons aujourd’hui : Elle repose sur l'existence constante, dans les cas que nous avons observés, d’une hyperplasie très accusée de la tunique musculuaire utérine, aboutissant à des formations microscopiquèment analogues aux myômes et que nous appelons « les miômes diffus de l'utérus ».

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