‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 133 sur 290 · Dion., 52 c dans la Pair. gr. de Migne, t. 66, p · texte numérisé non relu

Dion., 52 c dans la Pair. gr. de Migne, t. 66, p

2. Olympiodore, Comment sur le Phédon, édition Norvin, p. 120-121.

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lustrations publiques; les vertus purifîcatives, qui nous dégagent du monde extérieur, aux purifications secrètes; les vertus contemplatives, aux réunions; les mêmes vertus, dirigées vers l'unité, aux initiations; enfin l'intuition pure des idées, à l'intuition mystique. Le but des Mystères est de ramener les âmes à leur principe... Car les degrés de l'ascension iélesîique^ sont au nombre de trois... »

Olympiodore distingue donc seulement, dans ce passage :

1° les purifications, publiques ou secrètes;

2° les initiations, précédées de réunions;

3° les épopties.

C'est-à-dire qu'il distingue trois degrés (et non cinq degrés comme l'ont cru à tort quelques historiens modernes) et ce sont les degrés accessibles à l'ensemble des fidèles.

Cependant Olympiodore n'ignore pas les grades supérieurs à Vépoptie] il parle de Bacchos consacré à Dionysos, de prêtre et de philosophe :

« Le premier Bacchos, dit-il d'abord, c'est Dionysos, possédé par la divinité dans sa marche et dans son cri... et celui qui a été consacré à Dionysos, assimilé à lui, participe aussi à son nom 2... »;

Plus loin, il fait remarquer que les uns parlent de « prêtre », les autres de « philosophe », mais que Platon, pour concilier les deux systèmes, a pris le terme de Bacchos, le caractère commun au prêtre et au philosophe étant de s'être éloigné de la « génération » (du monde de la génération) ^;

Et, puisqu'il veut expliquer la parole de Socrate « beaucoup sont narthécophores (c'est-à-dire porteurs de thyrses), mais peu sont Bacchoi * », il est évident qu'il pense à une petite élite quand il parle des Bacchoi.

On peut opposer les mystagogues aux mystes, c'est-à-dire les dignitaires aux fidèles :

c( Mystagogue : celui qui conduit les mystes » (Lexique d'Hésychius) ;

(c S 'étant montrés pour les mystes bons mystagogues, ayant une bonne expérience de la iélété » (Himérius, Discours, XV, 674);

« Le myste c'est le disciple, et le mystagogue, c'est le maître »

1. Télesttgue, « qui donne l'achèvement », « qui donne la perfection ».

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(Moschopoulos, Sched., p. 140, cité dans Lobeck, Aglaophamus, p. 29).

Le mystagogue est défini, dans les lexiques de Suidas et d'Hésychius : le prêtre, celui qui accomplit les Mystères, celui qui conduit les Mystères, celui qui montre les Mystères, celui qui enseigne les Mystères, et même, chez Hésychius, le hiérophante.

Platon fait la même distinction, au fond, quand il loue « hommes et femmes instruits sur les affaires divines, prêtres et prêtresses qui ont souci de pouvoir expliquer ce qu'ils font » (Ménon, 81 b).

Le chrétien Théodoret distingue la foule, les prêtres, le hiérophante.

Il dit en effet, s'adressant aux Hellènes :

«Chez vous de même, tous ne connaissent pas le logos hiéro- ^hantique ^, mais la foule nombreuse contemple ce qui se fait, ceux que l'on appelle les prêtres accomplissent les rites des orgies, et le hiérophante seul connaît la raison de ce qui se fait, et l'explique à qui il veut. » [Graecor. affeci. curaiio, I, dans la Pair, grecque de Migne, t. 83, p. 820-821).

Himérius distingue le myste, l'épopte, le prophète :

a N'ayant pas imité la loi mystique qui partage le temps pour Vépopie et pour le myste, mais ayant reçu le même homme dans le même temps comme myste et comme prophète des discours qui se faisaient chez toi, tu lui as permis de puisser insatiablement aux sources qui étaient lk{Églogue, X, 4).

Un texte de Porphyre note trois dignités successives, celle de poète, celle de philosophe, celle de hiérophante :

« Comme j'avais lu, aux fêtes de Platon, un poème, Le mariage sacré, et comme quelqu'un, parce que j'avais dit beaucoup de choses mystiquement avec enthousiasme et en termes obscurs, affirmait que Porphyre était dans le délire, il (Plotin) dit, pour que tous entendissent : « Tu as montré en même temps le poète et le philosophe et le hiérophante «(Porphyre, Vie de Plotin, 15)»

Ce sont les trois degrés auxquels accèdent successivement les dignitaires.

Quand Alcibia de parodia les Mystères, il est probable qu'il chercha à imiter la hiérarchie réelle. Or il est dit que, dans

1. Le logos hiérophanîique ; l'explication des cérémonies donnée par le hiérophante. Les orgies : cérémonies accomplies dans l'enthousiasme sacré

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cette parodie, « un certain Théodoros jouait le rôle du héraut {céryx en grec), Polytion celui du dadouque, Alcibiade celui du hiérophante, et que des compagnons d'Alcibiade étaient présents et recevaient l'initiation sous le nom de mystes » (Plut., Vie d'Alcibiade, 19). Les trois personnages représentent donc, de toute évidence, trois degrés de la hiérarchie supérieure : héraut, dadouque, hiérophante.

Suivant le rhéteur Libanius, Alcibiade est devenu un véritable Dionysos, égal au Dionysos qui paraît dans les Mystères. Or Dionysos réunit en lui les dignités de bacchant, de dadouque, de hiérophante, et rejoint le dieu de l'Olympe, c'est-à-dire Zeus. Ainsi Alcibiade, d'après l'éloge hyperbolique du rhéteur grec, a obtenu les grades les plus élevés, ceux de Bacchos, de dadouque, de hiérophante :

a C'est un autre Dionysos qui vient de Thèbes en Attique, dans un cortège joyeux...

Il atteint l'Olympe grâce à sa race et grâce à ses bonnes administrations, obtenant ce qu'obtint autrefois, dit-on, le dieu des Mystères, le dieu qui fait le bacchant, qui porte les torches (SaSou^ouvra) et agite les flambeaux du haut de VAnadoron » (Libanius, Déclamation, 12, 26, 27).

On peut englober dans une même dénomination tous ceux qui sont dignitaires.

En effet, tous ont un caractère semblable, qui est précisément leur droit de diriger les autres, un insigne semblable ou pareil, qui est une couronne, ils appartiennent à des familles plus nobles, — et enfin (comme on le verra plus loin), ils subissent des initiations qui ont quelque chose d'analogue.

Des textes précis attribuent la couronne, insigne du grade supérieur, à des dignitaires religieux, à des dignitaires politiques, à des poètes...

La couronne de myrte marque un pouvoir politique. En effet... Hésychius explique ainsi le mot grec myrrhinôn ((xuppivôv) :, « celui qui se prépare à avoir un pouvoir; ce mot a été forgé, semble-t-il, parce que les archontes ont des couronnes de myrte ».

Et Photius, au mot myrrhinos :

« De myrte est la couronne de ceux qui commandent à Athènes, car les archontes se couronnent de myrte. »

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Suivant Istros ^, la couronne de myrte est portée par le hiérophante, les hiérophantides, et les autres prêtresses.

Himérius parle de couronner ses disciples :

« Il y a parmi nos mystes un chœur venant du Nil, que, après l'avoir orné des couronnes des Muses, sur l'IIissos, nous renverrons en Egypte avec la lyre, afin que, faisant retentir les sistres attiques, il chante la mer du Nil ^. »

Des inscriptions nous montrent, comme appartenant aux mêmes familles, des prêtres, des prêtresses, des magistrats^ des personnes chargées d'enseigner :

Une inscription funéraire ® loue une hiérophantide, descendante d'Isaios qui enseigna les Muses au Roi Adrien; elle nous apprend que cette hiérophantide, au début des Mystères, couronna comme mystipoles les Rois Antonin et Commode.

Une autre nous fait connaître L. Memmios Thoricios, descendant de dadouques, de stratèges et d'agonothètes, qui a été luimême archonte éponyme..., qui a été épimélète de la gymnasiarchie du Dieu Adrien..., qui a initié en présence du Dieu Adrien, qui a initié le Dieu Lucius Verus *.

Les mystagogues, à Athènes, appartiennent aux grandes familles des Eumolpides et des Géryces ^. Mais les Géryces ^ et les Eumolpides peuvent adopter des étrangers : ainsi une inscription nous présente « Tibérios Glaudios exégète, de la famille des Eumolpides ' ».

Un passage de Pausanias fait connaître une famille particulière où se recrutèrent toute une série de dadouques. G'est la famille qui descend de Thémistocle :

Acestium est jQlle de Xénoclès, petite-fille de Sophocle, arrière petite-fille de Léon : or Xénoclès, Sophocle et Léon ont été dadouques. Pendant sa vie, elle a vu dadouques son frère Sophocle, puis son mari Thémistocle, puis, celui-ci étant mort, son fils Théophraste (Pausanias, I, 37, 1).

Pollux, en son Onomasticon ^, a cité un grand nombre de termes relatifs aux Mystères.

1. Fragmenta hisioricorum graecorùm, édition Didot, t. I, p. 421.

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